Accueil Rallye Rallye : Milano Racing, un team qui monte

Rallye : Milano Racing, un team qui monte

903
0
PARTAGER
Dubert milano racing abarth 124GT

Nous sommes passionnés de compétition automobile et plus habitués à fréquenter les abords des épreuves spéciales de rallye que les cocktails, pourtant ce fut à l’occasion du lancement du rallye Cœur de France et plus particulièrement lors de la présentation de l’Abarth 124 GT N°16, que nous avons eu l’occasion de faire le point sur les activités du team Milano Racing, avec Patrick Canavese, son patron.

Le Milano Racing, c’est quoi ? C’est qui ?

Pour tout dire, la rencontre était initiée par Vincent Dubert et Alexandre Coria, dont nous suivons régulièrement ici la progression. En effet, par parenthèse à leur programme sur terre avec la Fiat 500 X R4, le Milano Racing ayant décidé de leur confier « pour le plaisir », l’Abarth 124 GT, il était convenu que nous nous retrouvions à Blois à la concession Fiat de Stéphane Laurier.

En fait, très rapidement après que la bâche ait été levée par les deux heureux bénéficiaires de cet engagement à cette belle épreuve du championnat de France asphalte, un petit cercle de passionnés se formait autour de Serge Laurier le taulier, qui a attendu ses 45 ans pour tâter du rallye.

On se retrouvait donc à échanger tout aussi bien avec Christophe Useo, responsable des activités rallye chez Abarth France, que Patrick Magaud ex pilote Citroën et actuel ouvreur officiel Hyundai en championnat du monde et également ouvreur de la paire Dubert-Coria ici au Cœur de France. Jacques Dubert père du jeune, ancien champion de France des rallyes sur terre et pilote éclectique redoutable sur les 104 ZS les 106 ou encore 205 GTi n’était pas loin, sans oublier bien sûr, Patrick Canavese disponible pour parler de cette 124, qui faisait l’admiration et suscitait commentaires et questions de la part des quelques 200 invités ravis de pouvoir vivre une soirée de grand style.

En fait chez les Canavese (le fils Ugo était présent), même s’ils vous transportent au pays des cigales avec leur accent marseillais, ils vibrent essentiellement pour les autos italiennes et plus spécialement celles du groupe Fiat.

Si notre toute première rencontre avec le team Milano Racing eut lieu autour de véhicules historiques comme la Lancia Stratos ou la Delta 037 évoluant sur le circuit de glace de Serre Chevalier, il faut bien savoir que cette mise à disposition de ce type d’autos est toujours possible avec l’assistance qui va avec. Pour autant, depuis 2017 un nouveau volet d’activités liées aux rallyes a été ouvert. Ainsi, l’Abarth 124 GT a commencé à être exploitée par l’équipe basée à Plan de Cuques, sur les hauteurs de Marseille.

Après que François Delecour ait roulé au Monte Carlo et en Corse, Nicolas Ciamin enchaîna aux Cévennes et au Var. Devenu distributeur Abarth Racing France, le team des Canavese exploita alors trois autos. En 2018, on retrouvait une Abarth 124 Milano Racing en championnat de France GT avec Ciamin et une autre en coupe du monde FIA RGT, avec Raphaël Astier. Cette bonne saison d’exploitation, où des temps exceptionnels furent enregistrés tant en France qu’à la barbe des italiens, se poursuit donc de manière plus ponctuelle en 2019, sans doute en raison de la montée en puissance du programme R4, dont nous parlons par ailleurs.

Quoiqu’il en soit, lors du Charbo’ 2019 Ciamin a réalisé un temps scratch dans la spéciale entre Marchampt et St-Cyr-le-Chatoux (17.3 km), engrangeant une 5e place au classement général final, qui laisse augurer de belles choses également avec Vincent Dubert-Alexandre Coria sur ce Cœur de France rallye du championnat de France, réputé comme étant une épreuve rapide et sélective.

Disposant donc de cette GT l’équipage va redécouvrir une deux roues motrices dotée de quelques 300 chevaux pour un poids de seulement 1050 kilos. Avec le différentiel auto bloquant Sadev et la transmission séquentielle à 6 rapports, la bête peut s’avérer redoutablement efficace, pour autant que la réadaptation à l’asphalte après la terre en 4 roues motrices puisse s’opérer très rapidement et alors que la confrontation sera vive avec Cosson et sa Porsche 911 GT3, un habitué de l’épreuve.

Un rallye bien court

En fait, cette confrontation fut de très courte durée. Face à un Cosson jouant presque dans son jardin, Dubert n’ayant pas beaucoup roulé en essais s’efforça de trouver ses marques et avouait : « On n’a pas pris de risque. On découvre la voiture. J’étais assez tendu. Dans le rapide, j’ai une marge de progression. »

L’addition était assez salée (34 secondes) mais n’ayant pas pu raisonnablement chauffer ses pneus Vincent n’était pas totalement en confiance et en fait, se retrouvait un peu en décalage avec ses terrains de jeux habituels, à savoir la terre et les pistes caillouteuses.

Ni Ugo Canavese, venu prendre des nouvelles au point stop, ni papa Dubert, ni papa Coria qui l’accompagnaient ne se faisaient de souci, pour que le rythme revienne et qu’une véritable osmose s’établisse entre pilote et voiture. Nous repartions donc, nous aussi sereins, en bordure de la spéciale N°2 longue de 29 kilomètres, en se disant tous que nous allions assister à une lutte plus équilibrée et très intéressante avec la Porsche de Cosson.

Hélas, alors que nous étions fin prêts pour décompter les écarts, un SMS laconique émanant d’Alexandre Coria, indiquait que l’auto était en panne après 9 kilomètres parcourus. Ensuite, une conversation téléphonique précisait que le moteur donnait l’impression de s’étouffer alors que tous les contrôles ou alertes n’indiquaient pas d’anomalie.

L’assistance Milano Racing dépêcha Ugo Canavese pour ramener à la ficelle la belle Abarth au parc d’assistance. Durant cette attente, Patrick Canavese le boss nous faisait part de sa frustration.

« Avec les autos d’aujourd’hui on peut être planté pour un capteur à deux balles mais pour le diagnostic il faut pouvoir connecter un ordi. Je suis persuadé que nous avons une merde électronique et rien de mécanique. »

Il fallait voir une grande partie du team réunie autour de l’Abarth hors-jeu, avec des mines déconfites.

Tout fut investigué avec méthode et rigueur. Pendant ce temps-là, Vincent et Alexandre frustrés certes mais espérant pouvoir rouler la seconde journée, reprenaient des forces en échangeant leurs impressions quant à cette auto, à laquelle on sentait bien qu’ils étaient déjà attachés, en raison des performances qu’elle leur avait déjà laissé entrevoir.

Dans un premier temps les mécaniciens croyaient avoir trouvé la panne à cause d’un problème de connexion de batterie. Les investigations poussées plus avant révélaient que c’était bien un capteur de pression atmosphérique, qui était à l’origine de l’abandon. Rageant !

Toute l’équipe entendait démontrer le lendemain que le team Milano Racing dispose avec la 124 Abarth d’un excellent outil.

Pour ce départ en Rallye2, la motivation des pilotes comme des mécaniciens se trouvait décuplée. Tous se posaient la question de savoir si Cosson -ayant abandonné dans l’épreuve spéciale N°6 à cause de la courroie d’accessoire coupée par une pierre, mettant la batterie à plat- repartirait le dimanche. En effet, chez Milano Racing tous espéraient une vraie confrontation, maintenant que Vincent se sentait un peu mieux à même d’exploiter plus efficacement l’Abarth.

Là encore les choses ne se présentèrent pas de la meilleure façon. En premier lieu, Cosson ne repartant pas la référence chronométrique dans la catégorie n’existant plus, l’équipage se contenta de gérer la grande difficulté d’avoir effectué des reconnaissances sur le sec et d’être confrontés à une pluie intense, avec en plus, le désavantage de passer derrière les premiers de la classe, qui n’épargnaient pas les cordes d’un parcours devenu quasiment dantesque.

Avec la tête bien solide, heureux que le choix de l’équipe se soit porté d’emblée sur les pneus pluie alors que celle-ci ne tombait pas encore, les deux amis ont cherché à assurer, tout en apprenant au mieux à découvrir cette auto performante, certes mais un peu délicate à exploiter. Il faut bien dire que les prétendants à la victoire comme Rossel, Bonato, Gilbert soulignaient de manière unanime les conditions extrêmement difficiles, chacun avouant juste s’efforcer de ne point faire d’erreur fatale. Dubert de son côté « s’appliquait à conduire, faute de pouvoir vraiment piloter. »

Qu’importe, allez savoir si cette première « escapade » asphalte n’en appellera pas d’autres pour Vincent et Alexandre !

Quoiqu’il en soit, chez Milano Racing en tout cas on croit fortement en l’Abarth 124 GT. Sans aucun doute, en raison d’une approche très rationnelle et une organisation opérationnelle réactive, on reparlera de ce team, qui ne devrait pas tarder à rivaliser avec les structures bien établies comme CHL Sport, Sébastien Loeb Racing, Team FJ, JSA ou Sarrazin.

En tout cas Vincent Dubert et Alexandre Coria même s’ils n’ont pas roulé beaucoup et qui plus est dans des conditions dantesques ce dimanche, retirent « des conclusions positives en termes de sensations de cette expérience.»

Vincent précise sa pensée en ces termes : « Avec la pluie copieuse, et beaucoup de puissance il fallait que la voiture rentre à tout prix. Après pour continuer plus avant, il faudrait encore beaucoup travailler avant de regarder les temps. Nous avons été intégrés à l’opération des 70 ans d’Abarth et avons connu un accueil incroyable. Quant au team, avec Alex nous nous y sentons bien. Enfin, avec ce retour sur asphalte nous avons eu le plaisir de retrouver nos ouvreurs Patrick et Pascale Magaud. Nous aurions bien aimé pouvoir rouler un plus sans ce sacré capteur…. »

Incertitudes sur le R4 ?

Nous avons échangé avec la ‘maison Canavese’ à propos de la Fiat 500 X R4 que le team exploite avec bonheur, puisque Dubert-Coria occupent la quatrième place du championnat de France sur terre.Milano Racing a travaillé en collaboration avec ORECA, où Clément Canavese ingénieur ISAT y a effectué son stage pour l’étude de l’implantation du kit R4 sur les Fiat 500 X.

On imagine bien que le Milano Racing suit de près la question de la progression de cette catégorie offrant un excellent rapport qualité prix. Or, il semblerait que la Fédération française s’apprête à ne pas accepter la catégorie R4 en championnat de France des rallyes. Pourtant, pourvue d’une homologation FIA, cette catégorie R4 devrait être autorisée dans tous les pays, faute de quoi on pourrait parler de discrimination.

Imagine-t-on voir une R4 FIA rouler au Monte Carlo et se voir refuser le départ du Lyon Charbonnières ? Il faut raison garder. Nous attendons que la FFSA se montre légaliste sur cette question et scruterons les règlements à paraître pour 2020.

Alain Monnot texte et photos

Classement général final du Cœur de France 2019

1BONATO Yoann – BOULLOUD Benjamin
Citroën C3
R501:53:17:9
2ROSSEL Yohan – FULCRAND Benoît
Citroën C3
R501:53:27:5
+0:09:6
3GILBERT Quentin – GUIEU Christopher
Skoda Fabia
R501:53:42:0
+0:24:1
4WAGNER William – MILLET Kévin
Volkswagen Polo GTI
R501:53:46:7
+0:28:8
5ROCHE Pierre – ROCHE Martine
Skoda Fabia
R501:56:49:9
+3:32:0

Poster un Commentaire

Soyez le premier à commenter !

Notification de
avatar
wpDiscuz