par Elisabeth Studer

Renault serait réticent à quitter la Russie car trop coûteux

Malgré l’invasion de l’Ukraine par la Russie, le groupe automobile Renault se dit réticent à quitter le territoire russe.

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Le constructeur souhaite avant toute chose éviter la nationalisation de du constructeur automobile AvtoVAZ dont il détient la majorité.

Renault maintient ses liens intacts avec la Russie

Malgré la guerre en Ukraine, Renault a conservé des liens intacts avec la Russie, son partenaire de longue date, car il s'inquiète du coût élevé qu’induirait son éventuel retrait de de l’entreprise détenue en commun avec son partenaire local, selon des personnes proches du dossier.

Renault veut éviter la nationalisation de AvtoVAZ

Renault veut éviter la nationalisation de AvtoVAZ , constructeur dont il détient la majorité, qui joue un rôle clé dans le redressement de l'entreprise, ont déclaré les sources.

La position du groupe automobile est soutenue par le gouvernement français, son principal actionnaire, ont-ils ajouté. Un porte-parole du constructeur a quant à lui déclaré que Renault continuait de surveiller la situation.

Le conflit en Ukraine ne devrait pas compromettre le redressement de Renault selon Senard

Si l'invasion de l’Ukraine par la Russie suscite des inquiétudes dans tout le secteur automobile, la situation ne devrait pas compromettre le redressement de Renault, si l’on en croit Jean-Dominique Senard, le président du constructeur. Lequel continue de croire en «la stratégie de long terme» du plan Renaulution.

« Le redressement de Renault est bien engagé, c'est une stratégie de long terme (...) qui va bien au-delà de la situation actuelle en Russie », a ainsi déclaré le 10 mars dernier Jean-Dominique Senard, à Reuters, en marge d'une conférence organisée par l'école d'ingénieurs des Mines ParisTech. Le président de Renault a toutefois refusé de s’exprimer davantage sur les différentes options qui s’offrent à lui actuellement en Russie.

Renault, seul constructeur mondial à ne pas réduire la voilure en Russie

Ces derniers jours, Renault est devenu le seul grand constructeur automobile mondial à ne pas reculer en Russie tant au niveau commercial qu’en terme de production locale.

Cette semaine, son rival Stellantis a suspendu ses échanges commerciaux avec la Russie au niveau importation et exportation de véhicules, dans le cadre d'un large mouvement de retrait comprenant Volkswagen, Toyota et Mercedes-Benz.

A noter que le partenaire japonais de Renault, Nissan, a stoppé quant à lui ses exportations.

Un danger d’expropriation et de nationalisation de plus en plus pressant

Le risque d'expropriation s’est accru cette semaine après que la Russie se rapproche de la saisie ou même de la nationalisation des entreprises étrangères qui quittent le marché suite à l'invasion de l'Ukraine.

Mercedes, qui exploite une usine près de Moscou dont les activités ont toutefois cessé, a déclaré vendredi détenir environ 2 milliards d'euros d'actifs en Russie potentiellement menacés.

Renault, le constructeur le plus exposé

Renault, avec sa participation de 68% dans AvtoVAZ, le fabricant de la marque Lada datant de l'ère soviétique, et sa dépendance à la Russie pour environ 10% de son chiffre d'affaires ont fait du constructeur automobile le plus exposé parmi ses pairs.

Le groupe automobile français détient environ 30% du marché automobile russe et emploie environ 40 000 personnes dans le pays.

Les titres du constructeur ont perdu environ un quart de leur valeur depuis le début de l'invasion du président russe Vladimir Poutine et l’agence de notation Fitch a averti que le redressement de la société pourrait être mis à mal par le conflit.

Le gouvernement français peu loquace sur le sujet

Depuis le début de la guerre contre l'Ukraine, le gouvernement français a fait peu de déclarations publiques à propos de Renault.

Le ministre des Finances, Bruno Le Maire, a déclaré que les entreprises privées étaient libres de décider si elles voulaient continuer à faire des affaires avec la Russie tant qu'elles « adhèrent strictement et rigoureusement aux sanctions ».

Provisions de 1 milliard d’euros sur AvtoVAZ ?

Renault pourrait constituer une provision d'un milliard d'euros cette année sur AvtoVAZ, qui pourrait enregistrer une perte d'exploitation en 2022, a écrit jeudi Alphavalue, une société de recherche et de conseils. Tout en abaissant sa recommandation sur les titres de la société, affirmant qu'elle voyait une "faible probabilité" que Renault se retire de sa participation dans l'entreprise alors que les investisseurs mondiaux évitaient à l’heure actuelle les actifs russes.

La valeur de l'entreprise AvtoVAZ est tombée à zéro "pour tenir compte du risque géopolitique concernant l'invasion de l'Ukraine par la Russie et des implications durables que les sanctions occidentales pourraient avoir sur l'économie russe, réduisant peut-être considérablement la demande de voitures dans le pays pour les années à venir, », a ajouté Alphavalue.

Précisons que dans le cadre d’une première réponse explicite au retrait des entreprises étrangères, le ministère russe de l'Économie a défini de nouvelles politiques pour prendre le contrôle des entreprises qui désertent la Russie lorsque la propriété étrangère dépasse 25 %.

Les sites de Renault en Russie à l’arrêt faute de pièces

Renault a temporairement arrêté son usine d'assemblage près de Moscou jusqu'au 18 mars en raison de difficultés d'approvisionnement. Deux autres usines exploitées par AvtoVaz à Togliatti et Izhevsk ont également fermé pendant quelques jours cette semaine en raison de "la crise actuelle de l'approvisionnement en composants électriques", a indiqué l'entreprise dans un communiqué.

Le patron de Rostec, autre partenaire d’AvtoVAZ sur la liste US des personnes sanctionnées

L'autre partenaire d'AvtoVAZ, Rostec, un conglomérat de défense appartenant au gouvernement russe, est dirigé par Sergey Chemezov, un proche allié de Poutine qui figure sur la liste américaine des personnes sanctionnées.

Dans un article publié cette semaine par l'agence de presse russe Tass, il a affirmé que la Russie avait déjà prouvé en 2014, dans le cadre des sanctions imposées lors de l'invasion de la Crimée, qu'elle pouvait développer sa propre production et que le pays sortira à nouveau gagnant.

Notre avis, par leblogauto.com

Situation très complexe pour Renault en Russie qui joue gros financièrement parlant. Voire même politiquement parlant. Le fait que l’entreprise soit détenue en partie par l’Etat français ne simplifiant pas les choses et ne lui permettant pas de pouvoir considérer toutes les options possibles. Rajoutez une élection présidentielle pour « couronner » le tout …

Sources : Renault, Reuters, Automotive News

Pour résumer

Malgré l’invasion de l’Ukraine par la Russie, le groupe automobile Renault se dit réticent à quitter le territoire russe.

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