par Pierre-Laurent Ribault

Tests NOx par l'UTAC : Ford, Opel et Renault très au-dessus des seuils de norme d'émissions

La commission indépendante d'enquête mise en place par le Ministère de l'Environnement après le scandale Volkswagen en septembre 2015 pour tester les rejets de NOx des voitures sur le marché français n'a pas encore rendu de résultats officiels. L'association France Nature Environnement et le Réseau Action Climat, membres de cette commission, ont décidé de faire un point d'étape sur les vingt deux premiers véhicules testés.

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Dix marques et vingt deux véhicules ont donc été testés par l'UTAC pour l'instant, en laboratoire et sur piste. Les résultats présentés par France Nature Environnement le sont via le biais d'une infographie non chiffrée pour raison de confidentialité. Les conditions des tests sont non précisées à ce jour.

En laboratoire, la plupart des modèles sont peu ou prou dans les clous de la norme, Volkswagen, Audi et Mercedes étant les seuls à la dépasser de façon sensible. Les résultats pour Ford dont un seul véhicule a été testé, un C Max 1.5 Diesel, sont même largement en deçà de ce qui est admissible. Sur piste, par contre, c'est complètement différent. Renault, Ford et Opel avec un Zafira se distinguent avec des émissions de NOx très supérieures à la norme autorisée. On se souvient que l'information à propos de Renault avait filtré le mois dernier et déclenché une chute sévère de l'action du groupe.

Les véhicules du groupe PSA, Toyota, BMW, ainsi que ceux du groupe Volkswagen et de Mercedes, curieusement vu leurs résultats en laboratoire, respectent les normes sur piste.

Il est intéressant de noter que ces résultats recoupent à peu près et vengent ceux de l'association allemande DUH, qui avait mis en lumière des problèmes similaires pour Opel et Renault et dont les méthodes avaient été contestées. Cela laisse augurer des soucis identiques pour Fiat, récemment mise en cause par la DUH.

Opel et Ford ont été entendus comme Renault par la commission, pour s'expliquer sur ces résultats alarmants. La commission a conclu des explications données qu'aucun de ces constructeurs n'utilise de dispositif de triche équivalent à celui admis par Volkswagen. L'explication qui semble la plus communément admise par les constructeurs mis en cause jusqu'à présent est que l'activation des systèmes de dépollution est limité à une certaine plage de température pour protéger la fiabilité de la mécanique, ce qui est permis et respecte la lettre, sinon l'esprit, de la norme.

Que peut-on en conclure à ce stade ? D'abord s'étonner de la lenteur et du manque de transparence des travaux de la commission d'enquête. A l'exception d'un vague communiqué du Ministère de l'Environnement et de ces informations que France Nature Environnement a pris l'initiative de dévoiler, le processus est couvert d'une confidentialité qu'on s'explique difficilement vu l'ardeur à pourfendre affichée au départ par la Ministre.

En second lieu, même si aucune tricherie au sens VW du terme n'est avérée, ce qui est un bon point, ces dépassements importants, non contestés par les constructeurs concernés, demandent une enquête plus approfondie. Un seul modèle par constructeur, c'est un peu juste pour faire une démonstration. Il faut creuser la chose, ce que la commission a peut-être l'intention de faire. Et il est souhaitable également que les constructeurs convaincus de dépassements importants fournissent des explications plus complètes que jusqu'à présent, d'autant que PSA, Toyota et BMW n'ont apparemment pas de problème pour rester dans les normes (en tout cas sur les modèles testés). Invoquer l'inadaptation des tests normatifs actuels et les variations de température paraît un peu court pour justifier de telles libertés prises avec l'objectif de limiter les émissions de NOx. Notons pour être juste que suite à la tempête soulevée en janvier dans l'opinion, Renault a prévu dès maintenant des changements sur son système. On n'en attend pas moins des autres constructeurs.

Source : France Nature et Environnement

Pour résumer

La commission indépendante d'enquête mise en place par le Ministère de l'Environnement après le scandale Volkswagen en septembre 2015 pour tester les rejets de NOx des voitures sur le marché français n'a pas encore rendu de résultats officiels. L'association France Nature Environnement et le Réseau Action Climat, membres de cette commission, ont décidé de faire un point d'étape sur les vingt deux premiers véhicules testés.

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