par Nicolas Anderbegani

On a lu : Talbot-Matra Murena (ETAI)

Dans les années 70 et au début des années 80, la sportivité à la française ne se résumait pas à Alpine. Matra, fort de ses succès en sport automobile, a également représenté l'esprit GT tricolore, mais la Murena fut une belle occasion injustement sous-exploitée.

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En ouvrant ce livre dédié à la Murena, vous savez de suite que la qualité sera au rendez-vous quand vous savez qui est l'auteur. Grand passionné des automobiles Matra, André Dewael a créé le Belgian Matra Club en 1987, puis a développé sur internet Matrarama. Ayant tissé des liens avec les "hommes de Matra", il a publié de nombreux ouvrages dédiés aux différents modèles, de la 530 à l'Avantime en passant par le Rancho.

La Bagheera en plus aboutie

En 1973, Matra avait lancé une étonnante Bagheera qui, au-delà d'un certain succès d'estime, avait cependant essuyé des critiques sur sa motorisation, sa qualité de fabrication et sa fiabilité. En 1979, Matra décide de la remplacer par la Murena, ultime collaboration entre la firme de Romorantin et le constructeur Talbot, ex-Simca, depuis lors intégré au groupe PSA.

Dans ce livre faisant partie de la collection Top Model, André Dewael revient sur la genèse de la Murena, n'omettant aucun aspect de sa création : études et maquettes, design, essais, conception du châssis et choix de motorisations sont passés au crible. Bien mieux fabriquée que sa devancière, dotée d'une belle ligne avant-gardiste et de ses fameuses trois places de front, la Murena inaugure un procédé innovant avec une protection anticorrosion réalisée par galvanisation à chaud.

La Murena reçoit un petit 1,6 L, le "Poissy", imposé par Talbot pour accroître les ventes, et un plus gros moteur de 2.2 litres issu de la Tagora. Les concepteurs de la Murena avaient espéré utiliser le « moteur Douvrin » de 2 litres commun à Peugeot et Renault mais la régie imposera son veto pour protéger la Fuego.

Pas vraiment aidée

Mais malgré toutes ses qualités et un très bon accueil de la presse, la Murena va surtout souffrir de l'indifférence de la maison-mère Peugeot. Peu aidée par un réseau de distribution défaillant, elle n'est pas dans les plans prioritaires de Peugeot. Elle se voir privée d'un vrai programme sportif - le projet 205 est en gestation - alors que ses succès en rallycross laissaient entrevoir un sacré potentiel. La séduisante évolution 4S, dotée d'un moteur multisoupapes de 175 ch et capable de 230 km/h, sera refusée initialement par PSA, obligeant  Matra à concevoir la « Préparation 142 » proposée à partir du millésime 1982 via un kit assez couteux à installer moins vendeur.

Il faudra attendre la Murena S du millésime 1984, véritable chant du cygne, pour avoir une vraie sportive rageuse, mais c'est trop tard. La folie GTi remise au placard les petits coupés sportifs et Matra se réoriente vers un nouveau projet avec Renault, qui donnera l'Espace. Et que dire du prototype inachevé de Murena V12 dotée d'un moteur issu du moteur de F1 !

Complet, l'ouvrage consacre un chapitre au parcours sportif de la Murena et aux préparations kitées, notamment celles développées en Allemagne, puis propose plusieurs tableaux synthétiques sur les caractéristiques techniques, le nuancier ou encore les chiffres de production.

Le livre est édité par ETAI au prix de 49 euros.

Pour résumer

Dans les années 70 et au début des années 80, la sportivité à la française ne se résumait pas à Alpine. Matra, fort de ses succès en sport automobile, a également représenté l'esprit GT tricolore, mais la Murena fut une belle occasion injustement sous-exploitée.

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