par Thibaut Emme

50 km/h et moins de voies sur le périphérique parisien ?

Le périphérique parisien est déjà passé de 80 à 70 km/h en janvier 2014. Un rapport d'élus parisiens préconise de réduire à 50 km/h la vitesse sur le périphérique parisien. Mais, aussi d'en limiter le nombre de voies à 2x2 selon des informations confirmées à l'AFP.

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Le périphérique parisien est déjà passé de 80 à 70 km/h en janvier 2014. Un rapport d'élus parisiens préconise de réduire à 50 km/h la vitesse sur le périphérique parisien. Mais, aussi d'en limiter le nombre de voies à 2x2 selon des informations confirmées à l'AFP.

Depuis septembre 2018, une Mission d'Information et Evaluation (MIE), composée d'élus de tous les groupes politiques présents au conseil de Paris, a évalué la transformation du boulevard périphérique. Le rapport n'est pas encore finalisé mais a déjà fuité. Confirmant une information du Parisien, Eric Azière (UDI-Modem) explique à l'Agence France Presse que ce rapport préconise notamment de réduire la vitesse maximale à 50 km/h.

Selon le Président du groupe UDI-Modem de la ville de Paris, la proposition devrait être formalisée à court terme et ce, pour lutter contre la pollution. Il est vrai que si la tendance de fond de Paris s'améliore concernant la pollution de l'air, les grands axes, dont le "périph", continue de drainer une pollution aux NOx et aux particules fines, trop importantes pour la santé des 100 000 riverains de la ceinture de Paris.

La pollution est aussi sonore. Si l'impact d'une baisse de la vitesse est impossible à quantifier d'un point de vue pollution de l'air, il l'est pour ce qui concerne la pollution sonore. L'abaissement de la vitesse en 2017 de 10 km/h avait été accompagné d'une baisse du bruit de 0,5 dB (décibels) de jour et 1,2 la nuit.

Un bruit divisé par deux ?

La baisse de 20 km/h de la vitesse maximale autorisée permettrait de faire chuter de 2 à 3 dB ce bruit ambiant. -2 dB correspond à une diminution de 30% du bruit, -3 dB à un bruit divisé par deux (-50%). Non négligeable quand on sait qu'un bruit de fond permanent est responsable de bien des maladies chroniques.

Pour les membres de la commission, rouler moins vite sera aussi bénéfique pour la circulation. "On régule mieux le flux à 50 km/h qu'à 70, on roulera moins vite mais mieux" selon M Azière. Là en revanche, on peut lui opposer le cas de Rennes. La capitale de Haute-Bretagne a testé durant une année, le passage de sa rocade (ne l'appelez-pas périphérique !) de 90 à 70 km/h. A la clé, plus de bouchon et de pollution. La sagesse et l'honnêteté de la Maire, Nathalie Appéré, fut de revenir en arrière, comme elle s'y était engagée en cas de résultat non probant.

En plus de la limite de vitesse abaissée, le rapport préconise de réduire le nombre de voie. Pour ceux qui ne connaissent pas le boulevard circulaire de 35 km de long, il varie en nombre de voies, de 3 à 5, de chaque côté. A chaque rétrécissement, c'est l'embouteillage assuré. En plus d'une "harmonisation" à 2x3 voies partout, cela devrait s'accompagner d'une voie réservée au covoiturage, voitures électriques, hybrides, transports en commun, etc.

Les camions en transit pourraient également être bannis du périphérique. Et les autoroutes d'accès au périphérique pourraient également voir leur limitation abaissée à 70 km/h pour fluidifier les entrées dans la capitale.

Le rapport doit être remis à la Maire de Paris, Anne Hidalgo, le 21 mai prochain. Le calendrier s'étalerait sur une dizaine d'années, avec toutefois des mesures concrètes en application dès 2020.

Des précédents à Lille ou Lyon

A Lyon, le périphérique est passé de 90 km/h à 70 km/h depuis hier 29 avril 2019. Le contournement de la capitale des Gaules qui passe par l'est, dans les "banlieues" a un trafic quotidien important (plus de 150 000 véhicules/jour) et l'abaissement de la limitation était demandé depuis des années par les différents responsables politiques locaux.

David Kimefeld, Président de la Métropole indique au Progrès : "Nous procéderons à la fin de l’année à une série de mesures sur l’air et le bruit. Nous ferons également un bilan de l’accidentologie et de la circulation. Au bout de huit mois, nous aurons un bon recul sur la situation. Nous verrons alors si la décision prise était utile ou s’il convient de l’adapter, par exemple, avec la mise en place d’une différenciation de la vitesse selon les horaires".

A Lille, l'abaissement de la vitesse est effectif depuis début février. L'expérimentation, puisque c'est de cela dont il s'agit là aussi, doit durer 1 an 1/2 au moins "le temps nécessaire pour nous permettre de mesurer l'efficacité sous trois points de vue : fluidité du trafic, pollution de l'air, pollution sonore" selon Michel Lalande, préfet du Nord et des Hauts-de-France.

Mais, dès octobre 2019, les premiers résultats devraient être rendus publics. Là aussi, le but est de dévier les poids-lourds en transit loin de la ville et de ses habitants. Quitte à déplacer la pollution un peu plus loin ?

Pour résumer

Le périphérique parisien est déjà passé de 80 à 70 km/h en janvier 2014. Un rapport d'élus parisiens préconise de réduire à 50 km/h la vitesse sur le périphérique parisien. Mais, aussi d'en limiter le nombre de voies à 2x2 selon des informations confirmées à l'AFP.

Thibaut Emme
Rédacteur
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