par Elisabeth Studer

Hard Brexit : Bentley devra batailler pour produire en UK

Bentley pense pouvoir maintenir sa présence au Royaume-Uni et éviter de nouvelles suppressions d'emplois en cas de Brexit sans accord (hard Brexit), mais la fabrication de futurs modèles sur le territoire britannique sera plus difficile à justifier. Déclaration faite par le PDG du constructeur, Adrian Hallmark, à Bloomberg Television.

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Décisions à venir entre Bentley/Volkswagen relatives aux lieux de production

Dans le cadre d'un entretien accordé à Bloomberg Television, le PDG de Bentley a indiqué que la marque Premium devait prendre des décisions liées à la production avec sa société mère, le groupe Volkswagen, lequel qui possède des usines dans toute l'Europe.

Selon le dirigeant, les modèles Bentley construits à l'heure actuelle à Crewe, en Angleterre, continueront d'y être assemblés, mais les programmes futurs pourraient être produits ailleurs.

Bataille pour conserver la production des modèles à Crewe (UK)

«Chaque fois que nous lançons un modèle - même si nous sommes une entreprise centenaire basée à Crewe depuis plus de 80 ans - nous devons lutter pour conserver l'assemblage local», a déclaré Hallmark. Ajoutant que la compétitivité du constructeur, sa flexibilité en termes de structure de coûts et ses relations sociales constituaient des éléments clés.

Pas de risque immédiat de nouvelles suppressions d'emplois

Alors qu'en juin dernier, Bentley a annoncé son intention de supprimer 1000 emplois au Royaume-Uni, Hallmark a déclaré qu'il n'y avait pas de risque immédiat de nouvelles réductions de main-d'œuvre si les négociateurs du Royaume-Uni et de l'Union européenne ne parvenaient pas à un accord commercial avant la fin de la période de transition du Brexit, le 31 décembre 2020.

Un hard Brexit ne mettra pas en péril Bentley mais nuira à sa rentabilité

Le constructeur s'est d'ores et déjà approvisionné en composants pour créer un stock tampon en vue de faire face à d'éventuelles perturbations dans les ports et devra augmenter ses tarifs dans l'UE si les taxes augmentent sur les pièces et si des droits de douane sont imposés sur ses véhicules.

"Cela ne met pas en péril l'existence de l'entreprise, cela ne met pas en péril notre établissement au Royaume-Uni, mais cela nuit définitivement à notre rentabilité", a déclaré Hallmark.

Notre avis, par leblogauto.com

Les temps sont durs …. Une marque de l'ultra-luxe comme Bentley contrainte désormais de mettre l'accent sur la rentabilité …

Quant aux effets du Brexit sur l'économie britannique, pas si sûre que l'affaire tourne à son avantage …. Une sortie de l'Union européenne sans accord pourrait au contraire inciter les constructeurs d'outre Manche à s'exiler sur le continent européen.

En juin dernier, le PDG de Bentley, Adrian Hallmark, avait déclaré à Automotive News Europe que le constructeur avait certes renoué avec les bénéfices en 2019 mais qu’il devrait probablement perdre encore de l’argent en 2020 en raison de l’impact de la crise sanitaire sur ses activités.

Le Brexit pèse également sur la marque, Hallmark avertissant ainsi que si le Royaume-Uni quitte le marché unique de l’Union européenne l’année prochaine sans accord commercial, les bénéfices pourraient être réduits de 25 %.

A noter en parallèle que ces propos voient le jour alors des sources internes au constructeur Volkswagen ont indiqué récemment à Automobilwoche que le PDG du groupe automobile, Herbert Diess, prévoyait de placer Bentley sous le contrôle d’Audi. A l’heure actuelle, le PDG de Porsche, Oliver Blume, représente au sein du conseil d’administration du groupe VW la marque Premium basée au Royaume-Uni.

Selon ces sources, Herbert Diess estimerait que Bentley a le potentiel pour opérer un nouveau départ sous la tutelle Audi. Lequel pourrait superviser les activités technologiques et financières de Bentley à partir de l’année prochaine.

L’objectif du patron du groupe Volkswagen vise à rationaliser le portefeuille de marques du groupe VW, qui s’étend des marques Premium telles que Bentley, Audi et Porsche aux marques grand public VW, Skoda et Seat.

Qui dit rationaliser dit concentrer la production ? Cela paraîtrait raisonnable, surtout en cas de hard Brexit et de virage vers des modèles 100 % électrique comme annoncés récemment.

Sources : Bloomberg, Automobilwoche, Automotive News

Pour résumer

Bentley pense pouvoir maintenir sa présence au Royaume-Uni et éviter de nouvelles suppressions d'emplois en cas de Brexit sans accord (hard Brexit), mais la fabrication de futurs modèles sur le territoire britannique sera plus difficile à justifier. Déclaration faite par le PDG du constructeur, Adrian Hallmark, à Bloomberg Television.

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