par Thibaut Emme

Termes d'automobile : chauffeur si t'es champion...

Pourquoi parle-t-on volontiers d'un chauffeur de bus, de poids-lourds, terme employé parfois pour désigner le conducteur d'une automobile ?

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Autant pour un chauffeur de salle, en spectacle ou sur un plateau de télévision, on voit bien en quoi le terme est adéquat. Mais pour une voiture ou un autobus ? En quoi le conducteur est amené à chauffer ? l'habitacle ? Eh bien, il faut évidemment remonter le temps, aux balbutiements de la locomotion sans animal. Les premiers véhicules sont tous plus ou moins inspirés du Fardier de Cugnot.

Le fardier de Cugnot, père de toutes les autos

Ce chariot, destiné à transporter des fardeaux (d'où le nom) était mû par la force de la vapeur. De ce véhicule créé vers 1770, on a dérivé d'autres modes de locomotion dont le train à vapeur évidemment. Le point commun à tous ? Ils utilisaient la vapeur. En effet, le moteur à explosion que l'on connaît n'existait pas, même en prototype. Il faudra même attendre cent ans pour voir les premiers moteurs quatre-temps (cycle Beau de Rochas) utilisant du gaz.

Jusqu'à la fin du XIXe siècle donc, il fallait créer la vapeur pour faire avancer le véhicule. Il fallait donc "chauffer" l'eau. Le "chauffeur" était celui chargé de mettre du charbon dans la chaudière pour vaporiser l'eau. Si dans les locomotives à vapeur, il y avait souvent deux personnes : un chauffeur et un conducteur, pour les voitures, et les autres véhicules, c'était souvent la même personne.

Cependant, même après les débuts des moteurs à combustion interne, le terme de chauffeur est resté. En effet, pour pouvoir lancer les moteurs, il fallait réchauffer le moteur avec du carburant. Les démarrages à froid étaient largement plus capricieux que de nos jours. Certains moteurs avaient même des barres de métal qui sortaient vers l'extérieur, avec de quoi allumer un feu sous elles pour transmettre la chaleur à l'intérieur du moteur. On continuait donc de chauffer.

Les voitures à vapeurs, pionnières de l'automobile

L'analogie avec les chauffeurs de chaudières de locomotive est restée. Les voitures à vapeur étaient les véhicules qui remportaient toutes les courses avant le début des années 1900. Les chaudières ne sont plus au charbon, mais au naphta (un distillat de pétrole) et certaines marques comme Locomobile (locomotive+automobile) vendent des milliers de petites voitures à vapeur. Tous disparaissent ou se font racheter avant les années 30.

Si le chauffeur de taxi ou le VTC (voiture de transport avec chauffeur) ou même encore le chauffeur du bus ne pellètent plus le charbon ou ne met plus de naphta, on continue de les appeler ainsi. "Chauffeur, si t'es champion, appuie sur l'champignon".

A noter que pour démarrer le moteur à explosion, le chauffeur devait user de la manivelle. A cause des forts taux de compression, cette dernière demandait force et dextérité. Mais, il n'était pas rare qu'un accident arrive, luxant, ou cassant pouce, avant-bras. C'était le fameux "retour de manivelle", terme automobile qui est lui aussi passé dans le langage courant.

Du temps des voitures hippomobiles, on distinguait le cocher qui conduisait la voiture depuis un siège, généralement à l'avant, à l'extérieur, du postillon qui menait l'attelage depuis l'un des chevaux.

Illustration : Camille Jenatzy, vainqueur en 1903 de la coupe Gordon Bennett, au volant d'une Mercedes 35 HP, une des premières voitures de course à part entière. (domaine public)

Pour résumer

Pourquoi parle-t-on volontiers d'un chauffeur de bus, de poids-lourds, terme employé parfois pour désigner le conducteur d'une automobile ?

Thibaut Emme
Rédacteur
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