A Tours les véhicules électriques devront payer !
par Thibaut Emme

A Tours les véhicules électriques devront payer !

C'est une information de la Nouvelle République, après 4 ans de gratuité pour les véhicules électriques (VE) dans la ville de Tours, le stationnement deviendra payant à partir du 1er juillet 2023. Incitation ? Pour quoi faire ?

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La mesure de gratuité du stationnement en surface avait été mise en place à l'été 2019 pour inciter à l'achat des véhicules Crit'Air 0. Cela bénéficiait aussi aux habitants de la ville en évitant quelques polluants à l'échappement. Oui mais voilà, il faut bien trouver de l'argent. Au Diable les incitations et tant pis pour l'air de la ville.

La ville justifie la mesure par le fait qu'il y a de plus en plus de véhicules électriques. Ce constat est fait par la société en charge du contrôle du stationnement qui relève en même temps les véhicules exonérés d'horodateur. La majorité municipale qui a fait voter la fin de la mesure en fin d'année 2022, explique également que les véhicules restent stationnés toute la journée. Pratique, quand on veut tuer son chien on l'accuse d'avoir la rage. Les VE sont donc de vilaines voitures ventouses.

Mais, il ne faut pas se tromper, la raison est surtout financière. En effet, la municipalité, comme beaucoup d'autres en France, considère le stationnement payant comme une grande recette. Forcément si certains échappent à cette taxe, il faut vite y remédier. Et encore une fois, tant pis si cela pouvait inciter à améliorer la qualité de l'air urbain (un VE n'émet pas de NOx par exemple).

A propos du stationnement payant

Avec l'essor de la voiture, le stationnement en centre-ville est devenu un souci. En effet, des voitures restaient toute la journée ou plus devant certains magasins, limitant la rotation bénéfique pour le chiffre d'affaires de ces centres urbains très commerçants à l'époque.

Le stationnement payant est apparu au milieu des années 1920. Mais, il ne se généralise réellement que dans les années 60. C'est aussi l'époque de l'apparition des "zones bleues" qui limitent le temps de stationnement, sans le rendre payant pour autant. Les zones payantes sont très limitées au début, et réservées aux quelques rues ultra-commerçantes des villes.

Mais, les municipalités ont vite compris que cela pouvait représenter une énorme manne financière. Un "impôt-bagnole" auquel beaucoup ne peuvent pas couper. En plus, depuis la dépénalisation de l'infraction de stationnement, les mairies peuvent mettre des "forfaits post-stationnement" avec des montants qui s'envolent. Tant pis si vous vous prenez une prune en allant au parcmètre, les nouveaux pandores numériques lisent les plaques en se fichant pas mal de vos excuses. Et si vous êtes un véhicule exonéré (Carte Mobilité Inclusion par exemple) ? Tant pis, à vous les démarches compliquées pour faire sauter le FPS (*).

Un but initial dévoyé

A Paris, dans les arrondissements 1 à 11, il en coûte 6 € de l'heure, et jusqu'à 75€ pour 6h de stationnement. A Paris toujours, la mairie a décidé de faire payer les deux roues motorisés. C'est moitié prix par rapport à une voiture soit 3€ de l'heure dans les arrondissements 1 à 11. A quand le stationnement payant pour les vélos ou les patinettes ? Après tout, ils occupent aussi le domaine public.

Dans la capitale, le budget primitif 2023 prévoit une recette de 379 millions d'euros venant du stationnement payant. Une recette en hausse constante car la mairie ne cesse d'élargir le périmètre des zones devant payer le prix fort et surtout, incite les sociétés de contrôle à délivrer du FPS à gogo. Face au "racket" du stationnement payant, ceux qui ne peuvent faire autrement paient, les autres vont ailleurs, là où d'immenses parkings gratuits les attendent avec des galeries commerciales.

En finir avec les incitations pour les VE ?

Quitte à arrêter l'incitation du stationnement gratuit pour les VE, pourquoi ne pas supprimer toutes les incitations ? La première d'entre elles est le bonus électrique. Pour rappel en 2023 il est de 5000 € pour un véhicule de moins de 47 000 € en prix de vente. Or dans ces VE, on a des VE légers et plutôt économes, mais aussi de lourds VE plutôt gourmands en kWh et en ressources. Une bonne mesure pourrait être de limiter le bonus aux véhicules les plus légers. Cela colle à la philosophie de l'efficience, non ?

Les assurances ont aussi la plupart du temps des primes moins élevées pour les VE. Pourquoi ? Cela fait payer à l'ensemble des assurés ces primes moins élevées sans raison autre que d'avoir un VE. Surtout si ce VE est une Tesla par exemple avec ses accélérations qui peuvent plus l'envoyer dans le fossé qu'autre chose.

De toute manière, avec la volonté de l'Europe de ne plus vendre autre chose que des VE neufs en 2035, pourquoi continuer à faire des incitations ? Il n'y aura pas le choix. Ce n'est pas cela la définition du racket ?

Note

(*) A Paris, la moitié des contestations de FPS sont le fait de conducteurs de véhicules exonérés comme les véhicules avec carte mobilité inclusion (ex GIC) ou Crit'Air 0. Et seuls 64% des RAPO (recours administratif préalable obligatoire) débouchent sur une annulation du FPS. En gros, de nombreux exonérés doivent tout de même payer le FPS de 75 €.

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Pour résumer

A Tours, après 4 ans de gratuité pour les véhicules électriques, le stationnement va devenir payant. Officiellement c'est à cause du nombre croissant de VE. Mais les municipalités sont en chasse de recettes financières et le stationnement payant est devenu un incontournable.

Mis en place à la base pour inciter à une rotation rapide des véhicules dans les hyper-centres commerçants, le stationnement payant est devenu une manne sans laquelle il n'y a pas de budget tenable souvent.

Thibaut Emme
Rédacteur
Thibaut Emme

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