par Thibaut Emme

Limiter la vitesse à 30 km/h est une aberration écologique

Le CEREMA montre dans une étude qu'à 30 km/h, les émissions de CO2 et autres polluants sont aussi importantes qu'à 130 km/h et bien plus qu'à 50 km/h.

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Le Centre d'études et d'expertise sur les risques, l'environnement, la mobilité et l'aménagement vient de publier une étude sur les émissions des différents polluants des véhicules et l'influence de différents facteurs. Parmi ceux-ci il y a le type de véhicule (particulier, utilitaire, etc.), mais aussi le type de motorisation, la cylindrée, etc.

Tout ceci donne la méthodologie COPERT 5 (Computer Program to calculate Emissions from Road Transport). Cela permet de faire des "études d'impact" (sic.) et de donner aux décideurs les éléments pour choisir telle ou telle infrastructure routière, etc.

20 à 25% de polluants en plus à 30 km/h majoritairement à froid

Le facteur qui nous intéresse ici est la vitesse. De l'étude du CEREMA, il ressort que "pour un véhicule particulier, les émissions de NOx, de PM 10 et de GES sont minimales pour des vitesses proches de 70 km/h". Tout le monde a pu constater que la consommation connait un minimum vers 70/80 km/h. Ce qui est intéressant, c'est que les polluants comme les oxydes d'azote, mais aussi les particules fines sont aussi minimisés à cette vitesse, en même temps que le CO2 émis.

Ainsi, sur les courbes de CO2e (équivalent) émis par un véhicule particulier, on peut voir qu'à 30 km/h, un véhicule de 2020 émet en moyenne 200 g/km alors que son minimum à 70 km/h est de 150 g/km. A 50 km/h, ce même véhicule est à environ 170 g/km soit 15% de moins qu'à 30 km/h.

Concernant les NOx, à 30 km/h le véhicule particulier émettra environ 0,45 g/km contre 0,35 à 50 km/h et 0,32 environ à 70 km/h. Rouler à 30 km/h en ville est donc moins écologique qu'à 50 km/h. Qu'on se le dise.

En revanche, cela rend moins dangereuse la ville pour les personnes "vulnérables" (piéton, cyclistes, etc.) avec des chocs largement moins graves à 30 km/h. Le bruit est aussi un peu réduit même si là, le rapport de boîte et le régime moteur joue et ne sont pas linéairement liés à la vitesse. Bien entendu, se passer de ou interdire la voiture rend l'étude du CEREMA caduque.

Une baisse sur le CO2 et les NOx, mais pas les particules fines

Le CEREMA rappelle évidemment qu'avec des véhicules comme les hybrides, électriques à batterie, GPL, GNV, ou électrique à hydrogène, les émissions de CO2e ou de NOx baissent. Par contre, le Centre rappelle ce que nous rappelons ici aussi, à savoir : "ces deux solutions, électrique et hydrogène, ne diminuent pas la part de particules fines "hors échappement" (et les métaux lourds présents dans ces particules) qui constituent déjà la majorité des particules fines PM10 générées par le trafic routier".

Eh oui, les particules fines de l'échappement ne sont qu'un "pouième" des émissions de particules du trafic routier. Les principales sources sont l'abrasion des pneumatiques et de la route, les freins, et la remise en suspension des particules tombées au sol.

Pour lire l'étude dans son ensemble et voir par exemple que la pente de la route influe peu sur les particules fines mais beaucoup sur les autres émissions, c'est par ici.

Pour résumer

Le CEREMA montre dans une étude qu'à 30 km/h, les émissions de CO2 et autres polluants sont aussi importantes qu'à 130 km/h et bien plus qu'à 50 km/h.

Thibaut Emme
Rédacteur
Thibaut Emme

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