Un panneau belge de rue cyclable
par Thibaut Emme

La vélorue ou rue cyclable, quésaco ?

Si elles sont encore peu nombreuses, elles devraient se multiplier dans nos villes ces prochaines années. Les "vélorues" impose un nouveau mode de partage de la chaussée pour théoriquement protéger les cyclistes. Mais tout n'est pas rose.

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Le concept de rue cyclable ou "Fahrradstrasse" vient comme sa traduction l'indique d'Allemagne où il a été inventé dans les années 80. Depuis, il s'est répandu en Europe du nord, avec comme pays en pointe les Pays-Bas ou le Danemark. En France, le concept a très longtemps été ignoré, mais depuis quelques années, on voit des municipalités décider de l'expérimenter. Aujourd'hui par exemple, deux rues de Lyon sont devenues des rues cyclables pour valider la pertinence du concept chez nous.

Toujours en expérimentation

Il s'agit de rue où la priorité est donnée aux cyclistes. Les vélos ne peuvent PAS être dépassés et les automobilistes doivent patienter derrière le cycliste. La rue n'est pas interdite aux véhicules motorisés, mais un peu comme les rues piétonnisées, on inverse les priorités. Les automobiles et autres motorisés sont obligés de fait de réduire leur vitesse à moins de 25 km/h bien souvent.

Ces aménagements servent à créer des couloirs cyclables entre deux pistes cyclables majeures par exemple. Cela évite d'avoir une toute petite bande cyclable totalement non sécurisée, coincée entre la zone d'emportiérage et la chaussée. La vélorue est possible en France depuis une évolution du code de la route de 2015. Mais, on peine à les voir ces vélorues. La toute première a été créée à Strasbourg en mai 2017. Et quand on sait que Strasbourg est la capitale des déplacements à vélo, on mesure le retard pris par cet aménagement. Le CEREMA a même attendu 6 ans avant de sortir sa note de "bonne" conception d'une vélorue.

Ne pas pousser derrière le vélo

La vélorue va être implantée quand la chaussée est trop exigüe pour avoir une bande cyclable (ou une piste) et une chaussée normale. Cela évite aussi que les vélos n'aillent sur le trottoir, place des piétons s'il en est. Elle est annoncée par des panneaux bien visibles qui soulignent l'interdiction de dépasser les cyclistes. Elle est rappelée avec la signalisation horizontale, souvent par un double chevron et un cycliste peints sur la chaussée, en plein milieu de la voie. Nos voisins Belges en créent de nombreuses en ce moment, et cela ne va pas sans quelques "anicroches" (euphémismes). Pourquoi ?

En fait, certains automobilistes ne supportent pas de ne pas être prioritaires et considèrent que rester 200 ou 300 m derrière un vélo est une perte de temps incommensurable. A la base, cela devrait les pousser à emprunter un autre itinéraire. Cependant, cela les poussent à harceler les cyclistes. Au final, ils roulent à trop faible distance derrière la ou le cycliste pour qu'elle ou il se pousse, alors qu'il est interdit de dépasser le vélo.

Est-ce que la démocratisation de ces aménagements va ramener un peu de sérénité dans les rues et une meilleure cohabitation entre usagers ? Rien de moins sûr. Quand on voit que déjà les "sas vélos" ne sont que rarement respectés par des conducteurs qui ne connaissent souvent pas leur existance. Un rappel du code de la route tous les cinq ans pourrait sans doute résoudre quelques soucis. Mais là encore, le "permis à vie" a de beaux jours devant lui en France.

Pour résumer

La rue cyclable est toujours en expérimentation en France. Mais on devrait voir de plus en plus souvent cet aménagement qui doit permettre une meilleure cohabitation entre cyclistes et automobilistes.

C'est théorique car certains n'ont toujours pas compris que la route se partage et harcèlent littéralement les vélos. Alors c'est quoi une vélorue ?

Thibaut Emme
Rédacteur
Thibaut Emme

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