par Nicolas Anderbegani

Lotus Eletre : est-ce encore une Lotus ?

Vous avez sursauté avec le Lamborghini Urus ? Vous avez cligné des yeux avec le Bentley Bentayga ? Vous transpirez déjà à l'approche du Ferrari Purosangue ? Serez-vous foudroyé par le Lotus Eletre ?

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Ceci est une révolution

Lotus a amorcé sa révolution et fait progressivement ses adieux au thermique, l'Emira étant la dernière d'une espèce en voie d'exctinction. Sous la houlette de la maison mère, le chinois Geely, la firme créée par Colin Chapman entame une mue historique et ne fait pas dans le détail, en lançant son tout premier SUV directement en version 100% électrique ! Fidèle à la tradition, ce SUV est baptisé par un patronyme commençant par la lettre E. Eletre, pas besoin de chercher très loin la symbolique du nom.

Pour le reste, oubliez tout. Le light is right, la rusticité matinée de charme british, la sportivité sans fioritures. Tous les repères sont bouleversés. Désormais, place au statutaire, au raffinement high tech et au design futuriste. Avec 5,10 mètres de long,une largeur de 2,13 mètres (avec les rétros déployés) et une hauteur de 1,63 mètre (1,66 pour l'Urus), ce "Hyper-SUV" (sic) est un mastondonte, qui, embarquant une batterie de plus de 100 Kw pour assurer 600 kilomètres d'autonomie, doit allègrement flirter avec les 2,3 tonnes au bas mot, soit...3 fois une Lotus Elise !

Se démarquer

Développé au sein du Lotus Tech Innovation Centre, il sera fabriqué en Chine à Wuhan. Le design mélange inspirations chinoises et références premium de la catégorie. La face fait un brin "predator", avec une grande calandre noire béante entourée par la carrosserie dont deux "mandibules" remontent vers les optiques secondaires enchassés dans le bouclier. Les optiques qui surploment la calandre sont très effilés et adoptent un style réptilien qui n'est pas sans rappeler les phares d'une Ferrari 458 ou 488. La couleur et la face massive ne peuvent empêcher de penser un peu au Lamborghini Urus.

De profil, le long SUV adopte un profil sportif et malgré tout élancé, grâce à des flancs sculptés et à une ligne de toit très plongeante. La hauteur de toit, plus basse que celle de l'Urus, pour une longueur totale plus importante, permet de créer un effet coupé. Les bas de caisse noirs contrastent avec la carrosserie jaune. A l'arrère, le coffre, dans le prolongement de la ligne de toit, marque en son centre un repli qui forme une sorte de becquet. La poupe est traversée horizontalement par une ligne optique LED qui est désormais un gimmick quasiment imposé du design des véhicules électriques premium. Pas forcément très original. Cependant, l'Eletre s'est inspirée de l'Evija et montre, dans sa globalité, une étude de design assez poussée. Il y a des ouvertures importantes dans les ailes et les flancs pour faciliter le passage de l'air sur et à travers sa forme à faible traînée.

Plus confortable que sportif ?

Du côté des performances, la fiche technique est pour l'instant assez maigre et il faudra attendre l'épreuve du réel pour s'en faire une idée. Avec environ 600 chevaux annoncés, l'Eletre n'est pas au niveau d'un Lamborghini Urus ou d'une Aston Martin DBX707 mais le constructeur annonce un 0 à 100 Km/h en moins de 3 s et une vitesse maxi de 260 Km/h. En termes de recharge, l’Eletre met le paquet : 350 kW en pic en recharge DC et 22 kW en recharge AC, afin de gagner 400 km d’autonomie en 20 minutes. Quoi qu'il en soit, la sportivité pure n'est peut-être pas la philosophie première. Développé pour viser un marché chinois très important, l'Eletre va sans doute privilégier le confort et le raffinement, des mots jusque-là assez antinomiques avec l'esprit Lotus.

D'un point de vue technologique, l'Eletre renvoie ses lointaines parentes Elise et Exige à la préhistoire. Les images officielles ne les montrent pas dans leur état déployé, mais le SUV dispose également de capteurs Lidar qui sortent de la carrosserie et permettront un éventuel fonctionnement autonome de haut niveau : il y en a un à chaque extrémité du toit et deux autres qui émergent du dessus des passages de roues avant. La malle cache un aileron actif, secondé par un spoiler de toit scindé en deux. Le SUV proposera en effet un dispositif de conduite autonome pouvant aller jusqu'au niveau 4, en fonction des législations en vigueur.

Lorsque le système sera activé, les caméras, capteurs et radars sortiront de leur logement, situés dans les arches de roue et sur la cime du parebrise ou de la lunette arrière. Le SUV pourra être équipé de rétroviseurs par caméras avec une projection de l’image dans les panneaux de portes. La barre lumineuse pleine largeur sur le hayon a la capacité de changer de vert ou de bleu ainsi que de rouge et d'orange. Il n'utilisera que les couleurs légalement autorisées pour les feux stop et les clignotants lorsque la voiture est en mouvement, mais il pourra également afficher une animation multicolore lorsque la voiture est déverrouillée et indiquera également l'état de charge de la batterie.

Intérieur premium

L'habitacle de l'Eletre redéfinit lui aussi totalement les codes Lotus, avec par exemple des interrupteurs à bascule en métal bronze fraisé ou une console centrale creuse renforcée avec rétroéclairage à LED. On note aussi un tableau de bord en cuir cousu et en microfibre et des sièges sport garnis de tissu en mélange de laine haute densité, afin de donner une touche "écologique". Comme pour de nombreux autres véhicules électriques premium, le volant de l'Eletre présente un design futuriste, intégrant également des palettes, celle de droite bascule entre les modes de conduite et celle de gauche entre les niveaux de régénération.

L'interface utilisateur est nouvelle et sans rapport avec le système basé sur Google utilisé par Volvo et Polestar. Le système d'affichage est dominé par un énorme écran tactile central OLED de 15,1 pouces, qui, d'après Lotus, permettra d'accéder à 95 % des systèmes de la voiture avec trois entrées d'écran ou moins. Il bénéficiera également d'un affichage tête haute avec des superpositions de réalité augmentée. Un système audio surround de 800 watts à 15 haut-parleurs sera proposé de série, avec un système à 23 haut-parleurs de 1500 watts en option.

Notre avis, par leblogauto.com

Le SUV premium est à la fois un gage de rentabilité et un segment salutaire pour les constructeurs sportifs qui ont besoin de volumes pour survivre. L'Eletre est à des années lumière de ce que Lotus a incarné jusqu'à présent.

Pour résumer

Vous avez sursauté avec le Lamborghini Urus ? Vous avez cligné des yeux avec le Bentley Bentayga ? Vous transpirez déjà à l'approche du Ferrari Purosangue ? Serez-vous foudroyé par le Lotus Eletre ?

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