par Elisabeth Studer

Pétrole : les cours en baisse, une hausse de l’Opep+ symbolique

Les prix du pétrole ont fortement chuté mercredi. Si certes, les pays exportateurs de pétrole de l'Opep+ ont décidé d’accroître leurs quotas de production, la hausse des volumes semble quelque peu dérisoire aux yeux des investisseurs pour pouvoir résoudre la problématique de manque d’offre sur le marché.

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Près de 4 % de baisse pour le baril de brut

Le baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en octobre, a perdu 3,73% à 96,78 dollars. En parallèle, le baril de West Texas Intermediate (WTI / US) pour livraison en septembre a chuté de 3,98% à 90,66 dollars.

L’Opep+ s’accorde sur une augmentation mineure

Les pays de l'Opep+ -- alliance réunissant l'Organisation des pays exportateurs de pétrole, la Russie et ses alliés ont décidé d'augmenter la production de 100.000 barils par jour pour le mois de septembre lors d'une réunion par visioconférence à Vienne.

Mais le volume de cette augmentation est "la plus petite de l'histoire de l'OPEP+ observent certains analystes, estimant que cette maigre hausse ne sera pas d’une aide majeure pour tenter d’endiguer la crise énergétique mondiale actuelle.

On est loin d’une ouverture massive des vannes, cela ressemble plutôt à un geste symbolique pour ménager la chèvre et le chou, l’Opep+ devant jouer un jeu d’équilibriste entre alliés des Etats-Unis et partenaires de la Russie, aux objectifs totalement opposés. Moscou souhaitant financer la guerre qu’il mène en Ukraine via la hausse du cours du brut, tandis que Biden tente de juguler l’inflation pour des raisons économiques et électorales.

Une hausse des quotas pas synonyme de hausse de production

Certains experts font également remarquer qu’une hausse des quotas n'est pas synonyme d'augmentation de la production, d’autant plus que l'alliance éprouve régulièrement des difficultés à remplir ses objectifs de production.

L'Opep+ n'a en effet retrouvé ses niveaux de production d’avant 2020 (avant Covid) que sur le papier.

Biden fait chou blanc …

La cour menée par Biden auprès de l’Arabie saoudite ne semble pas avoir été très efficace, même si le Président des Etats-Unis fait désormais fi de ses précédents propos affirmant sa volonté de traiter le pays comme un État "paria" en raison de l'assassinat du journaliste dissident Jamal Khashoggi.

Les analystes estiment pour la plupart qu'il sera difficile pour Joe Biden de présenter la décision comme une victoire.

Une demande d’essence très faible aux Etats-Unis

En parallèle, les réserves commerciales de pétrole brut aux États-Unis ont nettement augmenté la semaine dernière ( en hausse de 4,5 millions de barils), contrairement à ce que prévoyaient les analystes. Or, au final, il s’avère que la demande d'essence a été très faible. La chute a même été assez brutale.

Les chiffres publiés mercredi par l'Agence américaine d'information sur l'énergie (EIA) ont alors accentué le mouvement baissier sur les cours.

La consommation d'essence n'est donc pas revenue à son niveau d'avant la pandémie de Covid-19, alors que le marché misait au contraire sur une forte saison des déplacements aux États-Unis, estimant que la fin des restrictions sanitaires allait libérer les esprits et les portefeuilles. C’était sans compter sur l’inflation qui galope chaque jour un peu plus et les difficultés financières auxquelles sont confrontées de plus en plus d’américains.

Sources : AFP, IEA, Opep+

 

Pour résumer

Les prix du pétrole ont fortement chuté mercredi. Si certes, les pays exportateurs de pétrole de l'Opep+ ont décidé d’accroître leurs quotas de production, la hausse des volumes semble quelque peu dérisoire aux yeux des investisseurs pour pouvoir résoudre la problématique de manque d’offre sur le marché.

On est loin d’une ouverture massive des vannes, cela ressemble plutôt à un geste symbolique pour ménager la chèvre et le chou, l’Opep+ devant jouer un jeu d’équilibriste entre alliés des Etats-Unis et partenaires de la Russie, aux objectifs totalement opposés. Moscou souhaitant financer la guerre qu’il mène en Ukraine via la hausse du cours du brut, tandis que Biden tente de juguler l’inflation pour des raisons économiques et électorales.

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