Records financiers pour Stellantis pour S1 2023
par Thibaut Emme

Records financiers pour Stellantis pour S1 2023

Carlos Tavares fait ce pour quoi il a été mis en place à la tête de Stellantis. Le groupe automobile annonce une forte croissance sur le premier semestre 2023. Le chiffre d'affaires, le résultat opérationnel courant et même le bénéfice net crèvent les plafonds.

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Le chiffre d'affaires (CA) net de Stellantis du 1er semestre 2023 s'établit à 98,4 milliards d'euros. Cela représente une hausse de 12% par rapport au 1er semestre de 2022. Il faut dire que les volumes de ventes ont augmenté, mais aussi la marge par véhicule. Le résultat opérationnel courant qui en découle est de 14,1 milliards d’euros. C'est en croissance de 11% si on compare à la même période il y a une année.

4 245 € de marge par véhicule

La marge est impressionnante avec 14,4 %. Le bénéfice net est de 10,9 milliards d’euros. Là aussi la croissance est importante avec +37 % par rapport au premier semestre 2022. Quant au "free cash flow" (flux de trésorerie disponible) il est de 8,7 milliards d'euros, en hausse de 3,3 M€ par rapport à S1 2022. Si on rapporte la marge corrigée de 14,1 milliards d'euros aux 3,327 millions de voiture livrée, cela représente 4 245 € de marge par voitures livrées contre un peu moins de 4 200 € par véhicule au 1er semestre 2022.

Les revenus du groupe sont en hausse grâce à une hausse des volumes de ventes. +10% environ d'une année sur l'autre. Mais, il y a aussi le prix qui augmente un peu plus que les volumes. Ce prix augmente avec les différentes inflations évidemment, mais aussi par un niveau d'équipement et de motorisation plus élevé. Les véhicules électriques et électrifiés jouent leur rôle à plein. Ainsi, les ventes de VEB (véhicules électriques à batterie) ont augmenté de 24% sur ce premier semestre 2023.

La plus grosse part des profits est réalisée en Amérique du Nord avec 8 milliards d'euros contre 3,7 milliards d'euros pour l'Europe. Le Moyen-Orient s'en sort avec 1,2 milliard d'euros de profit et 1 milliard d'euros pour l'Amérique du Sud. Dans le détail, ce sont 1 million de véhicules livrés pour 46 milliards d'euros de CA et 8 milliards de profit. Alors qu'en Europe, 1,48 million de véhicules livrés ne rapportent "que" 35 milliards de CA et 3,7 milliards d'euros de profits.

 

Avec ces bons résultats, Stellantis se paie le luxe de racheter 0,7 milliards d'actions sur ces six premiers mois. Il y a toujours l'objectif d'atteindre 1,5 milliards d'euros d'ici la fin de 2023. Ces rachats permettent aux groupes qui les font de rémunérer les actionnaires de façon indirecte. Ces actions sont ensuite, la plupart du temps, redistribuées soit à titre de rémunération, soit à titre gratuit.

Tout le monde veut une part du gâteau

Dans l'industrie automobile, ces résultats au beau fixe de nombreux groupes automobiles ne font pas que des heureux. En effet, les sous-traitants n'affichent pas une santé aussi bonne et réclament que les groupes reversent un peu des bénéfices, que cela ruisselle en quelque sorte. Carlos Tavares leur répond que 85% du coût total en valeur vient des équipementiers et qu'ils ont donc déjà leur part du gâteau.

Surtout que l'automobile est, on le sait, à un virage technique important et dangereux. Il faut passer au VE tout en négociant la transition. Durant 12 ans, les véhicules thermiques seront autorisés à la vente en Europe. Dans le même temps, il faut investir des milliards d'euros dans le véhicule électrique. Il n'est donc pas étonnant de voir des alliances se nouer entre les différents acteurs pour partager les risques, mais aussi les revenus.

Du côté de Stellantis, Carlos Tavares fait ce pour quoi il a été choisi au poste de PDG de Stellantis : rationaliser les marques, les gammes, les motorisations, et dégager un maximum de bénéfice. Mais, il va aussi devoir assurer le virage du VEB.

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Pour résumer

Stellantis affiche une santé financière insolente avec de très bons chiffres. Carlos Tavares sait y faire pour dégager des marges importantes. Et comme les volumes de livraison augmentent aussi, tout est au beau fixe.

Pour autant, Tavares reste prudent et continue d'avertir sur le virage du VE qui va coûter très cher à négocier et risque d'ouvrir grande la porte aux constructeurs chinois.

Thibaut Emme
Rédacteur
Thibaut Emme

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