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Volkswagen – dieselgate : le gendarme boursier US attaque

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Volkswagen poursuivi aux Etats-Unis dans le cadre du dieselgate. Pour un peu, en lisant un peu trop vite, et en l’absence de précisons, on croirait presque qu’il s’agit d’une redite … que nenni ! Si le constructeur allemand a déjà dû passer par les fourches caudines des institutions américaines, désormais ce n’est plus la justice US qui met son nez dans l’affaire, mais la SEC, le gendarme boursier américain.

 

La SEC poursuit Volkswagen

L’autorité des marchés financiers américain, la SEC vient ainsi d’annoncer poursuivre le groupe Volkswagen et son ancien président du directoire, Martin Winterkorn, dans le cadre du dieselgate.

Les griefs mis en avant : le gendarme boursier US accuse le constructeur d’avoir commis une « fraude massive », portant atteinte aux intérêts d’investisseurs américains.

Dans une plainte au civil déposée à San Francisco cette semaine, la SEC indique ainsi qu’entre avril 2014 et mai 2015, Volkswagen a émis plus de 13 milliards de dollars d’obligations et de titres adossés à des actifs sur les marchés américains. Et ce, alors même que les dirigeants de VW étaient loin d’ignorer que plus de 500.000 véhicules diesel vendus aux Etats-Unis  dépassaient largement les seuils d’émissions de pollution autorisés, laissant craindre l’émergence d’un scandale aux coûteux impacts financiers.

De quoi fausser la valeur de ces émissions, ou plus exactement les doter d’une valeur qu’ils savaient parfaitement ne pas refléter le contexte financier et commercial du groupe.

Des émissions de titre faussées

Car si Volkswagen a falsifié la valeur des émission – polluantes – de ces moteurs diesel, il aura également falsifié la valeur intrinsèque des émissions de titres.
La SEC affirme ainsi que Volkswagen « a récolté des centaines de millions de dollars en émettant des titres à des taux plus intéressants pour le groupe ». Des taux qui auraient été fortement modifiés si les malversations de VW avaient d’ores et déjà été affichées au grand jour.

Or, si ces  falsifications étaient certes encore ignorées du grand public à l’époque, les dirigeants du constructeur en avaient connaissance. Lesquels se seraient alors empressés de réaliser de telles transactions avant que le scandale n’éclate ? Il n’est pas interdit de le penser ….

Les investisseurs induits en erreur

La SEC ajoute ainsi que le constructeur a “menti à plusieurs reprises et induit en erreur les investisseurs, les consommateurs et les autorités américaines de régulation dans le cadre d’une manoeuvre illégale pour vendre ses voitures prétendument ‘propres’ et des milliards de dollars d’obligations de sociétés et d’autres titres aux Etats-Unis. »

« Comme nous le soutenons, Volkswagen a dissimulé pendant une décennie ses émissions (polluantes) tout en vendant des milliards de dollars d’obligations aux investisseurs à des prix gonflés », affirme ainsi la SEC dans sa plainte. Laquelle rappelle que pour lever des fonds sur les marchés américains, les émetteurs “doivent fournir aux investisseurs une information complète et précise ». Ce qui, selon le gendarme boursier US, est loin d’être le cas.

Des gains mal acquis

La plainte vise également à recouvrer les « gains mal acquis » et obtenir des sanctions et des dédommagements au civil. De quoi rallonger la facture du dieselgate pour VW …

La SEC entend ainsi récupérer les gains indus assortis des intérêts et de pénalités.

La SEC veut limiter l’exercice de Winterkorn

Mais la SEC ne s’arrête pas là …. et se montre encore plus insistante. Le gendarme boursier US plaide également en faveur d’une restriction des fonctions exerçables par Martin Winterkorn, l’ancien patron du groupe VW. Il souhaite ainsi que ce dernier ne puisse exercer une fonction de dirigeant dans une entreprise américaine cotée.

Rappelons que Martin Winterkorn a démissionné quelques jours après que le scandale n’éclate au grand jour en septembre 2015. Il a été inculpé par la justice américaine en 2018, accusé de conspiration pour dissimulation.

Une plainte incorrecte selon VW

Volkswagen a promptement réagi dans un communiqué. Affirmant que la plainte était « juridiquement et factuellement incorrecte.

« La SEC a déposé une plainte sans précédent concernant des titres vendus uniquement à des investisseurs avertis n’ayant subi aucun préjudice et ayant reçu l’intégralité de leurs paiements d’intérêts et de capital en temps et en heure », estime ainsi VW. Ajoutant qu’il allait s’y opposer avec vigueur.

Volkswagen estime par ailleurs que le gendarme boursier américain n’accuse aucune personne chargée de l’émission d’obligations d’avoir alors su que les émissions polluantes dépassaient les seuils autorisés par les Etats-Unis, mais « répète seulement des allégations à l’encontre de l’ancien Pdg de Volkswagen qui n’a joué aucun rôle » dans cette affaire.

L’avis de Leblogauto.com

Alors que Donald Trump tente de freiner l’expansion des constructeurs allemands aux Etats-Unis via la mise en place de taxes douanières additionnelles, ce nouveau chapitre du dossier lié au scandale du dieselgate pourrait nuire au constructeur, tant au niveau de son image qu’au point de vue financier. Une aubaine pour la Maison Blanche ? Le président américain tentant d’attaquer sur tous les fronts pour s’attirer à lui les électeurs  dans un contexte de fort nationalisme ?

L’affaire a jusqu’à présent coûté à VW plus de 28 milliards d’euros en rappels de véhicules et procédures judiciaires au géant de l’automobile. Une somme dont les Etats-Unis ont été les principaux « bénéficiaires ».

Volkswagen a ainsi remboursé près d’un demi-million de clients, tout en leur versant parallèlement jusqu’à 10.000 dollars de dommages et intérêts. De quoi plomber les capacités d’investissements du groupe, confronté aux révolutions technologiques induites par les véhicules électriques ou autonomes.

Sources: Reuters, AFP, Les Echos, VW

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26 Commentaires sur "Volkswagen – dieselgate : le gendarme boursier US attaque"

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Bouteflika E
Invité

Étant donné que le ÇA a augmenté de 3% en 2018 et le bénéfice net de 6% , … difficile de prétendre que cette extorsion de la SEC pourrait plomber les futures investissements ? Nan ?

Invité

Moui… enfin, le CA, ca n’indique rien de substentiel. On peut avoir un CA en hausse et voir ses benefices degringoler (voire ne pas en faire).
Le benefice qui augmente, peut etre, mais ca reste un benef sous les 4%. Ce qui est serieusement bas. Trop bas pour couvrir d’or les investisseurs.

SAM
Invité

Oui mais le même organisme va-t-il faire de même avec Boeing?
Car s’il est avéré que le Dreamliner et le 737 Max avaient des « vices » de fabrication… La SEC devrait mécaniquement poursuivre aussi le groupe aéronautique sur les mêmes griefs que VW …
La justice américaine est partisane et nous pauvres européens suivons toujours à la lettre ses conclusions comme si la justice américaine était universelle … Pauvres suiveurs!

zafira500
Invité

« Oui mais le même organisme va-t-il faire de même avec Boeing? »
La réponse on la connait déjà. 😉

Francois
Invité

Totalement d’accord, par exemple, Tesla est attaqué pour la seconde fois par la SEC en quelques mois pour des tweets et c’est dégueulasse parce que Tesla, c’est des gentils Bisounours, pas des méchants capitalistes améric…Oh, wait!

zafira500
Invité

Tesla, boîte américaine fondée par… un sud-africain.😉

Guallaume
Invité

C’est le mal absolu Tesla, ses moteurs ne consomment même pas du bon pétrole américains, scandaleux……

Francois
Invité

Musk a fondé Tesla ? Vraiment ?

Thibaut Emme
Admin

Pauvres Tarpenning et Eberhard oubliés de l’histoire 🙂

pat d pau
Invité

et dans l’histoire, vous avez oublié Ian Wright pour le lien avec lotus et J.B. Straubel pour la batterie..
Dommage que Tarpenning et Eberhard est fait appel a Musk pour investir dans Tesla.. ils auraient pu rester inconnu a jamais.

pat d pau
Invité

Y’en a meme qui disent que Alstom a crée le TGV.. ahahahah alors que c’etait les ingés de la SNCF…

maybeline
Invité

Sans doute que Boeing n’ a rien caché alors que VW se voit rejoint par ce fâcheux précédent « plainte vise également à recouvrer les « gains mal acquis » et obtenir des sanctions et des dédommagements au civil. »
Dommage.

Guallaume
Invité

Rien caché ?!?!, d’après ce que j’ai vu aujourd’hui, ils auraient déjà un correctif, pondu en 8 jours ???? Ils sont trop fort!!!
Ils doivent travailler dessus depuis plusieurs mois, lorsque des pilotes américains ont commencé à ce plaindre des réactions incohérentes du dispositif anti décrochage, et encore plus depuis le crash du 737 max de Lion Air.
Et pardessus le tout, la FAA aurait confié l’homologation de ce dispositif, aux ingénieurs de chez Boeing!!!

maybeline
Invité

On est donc pas semble t-il dans un schéma qui consiste à cacher quelque chose aux investisseurs.

greg
Invité

Si, on est tout à fait dans ce schéma.

The Stig
Invité

Les Retex sont publics, même si anonymes pour protéger le pilote. Ils sont consultables par tout à chacun sur le site de la FAA…

greg
Invité

Le Seattle Chronicle a annoncé samedi que Boeing avait volontairement caché des informations à la FAA afin d’accélérer la certification et avait classifié le système de correction électronique comme un danger secondaire, toujours dans la même optique, alors qu’il aurait dû être classifié comme danger principal.
Enfin, Boeing n’a pas informé les compagnies aériennes de l’existence de ce nouveau système, afin d’éviter à avoir à facturer des coûts de formation aux compagnies aériennes–>les pilotes n’ont pas pu réagir car tout simplement ils ne connaissaient pas le problème.
Ensuite pour Tesla, la peine a été minime eut égard au délit.

amiral_sub
Invité

mais c’est qu’on a sur ce blog des experts en sécurité aérienne !!

pat d pau
Invité

Nous fonctionnons de la meme maniere en France mais on le cache dans les couloirs du pouvoir.

Bizaro
Invité

Et ben avec Tweeter c’est plus rapide pour mettre au pas Musk… Pour Tesla et les déclaration de Musk c’était une histoire de semaines.

Fred21
Invité

Les amendes américaines, la nouvelle arme de pression économique (anti concurrentielle) et ceci va jusqu’à l’utilisation du $ dans une transaction entre 2 pays tiers dont un qui ne plait pas aux US. Alstom, BNP, SG, etc …
Google et Amazon rigolent …
https://lexpansion.lexpress.fr/actualite-economique/le-racket-geant-des-amendes-economiques-infligees-par-les-etats-unis_1848745.html

amiral_sub
Invité

enfin là on est dans un cas flagrant de tricherie, de dépassement de normes et de problème sanitaire

amiral_sub
Invité

excellente illustration. Ils auront tout osé!

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