par Nicolas Anderbegani

La F1 roulera sur le Strip de Las Vegas en 2023

Et de 3 ! Après Austin et le nouveau circuit de Miami cette année, la F1 a dévoilé sa 3ème destination américaine dès l'an prochain : Las Vegas !

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America first !

Ce n'est pas surprenant. Le promoteur, Liberty Media, veut développer le sport au pays de l'Oncle Sam et y maximiser les profits, alors que la F1, longtemps en échec aux States, y a gagné énormément en popularité et s'est trouvée un nouveau public de fans, en partie grâce au succès de la série Drive to survive de Netflix.

Banco, le glamour grimpe d'un cran. Après Austin au Texas, qui attire énormément de fans latinos, et le luxe balnéaire de Miami, la F1 revient donc à "Sin City", la capitale du jeu, dans laquelle elle s'est déjà produite au début des années 80.

Strass, paillettes, glamour, néons et money, tout est réuni pour satisfaire l'essor sans fin du "produit" F1, au cas où certains y voyaient encore un sport. Par contre, on ne sait pas si Las Vegas pourra servir au greenwashing ambiant et satisfaire les ambitions (intentions) écologiques de la F1, quand on connaît l'impact dévastateur de la ville du jeu sur les ressources en eau de la région...A défaut d'eau, l'argent coulera, lui, à flots, soyons en sûrs !

Un Bakou américain ?

La F1 a dévoilé par la même occasion le tracé prévu. Nous serons évidemment très loin du minable tracé dessiné à l'arrache sur le parking du Casears Palace quarante ans plus tôt. Encore un circuit urbain par contre, après les récents ajouts de Bakou, Jeddah et Miami. Bientôt, cela ressemblera à un calendrier Indycar mondialisé. Des tracés américains comme Road America ou Watkins Glen sont bien plus excitants en terme de pilotage, mais ce n'est pas vraiment la priorité, n'est-ce pas ? Quoi qu'il en soit, ce sera de toute façon mieux que la purge infâme du passé !

Prévu pour novembre, le grand prix se tiendra sur un circuit long de 6,12 km, composé de 14 virages et de trois lignes droites, l'une d'entre elles se situant sur le célèbre "Las Vegas Strip", une portion de route où l'on peut trouver les casinos les plus emblématiques de la ville comme le Wynn, le Caesars Palace ou encore le Bellagio. Le tracé promet des vitesses élevées mais aucun morceau de bravoure particulier. Toutefois, on peut noter la portion sur le "Strip", qui, comprise entre l'hôtel The Palazzo (extension du Venetian avec lequel ils forment le plus grand hôtel du monde, situés pas très loin du Trump Vegas...))) et le complexe commercial City Center, s'étire sur 2 kilomètres ! Les moteurs et les batteries vont avoir du travail ! On note aussi le virage 6 en demi-cercle.

"C'est un moment incroyable pour la Formule 1 qui prouve l'énorme attrait et la croissance de notre championnat avec une troisième course aux États-Unis", se réjouit Stefano Domenicali, PDG de la F1. "Las Vegas est une destination connue dans le monde entier pour son agitation, son hospitalité, ses sensations fortes et, bien sûr, son célèbre Strip. Il n'y a pas de meilleur endroit pour la Formule 1 que la capitale mondiale du divertissement et nous sommes impatients de nous y rendre l'année prochaine."

Autre nouveauté, ou plutôt retour, Las Vegas inaugurera un format inhabituel, puisque pour la première fois depuis le grand prix d'Afrique du Sud 1985, la course n'aura pas lieu le dimanche. La course a été fixée au samedi soir, afin d'obtenir un créneau de diffusion en prime time outre-Atlantique. Avec neuf heures d'écart entre Las Vegas et Paris, les spectateurs européens pourront la voir pour 7 heures du matin. Voici une explication qui en dit long :  "Cet horaire fera le bonheur de tous ces adolescents qui doivent actuellement se lever le samedi et le dimanche matin et se plaignent que les courses ont lieu trop tôt en Europe", avance Greg Maffei, PDG de Liberty Media. "Là, ils pourront se coucher tard le samedi soir et en profiter." Rappelons que plusieurs grand prix se sont tenus un samedi dans les années 50/60.

F1 mondialisée, F1 déracinée ?

Bref, l'Europe compte de plus en plus pour du beurre. Malgré les attaches historiques, qui pèsent peu face au business, plusieurs grands prix européens sont menacés ou risquent de devoir faire une rotation pluriannuelle, comme Monaco, la Belgique et la France. Vu le prestige du premier et l'enthousiasme que suscite le second, avec d'énormes travaux qui ont été réalisés ces derniers mois, c'est notre grand prix national qui est clairement le plus menacé.

Ce grand prix de Las Vegas ne va pas manquer de faire jaser, mettant clairement en exergue le sentiment de perte d'ADN et de déracinement de la discipline, ressenti évidemment par la "fanbase" historique de la F1, amère de voir son "âme" sacrifiée sur l'autel du show business, quitte à multiplier les courses, accentuer le "bling bling", généraliser des tracés urbains formatés ou privilégier des destinations politiquement douteuses mais très lucratives. Ces nouveaux grands prix, c'est un peu la formule des films Marvel avec du déjà vu au merketing très bien ficelé.

A contrario, on peut se réjouir de voir l'engouement retrouvé de ce sport, son attrait inédit auprès des jeunes et l'abondance de nouveautés qui évidemment se démarquent de la "F1 de papa" qui a longtemps vécu sur ses traditions. La F1 est redevenue bankable, attire de nouveaux les constructeurs (VW devrait bientôt confirmer son arrivée) et de nouvelles équipes. Reste à trouver un juste équilibre, comme toujours.

Pour résumer

Et de 3 ! Après Austin et le nouveau circuit de Miami cette année, la F1 a dévoilé sa 3ème destination américaine dès l'an prochain : Las Vegas !

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