par Nicolas Anderbegani

Un plan sur 10 ans pour relancer (et sauver) Alfa Romeo

En fusionnant FCA et PSA, le groupe Stellantis dispose de 14 marques, parmi lesquelles plusieurs noms emblématiques mais dont la situation actuelle inquiète. Alfa Romeo en fait partie, or le temps est peut-être enfin venu d'avoir un plan à long terme et viable.

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Les belles endormies

Avec Lancia et DS, Alfa Romeo incarne le pole premium de Stellantis que le nouveau patron Carlos Tavarès souhaite développer. S'exprimant au Financial Times Future of the Car Summit, l'ancien patron de PSA a déclaré: «Dans le passé, de nombreux autres constructeurs automobiles étaient prêts à acheter Alfa Romeo. Aux yeux de ces acheteurs, elle a une grande valeur. Ils ont raison."

La relance de la marque conduira inévitablement à l'électrification, bien que cela puisse chagriner une partie des Alfistes et que Carlos Tavarès lui-même ne soit pas un inconditionnel,  mais sans négliger la dimension passionnelle et historique du Biscione. «Alfa Romeo entrera dans le monde de l'électrification (...) mais le fera de manière dynamique, avec un nouveau PDG passionné, qui est d'origine italienne et dirige la marque avec passion et la bonne vision de ce qui doit être fait ».

Une gamme qui ait du sens

Alfa Romeo souffre évidemment d'une gamme désormais réduite à seulement deux modèles, et qui n'ont pas eu le succès escompté, surtout pour la berline Giulia. Mais ce qui a aussi plombé la marque, c'est le chambardement fréquent de ses plans produits. En 2018, le dernier plan de l'ère Marchionne voyait grand avec, en plus des petits SUV (qui deviendront bientôt réalité avec le Tonale et puis le supposé Brennero) une version allongée de la Giulia pour le marché chinois, un grand SUV (qui fut un temps baptisé Castello), un coupé sportif dérivé de la Giulia qui aurait pu raviver le blason GTV et même le retour de la 8C. C'était la fête.

Puis en 2019, après l'annonce des résultats trimestriels de FCA, c'est un virage à 180° qui avait été pris, les modèles spéciaux et iconiques étant remisés au placard pour donner la priorité aux SUV "générateurs de profit". Sauf que Alfa Romeo n'est pas une marque comme les autres et ne peut reposer sur les seuls SUV, d'autant plus que le Tonale, dont le concept a été dévoilé à Genève en 2019, tarde encore à sortir, pendant que le fossé se creuse toujours plus avec le premium allemand qui propose pléthore de modèles et déploie à tout berzingue sa gamme électrifiée. La Giulia et le Stelvio n'ont même pas encore un hybridation légère...

On s'est donné rendez-vous dans 10 ans...

Tout cela, Tavares en a conscience et pointe aussi la stratégie globale de la marque: «Nous devons améliorer la façon dont nous parlons aux clients potentiels. Il y a une déconnexion avec les produits, l'histoire et avec qui nous parlons. Nous devons ajuster la distribution et comprendre à qui nous parlons et de quel aspect de la marque nous leur parlons. Il faudra du temps pour bien faire les choses. "

Du temps, oui, 10 ans, voilà le cap fixé pour permettre à Alfa Romeo, mais aussi à Lancia et Chrysler, de prouver qu'elles peuvent surmonter la sélection darwinienne que le monde automobile est en train de vivre. «Nous donnons une chance à chacun, en accordant une fenêtre de 10 ans et en fournissant un financement pendant 10 ans pour mettre en œuvre une stratégie modèle de base. Les PDG doivent être clairs en ce qui concerne la promesse de la marque, les clients, les objectifs et la communication de la marque (...) S'ils le peuvent, tant mieux. Chaque marque a la possibilité de faire quelque chose de différent et d'attirer les clients ».

Notre avis, par leblogauto.com

Nous sommes prévenus, rendez-vous en 2031 pour savoir ce qu'il adviendra de certains blasons. Alfa Romeo attend impatiemment le Tonale, qui doit enfin booster les ventes. Jean-Philippe Imparato cependant ne fait pas des volumes l'apha et l'omega de sa stratégie et pense aussi en termes de qualité produit et de caractère, ce qui l'a amené récemment à repousser le lancement du Tonale afin de s'assurer que le véhicule sera suffisamment digne de son blason. Contrairement à ce qui avait été dit dans un premier temps, la plate-forme Giorgio, sur laquelle ont été bâties la Giulia et le Stelvio, loués pour leur comportement dynamique, n'est pas abandonnée mais s'intégrera à la famille des plate-formes Stellantis.

Un retour de la Giulietta a également fait partie des rumeurs, en profitant de la synergie et des restylages sont en approche pour le couple Giulia/Stelvio. On sait aussi que d'autres chantiers attendent le Biscione : améliorer l'image, qui souffre encore de stéréotypes anciens au-delà du cercle des amateurs, mettre au niveau l'offre technologique primordiale dans le segment, améliorer le réseau et repenser aussi le volet compétition, l'engagement en F1 (qui est en fait un prête-nom à Sauber) étant sur la sellette après 2021 à la vue des résultats actuels. Pour Lancia, la tâche s'annonce encore plus ardue car, hormis la petite Ypsilon qui se vend encore (plutôt bien) sur le seul marché italien, l'ancienne marque iconique des rallyes a déserté le reste du monde depuis plusieurs années et tombe peu à peu dans l'oubli.

Source : clubalfa.it

Pour résumer

En fusionnant FCA et PSA, le groupe Stellantis dispose de 14 marques, parmi lesquelles plusieurs noms emblématiques mais dont la situation actuelle inquiète. Alfa Romeo en fait partie, or le temps est peut-être enfin venu d'avoir un plan à long terme et viable.

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