par Thibaut Emme

Les assurances promettent une hausse moins forte que l'inflation

Les assureurs français se sont réunis, à l'instar des banques précédemment, pour se mettre d'accord sur les hausses et les frais des assurances en 2023.

A l'issue de la réunion, il a été dit que les prix n'augmenteraient pas plus que l'inflation. Mais cela cachera une réalité très disparate.

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"Je pense que nous sommes parvenus au meilleur accord possible dans une situation qui est très tendue pour le monde de l’assurance" a déclaré Bruno Le Maire, Ministre de l'Economie, après cette réunion de travail avec les assurances et les mutuelles. Malgré la sinistralité en hausse globalement, les assureurs ont visiblement décidé de faire un geste envers leurs assurés. La sinistralité cette année est importante à cause des événements climatiques par exemple. Il y aurait déjà 6 millions de Français touchés par un sinistre en 2022 contre 3 millions sur l'année entière habituellement. Les indemnités atteignent déjà 5,2 milliards d'euros de janvier à août, contre 3,5 milliards d'euros en moyenne sur les 4 dernières années.

Le délicat équilibre entre les primes et les indemnisations

Malgré une inflation qui atteint 5,9% en août, les primes d'assurance ne devraient donc pas, en moyenne, augmenter plus que ce chiffre. Là où il y a un bémol, c'est sur le terme "en moyenne". Cela signifie que certains assurés verront leurs primes augmenter moins que l'inflation, tandis que d'autres, sans doute ayant déclaré un sinistre en 2022, subiront une hausse plus forte que les 6%.

D'autres gestes seront faits comme un chèque de 100 euros à destination des jeunes chômeurs de moins de 25 ans. Individuellement, les assureurs pourront faire des gestes - sans doute envers les plus fragiles et précaires - sans que cela n'engage toute la profession. Pour faire des économies, les assureurs pousseront encore plus les pièces de réemploi pour les réparations.

On rappellera que les pièces de réemplois doivent obligatoirement être proposées dans les devis de réparation, que ce soit en réparation volontaire ou en cas d'accident. Evidemment, en cas de dommages non responsable, vous n'êtes pas tenus d'accepter les pièces de réemploi. L'utilisation des pièces d'occasion permettent de grosses économies pour les assureurs et donc une possibilité de maintenir des primes raisonnables.

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Les indemnisations ont tendance à augmenter en moyenne. Si en plus elles augmentent en nombre comme c'est prévu cette année, c'est la double peine pour les assureurs. Et donc, pour les assurés. Mais les assureurs ne sont pas à plaindre non plus. En 2021, les assureurs annoncés des bénéfices en hausse, voire record. La Matmut a déclaré 88 millions de bénéfices (+50%), Groupama signait son meilleur bénéfice net en 10 ans avec 493 M€. Quant à AXA, le géant de l'assurance a dégagé en 2021 7,29 milliards d'euros de bénéfice net, soit plus du double de celui de 2020 (3,16 milliards d'euros).

Même les assureurs étrangers ont tapé des records. Ils peuvent donc bien faire un effort. De toute façon, il ne faut pas se leurrer, ils ne perdront pas d'argent même en limitant la hausse moyenne.

Pour résumer

Les assureurs ont promis à Bercy de ne pas augmenter les primes d'assurance plus que l'inflation, en moyenne pour 2023. Ce faisant, les primes vont donc "diminuer" en tenant compte de l'inflation.

Mais, cela ne sera pas pour tout le monde puisqu'il s'agit d'une moyenne. Au moindre sinistre, les hausses devraient tomber comme à Gravelotte.

Thibaut Emme
Rédacteur
Thibaut Emme

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