par Nicolas Anderbegani
un parfum du début des années 80

FIA/Liberty Media : ambiance explosive !

Comme au "bon vieux temps" de la guerre FISA-FOCA du début des années 80, le torchon brûle de plus en plus entre la FIA et Liberty Media sur la gestion de la Formule 1, avec des enjeux de pouvoir et de très gros sous derrière.

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La montée des tensions

Depuis son élection à la tête de la FIA fin 2021, Mohamed Bin Sulayem a modifié la gouvernance de la F1 et entend réquilibrer le rapport de force avec les américains de Libery Media, qui ont refait en quelques années de la F1 une "poule aux yeux d'or" très lucrative.

Ces tensions et luttes de pouvoir entre l'instance internationale et les propriétaires du "business" F1 sont attisées depuis quelques temps déjà, à l'image du projet F1 Andretti-Cadillac, soutenu ouvertement par la FIA, et accueilli plus fraîchement par le monde de la F1.

Elles ont pris une nouvelle tournure avec la révélation, le week-end dernier, par le média Bloomberg, des démarches de l’Arabie Saoudite – par le biais du Fonds d’Investissement Public Saoudien présidé par le prince héritier saoudien Mohammed bin Salman, qui a déposé une offre de 20 milliards de dollars aux actuels propriétaires de la F1 iberty Media pour en reprendre les droits commerciaux. Un gros coup certainement pour le pays qui, depuis quelques années, mène une stratégie de Soft Power agressive, via le sport automobile ou le football (cf recrutement de Cristiano Ronaldo par Al Nassr), afin de rivaliser avec le rival Qatari. La somme de 20 milliards est en tous cas spectaculaire, et prouve la valorisation phénoménale du sport sur ces dernières années, quand on sait que Liberty Media en a fait l'acquisition en 2017 pour 8 milliards !

Or, dans un message posté sur les réseaux sociaux lundi soir, le président de la FIA, Mohammed Ben Sulayem, n’a pas hésité à dire que cette somme était “prétendument gonflée” et a invité tout acheteur potentiel à faire preuve de “bon sens” : “En tant que gardiens du sport automobile, la FIA, en tant qu’organisation à but non lucratif, se méfie des sommes prétendument gonflées de 20 milliards de dollars pour la F1.” a écrit le président de la Fédération sur son compte Twitter.

 

 

Il est conseillé à tout acheteur potentiel de faire preuve de bon sens, de considérer le plus grand bien du sport et de proposer un plan clair et durable – pas seulement beaucoup d’argent.”

Il est de notre devoir de considérer quel sera l’impact futur pour les promoteurs en termes d’augmentation des frais d’hôtes et d’autres coûts commerciaux et tout impact négatif que cela pourrait avoir sur les fans.”

La F1 n'y va pas par 4 chemins

La riposte de Liberty Media ne s'est pas faite attendre. Selon la BBC, la F1 et Liberty Media auraient envoyé une lettre à la FIA, co-écrite par la directrice juridique de la F1, Sacha Woodward Hill, et Renee Wilm, qui occupe le même poste pour le propriétaire de la F1, Liberty Media, dans laquelle ils fustigent ouvertement les propos de Ben Sulayem qui “outrepassent à la fois les limites à la fois du mandat de la FIA et de ses droits contractuels”, puisque la FIA n'est pas censée se mêler des aspects commerciaux de la F1, en vertu des Accords Concorde et d'un accord avec a Commission européenne.

La lettre indique également qu’en vertu de son contrat, la F1 “a le droit exclusif d’exploiter les droits commerciaux du Championnat du Monde de F1 de la FIA” et que “la FIA s’est engagée sans équivoque à ne rien faire qui puisse porter atteinte à la propriété, à la gestion et/ou à l’exploitation de ces droits.” Il est également souligné que les remarques de Mohammed Ben Sulayem “faites à partir du compte officiel du président de la FIA sur les réseaux sociaux, interfèrent avec nos droits de manière inacceptable.”

Bis repetita ?

Bref, on se croirait revenu au temps du bras de fer entre Jean-Marie Balestre et Bernie Ecclestone au début des années 80, quand la FISA du premier (ancêtre de la FIA) et la FOCA du second s'écharpaient et, à travers leurs attaques sur les jupes aérodynamiques ou les turbos, se disputaient en fait la suprématie du pouvoir. Cette guerre avait débouché sur les Accords Concorde avec un partage très net des compétences, la FISA se réservant les aspects sportifs et règlementaires, alors que Bernie Ecclestone s'arrogeait la mainmise sur les aspects commerciaux, qui déboucheront sur l'essor de son empire FOM (Formula One Management).

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Pour résumer

Comme par hasard, alors que la F1 est devenue très "bankable" et qu'elle suscite de nombreusees convoitises, les guerres intestines semblent repartir de plus belle entre les deux éternels rivaux que sont la FIA d'un côté et la Formula One management de l'autre.

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