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Jean-Pierre Beltoise, 1937-2015

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Jean-Pierre Beltoise est décédé ce matin au Sénégal suite à une double attaque cérébrale. Il avait 77 ans. C’est un des grands du sport auto français qui s’éteint.

« Bébel », selon le surnom qu’il partageait avec l’autre JPB, l’acteur, a été de toutes les aventures bleues. Natif de Boulogne Billancourt et résolument francilien, une origine qui transparaissait dans son accent de titi parisien, il a commencé par la moto, limant sans relâche l’autodrome de Monthléry. Après 11 titres de champion de France sur deux roues, il passait à l’automobile en 1963 dans une René Bonnet aux 24 heures du Mans. C’est dans cette même René Bonnet que le jeune pilote était victime d’un terrible accident aux 12 heure de Reims l’année suivante. Un moment cru mort dans l’incendie de l’épave, il était retrouvé peu après un peu plus loin, éjecté durant l’accident et victime de multiples fractures. Après avoir un moment envisagé l’amputation de son bras gauche, le chirurgien bloquait son coude dans une position qui lui permettrait de reconduire. Jean-Pierre Beltoise entamait une rééducation qui allait durer 10 mois mais décrochait au bout un volant en Formule 3 dans la toute jeune équipe Matra Sports. Il allait passer toute sa carrière avec ce bras diminué, sans jamais s’en plaindre.

Cette année 1965 allait être le déclic pour Beltoise qui obtenait le titre de champion de France de Formule 3. Il devenait un des piliers de Matra, pour qui il allait piloter en F2 et F1 jusqu’en 1972 et en Sport Prototypes jusqu’à la dernière saison de l’équipe en 1974. Animateur des Grand Prix au volant de la Matra, il obtenait la consécration en 1972 chez BRM, vainqueur du Grand Prix de Monaco sous une pluie battante, des conditions dans lesquelles le Français, un pilote tout en finesse, excellait. Il a également gagné deux courses de F1 hors championnat et obtenu de multiples podiums, mais une malchance persistante l’a privé d’une grande carrière en Grand Prix. De même en Sport Prototypes, il a gagné de nombreuses épreuves avec Matra mais n’a jamais tutoyé la victoire aux 24 heures du Mans.

Matra_Beltoise-1

Ayant arrêté la F1 à la suite de la disparition de l’équipe BRM, il faillit y revenir en 1976. Pressenti chez Ligier grâce au soutien de Gitanes, il était écarté au dernier moment par Guy Ligier qui lui préférait le jeune Jacques Lafitte, à la suite d’un test discutable. Beltoise décidait alors de se reconvertir au tourisme dans un championnat de France naissant dont il allait être une des têtes d’affiches durant la décennie suivante, d’abord avec BMW puis, toujours le coeur tatoué en bleu, avec Peugeot et la 505. En parallèle, l’éclectique pilote gagnait en 1979 le titre de champion de France de Rallycross au volant d’une Alpine A310, revenait même à la Matra Murena dans la même discipline en 1982  et participait à plusieurs reprises aux 24 heures du Mans avec Inaltéra et Rondeau.

En parallèle à sa carrière de pilote, Jean-Pierre Beltoise s’est beaucoup intéressé à la sécurité routière. Apôtre d’une approche raisonnable et raisonnée de la conduite, il a ouvert l’école « Conduire Juste » à Trappes, plaidant pour une formation très complète des conducteurs.

Le blog auto présente ses sincères condoléances à Jacqueline Beltoise son épouse et Julien et Anthony, ses deux fils qui perpétuent sur les circuits la dynastie Beltoise.

Crédit image : Dutch National Archives via Wikimedia Commons

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8 Commentaires sur "Jean-Pierre Beltoise, 1937-2015"

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Carlos Ghost
Invité

La première fois où j’ai entendu parler de Beltoise, c’était dans le courrier des lecteurs de moto-Revue.

Il était militaire en Algérie (mauvais souvenir, disait-il) et « incendiait » sans complexe la star du motocyclisme français de l’époque, Georges Monneret. Culotté, le gamin, et il l’est resté.

gigi4lm
Invité

Aie ! C’est ma jeunesse qui fout le camp là.

Jota
Invité

Un geant de plus qui nous quitte.

Invité

Etant Gamin j’étais un fan de Beltoise et j’ai eu la chance de le rencontrer a Pau dans les années 70,RIP monsieur.

Verth.
Invité

Une carrière entaché d’une ombre, malgré tout, avec la très grosse faute commise lors des 1000 kms de Buenos Aires 1971 qui coûtera la vie, dans des conditions atroces, au jeune pilote italien Ignacio Guinti et vaudra à Jean-Pierre Beltoise plusieurs mois de suspension.

Peut-être est-ce le sentiment de son irresponsabilité ce jour-là qui l’a amené plus tard à s’intéresser à la prévention routière ?

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