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Objectifs CO2 : dossier épineux de la fusion FCA / PSA ?

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PSA respectera « scrupuleusement » les objectifs de réduction d’émissions de CO2 fixés par l’Union européenne. C’est en tout cas ce qu’a affirmé son patron Carlos Tavares, dans un entretien accordé au journal l’Est Républicain.

Une déclaration qui fait écho aux récents propos prononcés dans le cadre du projet de fusion entre FCA et PSA, ou les deux constructeurs indiquaient être prêts à toutes les concessions nécessaires auprès de l’UE pour mener à bien leur opération. Mais prêts à faire des concessions entre eux ?

Le dirigeant n’a toutefois pas manqué de critiquer la manière dont les décisions environnementales ont été prises. Pointant du doigt Volkswagen et les conséquences des malversations révélées par le dieselgate sur le caractère très exigeant des nouvelles mesures.

Respect scrupuleux d’objectifs CO2 très stricts

« Nous allons respecter scrupuleusement tous les objectifs très sévères demandés par l’Europe, car nous appartenons à la société dans laquelle nous opérons et considérons donc cette question climatique comme primordiale », a déclaré Carlos Tavares, le patron de PSA.

Les constructeurs vus comme des gangsters

Le dirigeant a par ailleurs dénoncé des décisions « prises sous l’emprise de l’émotion et des opinions publiques ». Faisant référence aux mesures prises suite au dieselgate.

S’exprimant sur ce point, Carlos Tavares a critiqué l’absence de « vision complète » des décideurs européens « pour une transition réussie vers une mobilité propre ».
« A cause de la tricherie d’un constructeur allemand bien connu, nous sommes tous considérés comme des gangsters. Depuis, le niveau d’écoute des élus européens est proche de zéro », a poursuivi le patron de PSA, considérant ainsi Volkswagen comme responsable de la situation actuelle.

FCA pointé du doigt à demi-mots pour son accord avec Tesla

« D’autres concurrents ne le font pas de la même façon et préfèrent utiliser l’argent de leur entreprise pour acheter des droits à polluer à d’autres entreprises plus vertueuses », a par ailleurs observé Carlos Tavares. Faisant notamment référence ainsi à l’accord de FCA avec Tesla.

Le groupe Fiat Chrysler a signé un accord avec l’entreprise géré par Elorn Musk visant à atteindre les objectifs d’émissions fixés par l’Union européenne et à éviter ainsi les amendes qui seront imposées à compter du 1er janvier 2021.

Dès le début de l’année 2020, l’UE imposera que les émissions moyennes de CO2 des constructeurs soient inférieures à 95 grammes par kilomètre. Au-delà de ce seuil, ils devront s’acquitter de fortes amendes.

Fiat Chrysler Automobiles prévoit de dépenser 2 milliards de dollars au cours des trois prochaines années pour acheter des crédits CO2 dits «réglementaires» afin de réduire au minimum le montant des amendes liées aux émissions qu’elle devra payer en Europe et aux États-Unis.

En incluant les 674 millions de dollars dépensés en 2018, le constructeur est sur le point de dépenser au moins 2,7 milliards de dollars de 2018 à 2021 en amendes liées aux émissions polluantes et en achats de crédits réglementaires.

Importants couts de mise en conformité pour FCA

En 2019, FCA assumera des coûts de mise en conformité de 134 millions de dollars en Europe, au Moyen-Orient et en Afrique. Ces montants seront plus élevés l’année prochaine, même si l’accord de mise en commun avec Tesla devrait considérablement atténuer cette hausse.

Le directeur général de FCA, Mike Manley, a déclaré aux analystes que sans l’accord avec Tesla, les coûts de mise en conformité avec la zone EMEA auraient avoisiné les 436 millions de dollars en 2019.

Selon les analystes de PA Consulting Group, les émissions de dioxyde de carbone de FCA en Europe devraient passer de 120 g / km à 98,5 g / km d’ici 2021, ce qui signifierait que le constructeur manquera tout de même son objectif réglementaire de 91,8 g / km. Ce qui, le cas échéant, obligerait le constructeur à verser une amende de 780 millions de dollars à l’Union européenne en 2021.

L’accord signé avec Tesla sur la mise en commun des valeurs d’émissions de CO2 en Europe réduit considérablement ce risque. Le résultat final dépendra toutefois du succès de Tesla en Europe …

Gérer la période de transition pour FCA

La somme dépensée par FCA en amendes et en achats de crédit doit être comparée aux 10 milliards de dollars que le constructeur s’est engagé à investir pour l’électrification de ses modèles dans le cadre du plan d’entreprise 2018-2022.

Suivant la stratégie élaborée par Sergio Marchionne, aujourd’hui décédé, Manley estime à son tour que les constructeurs automobiles devront d’abord vendre les véhicules électriques à perte, ce qui, selon lui, rendra la stratégie d’achat de crédits et le paiement des amendes résiduelles financièrement plus viables.

Manley a déclaré aux analystes que l’achat de crédits de CO2 constituait une action complémentaire aux investissements du constructeur et au déploiement de son parc électrique, lequel atteindra 17 modèles d’ici 2022.

Il estime ainsi que cette stratégie permettra de gérer la transition jusqu’à une période d’acceptation du marché et l’atteinte d’un seuil au-delà duquel le niveau des coûts technologiques et de développement d’infrastructure pourra rendre la vente de véhicules électriques plus rationnelle sur le plan financier.

FCA met en place sa stratégie d’électrification

L’achat de droits sur le dioxyde de carbone auprès de la firme dirigée par Elon Musk – qui produit des véhicules électriques – semble ne représenter pour FCA qu’une solution rapide qui sert de patch à court terme, mais il ne peut s’agir d’une stratégie visant à réduire les émissions à long terme du groupe.
Rappelons que FCA a été condamné au versement d’une amende de 79 millions de dollars (71,5 millions d’euros), plusieurs de ses modèles ayant été jugés non conformes aux exigences en matière d’économie de carburant définies par la NTSHA, le régulateur des transports US, pour les exercices 2016 et 2017.

C’est dans un tel contexte que le groupe Fiat Chrysler met actuellement en place sa stratégie d’électrification, qui verra la mise en circulation de douze véhicules électrifiés, lesquels seront constitués de modèles entièrement nouveaux ou de nouvelles versions de modèles existants. Le groupe va parallèlement concentrer la production de ces véhicules à faibles émissions dans ses usines italiennes, dans le cadre de son plan d’investissements de 5 milliards d’euros en Italie d’ici à 2021.

Tavares pointe le danger de produire de l’électrique sans réelle demande

« Le grand danger de s’embarquer dans le tout électrique de façon non coordonnée, c’est d’avoir des voitures électriques à vendre et des acheteurs qui n’en veulent pas car ils ne voient pas les bornes de rechargement, dont l’installation prendra deux ans », a par ailleurs alerté Carlos Tavares.

Selon lui, les objectifs votés au niveau européen à horizon 2030 constituent des décisions « prises sous l’emprise de l’émotion et des opinions publiques ».

Et l’hydrogène dans tout cela ?

« Et si entre temps, une autre technologie plus pertinente vient percuter cette stratégie latéralement ? », a ajouté le dirigeant, faisant notamment allusion à l’hydrogène.

PSA et FCA prêts à faire « toutes les concessions nécessaires » auprès de l’UE

Début novembre, le président du directoire du groupe français avait indiqué que Fiat Chrysler Automobiles (FCA) et PSA étaient prêts à faire « toutes les concessions nécessaires » auprès de la Commission européenne pour permettre leur rapprochement.
Une annonce faisant suite à l’officialisation de leurs négociations en vue d’une fusion à 50-50 devant donner naissance au quatrième groupe automobile mondial, avec 8,7 millions de véhicules vendus.

Prenant pour la première fois la parole depuis cette annonce, Carlos Tavares avait déclaré sur BFM Business que les deux groupes étaient « bien entendu » prêts « à faire toutes les concessions nécessaires » pour que la Commission européenne donne son feu vert à l’opération, « puisque notre but est d’arriver à un résultat favorable au rapprochement de ces deux entreprises ».

L’avis de Leblogauto.com

En 2021, les pénalités financières des constructeurs seront calculées en multipliant 95 euros par gramme de dépassement de la limite de 95 g de CO2/km (en moyenne) par le nombre de véhicules vendus sur l’année 2020. Pour la première année de l’entrée en vigueur de la mesure, la réglementation permettra de retirer du total 5 % des rejets les plus importants de CO2 émis pendant cette période.

Or, si PSA et FCA fusionnent …. la moyenne prise en compte sera-t-elle celles des deux constructeurs réunis ? les négociations entre les deux grands groupes en vue de prévoir les conditions de leur union doivent notamment en tenir compte …

Sources : AFP, Est Républicain, Agefi-Dow Jones, El Mundo

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25 Commentaires sur "Objectifs CO2 : dossier épineux de la fusion FCA / PSA ?"

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xavier
Invité

J’ai du mal à imaginer que cette fusion soit une réussite. Bien sur j’ai conscience de ne pas être très bien placé pour en juger.
Je suis juste un automobiliste.

Alphasyrius
Invité

J’ai le meme sentiment. Mais je suis loin d’etre un financier…

Invité

Comme d’hab, je pense que FCA a bien manœuvré pour très bien s’en tirer et que le perdant va être PSA. Et là, c’est sûr qu’avec cette nouvelle façon de calculer le fric que L’État va nous ponctionner le justifiant par l’écologie, PSA aura du mal à court terme

Invité

En France on ne voit que les problèmes et jamais les opportunités…. Pas étonnant que ce soit un pays de tristes.

AXSPORT
Invité

« Or, si PSA et FCA fusionnent …. la moyenne prise en compte sera-t-elle celles des deux constructeurs réunis ? »

J’imagine qu’ils se sont posés la question en amont…………

Thomas
Invité

Dès la fusion signée et actée il va falloir que Tavares se grouille de transférer les Fiat/Alfa sur les plateformes EMP2 et CMP(en conservant éventuellement la Giorgio avec les plus gros moteurs si c’est souhaité) 😮

SGL
Invité

Je pense que FCA + PSA vont devoir, comme le groupe VW dépenser 40 % de leur R&D pour la VE & PHEV en général.
PSA a déjà amorcé le travail, mais beaucoup restent à faire pour l’ensemble des gammes jusqu’à Maserati.

AVENUE
Invité

Voila comment l’UE va réussir a tuer l’automobile.
C’est un comble !!!
A force de croire les oiseaux de mauvaise augure.

« Les constructeurs vus comme des gangsters »

Y a quand même quelque chose qui cloche comment FIAT producteur de Panda et 500 peut il être taxé ?

exemple: FIAT 500 Génération I Phase 2 1.3 Multijet 16v 95ch DPF S&S Popstar 89g
89 g/km

FIAT Panda Génération III Phase 1 NG 0.9 8v TwinAir 85ch S&S Easy Dualogic
95 g/km

Franchement quelque chose est à revoir de fond en comble dans les norme édictées par les écolos kmers verts

Dona
Invité

Mercedes GLE 350de, SUV de plus de 2 tonnes à moteur diesel de 194ch, seulement 24g de CO2/km parce que c’est une voiture hybride rechargeable. Ce véhicule sera utilisé quasi exclusivement en diesel, l’autonomie en électrique est en effet de 60 km et de 1000 km en diesel. La batterie sera à moitié vide avant même l’arrivée du conducteur, car elle aura servi à réchauffer l’habitacle en son absence. Voilà les aberrations écologiques produites par les normes européennes.

AVENUE
Invité

@ Dona il est temps de dénoncer la démagogie et l’amateurisme de nos dirigeants.
A ce rythme il est clair que l’industrie automobile va disparaitre de nos contrées très rapidement avec son lot de chômage et de misère.
Ne laissons pas faire ce massacre.

Greg
Invité

Parce que 1) les objectifs sont ajustés en fonction de la masse pour que chacun ait à faire des efforts. Et que cela ne génère pas une distortion de concurrence en faveur des constructeurs français et italiens justement.
2) tes chiffres sont en NEDC…. tout sauf realiste. Surtout pour le twinair qui a une surconsommation de plus de 50% dans le monde reel.

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