par Alain Monnot

Des 24 heures du Mans 2020 hors normes !

En temps normal, la Ville du Mans et les environs auraient déjà accueilli depuis 15 jours les différentes équipes engagées et le public aurait pu, lors de la journée test, avoir une première idée des forces en présence. Mais il était dit que les exportations chinoises du début de l’année changeraient bien le cours des choses, dans tous les domaines de notre vie.

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Les 24H 2020 auront bien lieu

Je me souviens au début de cette pandémie, mes voisins partant du principe que les 24 heures, comme le tour de France auraient lieu, profitaient d’une promotion sur la billetterie, en disant comme bien des confrères d’ailleurs, « ces deux manifestations sportives ne peuvent pas être annulées, les enjeux sportifs et financiers sont trop forts ».

Ils n’avaient pas tout à fait tort. Effectivement, l’ACO et le Président Fillon en tête, tout comme la FIA étaient totalement déterminés à ce que la 88 ème édition des 24 heures ait lieu les 13 et 14 juin. Juste après le début du confinement, à l’ACO, on se donne de l’air en reportant la course en septembre, tout le monde respire.

En tant que journalistes nous recevons notre accord pour accréditation, le 8 juin. D'ici à septembre la Covid 19 nous laissera en paix pensent beaucoup de mordus. Toutefois, les organisateurs déterminés et anticipateurs planchent sur diverses options d’organisation, qui pour les équipes de course sont rapidement annoncées. Tout le programme habituel est compacté sur 4 jours !

Oui mais à huis clos

Après un temps où l’on s’était arraché les cheveux pour isoler des zones avec 5000 spectateurs ne pouvant pas se mélanger avec ceux d’autres zones, il faut en venir à la réalité qui s’impose : les 24 heures se dérouleront à huis clos !

Les très populaires pesage public et parade en ville tombent à l’eau. On comprend que ces décisions sont de véritables déchirements pour les responsables de l’ACO. Les 24 heures se vivent en osmose avec la ville et les environs. Ne parlons pas des incidences économiques désastreuses localement, tant au niveau des habituels stands de vente que des buvettes et brasseries.

A priori l’objectif numéro 1 demeure : que les divers concurrents soient bien là et que la course ait lieu. Elle sera bien sauvée mais à quel prix pour l’ACO, qui va devoir se priver des sommes importantes récoltées avec les entrées.

La COVID impose sa loi

Ces décisions douloureuses une fois décidées il convenait bien entendu d’établir un vrai cahier des charges sanitaires. Il faut dire qu’avec les 60 équipes engagées, composées au bas mot de 40 à 50 personnes, les commissaires et les services de sécurité les équipes de production TV on va atteindre plus de 7000 personnes. Les tests PCR, les masques les sens de circulation, les prises de température, tout cela a été consigné dans un protocole rigoureux testé lors des récentes 24 h motos, avec satisfaction à priori.

Une course différente

Nous n’avons pas parlé de la course en elle-même. Intrinsèquement elle sera un vrai casse-tête pour les équipes ayant déjà roulé aux 24 heures, en fait quasiment toutes. En effet, à cette nouvelle date, de nombreux paramètres changent et les teams auront plus de difficulté à piocher dans leurs datas des années précédentes.

Les températures nocturnes notamment seront différentes de celles enregistrées en juin et comme les essais de nuit ne sont pas très longs, il conviendra de jouer fin, d’autant plus d’ailleurs que la durée de la nuit en septembre est passée de 8 heures en juin, à près de 12 heures pour la course. En outre, la pluie ou des orages épars sont annoncés ! De quoi pimenter la course.

L’osmose existant entre les 24 h et son public sera à partager autrement.

Pour nous journalistes contraints de dépouiller des communiqués ou de décrypter des images, avec mon confrère Thibaut nous serons frustrés de ne pas partir « à la pêche » d’une info, d’une photo singulière et d’analyser directement des stratégies qui échappent aux images, ou plus simplement d'aller en bord de piste pour avoir notre propre matériau à vous proposer.

Quoiqu'il en soit, il faut d’ores et déjà tirer un grand coup de chapeau à l’ACO de réussir cette gageure d’organiser ces 24 heures si particulières mais garantissant l’avenir.

Alain Monnot

Le programme des 24H du Mans 2020

Pour résumer

En temps normal, la Ville du Mans et les environs auraient déjà accueilli depuis 15 jours les différentes équipes engagées et le public aurait pu, lors de la journée test, avoir une première idée des forces en présence. Mais il était dit que les exportations chinoises du début de l’année changeraient bien le cours des choses, dans tous les domaines de notre vie.

Alain Monnot
Rédacteur
Alain Monnot

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