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Paris 2014 Live : MVS Venturi

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Le Mondial de l’automobile, c’est aussi les anciennes. Qu’il s’agisse de souligner le côté « maison fondée en… » ou donner un alibi à un modèle actuel, plusieurs constructeurs exposent d’anciennes productions. On commence avec cette MVS Venturi de 1986.

La voiture exposée est la première Venturi « de série » (et le 4e prototype.) Une histoire assez compliquée…

Au début des années 80, Claude Poiraud et Gérard Godfroy s’ennuient chez Heuliez. Dans les années 70, Godfroy a conçu un buggy sur base Cox. Il a été ensuite impliqué dans le design de la Peugeot 205. Il a de grandes ambitions. Poiraud est davantage un maquettiste. Ensemble, ils conçoivent une voiture de sport. Il s’agit d’un petit coupé à moteur central (en l’occurrence, celui de la VW Golf 1 GTI.) Après de longs, très longs mois de travail, une maquette à l’échelle 1 (non-roulante) voit le jour. Pour le look, les jantes sont des BBS « nids d’abeille » et les baquets, des Recaro. Les feux arrières proviennent d’une VW Santana et le pare-brise, de la Renault Fuego. La Ventury (avec un « y ») est exposée au salon de l’auto 1984.
Un visiteur l’apprécia tout particulièrement : Hervé Boulan. Cadre supérieur au CCF, Boulan transforma l’idée du duo en véritable entreprise. Il créa une société, MVS (Manufacture de Voiture de Sport) et rebaptisa la voiture, « Venturi » (avec un « i ».) Il s’occupa également de la levée des fonds.
Parmi les autres hommes qui crurent d’emblée au projet, il y eu Jean Rondeau. L’entreprise du vainqueur des 24 heures du Mans 1980 (comme pilote et comme constructeur) allait très mal. Il accueillit volontiers un nouveau projet. Philippe Beloou, directeur technique de Rondeau, fut chargé de l’industrialisation. Boulan exigeait un moteur plus gros (pour en faire une GT.) Ce fut donc le 4 cylindres 2,2l turbo-injection de la 505 éponyme. Avec une préparation Danielson, il développait 200ch (bien que curieusement, Venturi annonce aujourd’hui 180ch pour le prototype de 1986.) Faute de moyen, Beloou a pioché à droite et à gauche : suspensions de 205 GTI, essuie-glace de Mercedes 190, rétroviseurs de CX… En 1985, un premier prototype roulant est achevé, puis expédié chez Michelin pour essais. Il s’avérait inconduisible.
Un second prototype, avec de nouvelles suspensions (R25 + 205 GTI + éléments spécifiques), ainsi qu’une ligne remodelée, est produite. C’était une voiture définitive, peinte en rouge. Malheureusement, Rondeau fait faillite, puis il mourut dans un accident de voiture. Jean-Pierre Beltoise accepta de lui succéder comme metteur au point et il critiqua la brutalité du 4 cylindres turbo (auquel Boulan reprochait un manque de noblesse.) Van Cleef & Arpels organisait une présentation en grande pompe de son nouveau parfum sur le Trocadéro. Ventury s’invita à l’événement avec la rouge. On la retrouva peu après, aux 24 heures du Mans 1986, lors d’une parade en hommage à Rondeau. Le public était enthousiaste. Il faut se souvenir qu’à l’époque, Alpine s’était embourgeoisé et Matra avait arrêté les voitures de sport (condition sine qua none imposé par Renault pour la production de l’Espace.) Une voiture bleue, identique à la rouge, est construite.
La rouge et la bleue devaient être les premières « Venturi de série »… Mais à l’automne 1986, Boulan décida de monter un V6 PRV. Une troisième « première Venturi » était exposée au salon de Paris 1986. Cette voiture grise, à moteur V6 donc, préfigurait le Coupé 200ch de série. Que de chemin depuis la maquette, 2 ans plus tôt ! Elle allait bientôt être produit à Cholet, à un jet de pierre d’Heuliez. Mais tout ça, c’est une autre histoire…

Retour en 2014. La bleue exposée sur le stand Venturi est donc la doublure de la rouge. Elle reprenait le pare-brise de Fuego, l’essuie-glace de 190, les rétroviseurs de CX et les suspensions « hybrides ». Assemblée dans les ex-ateliers de Rondeau, elle fut peu utilisée. En effet, juste après, la Venturi passa au V6.

Crédit photo : Joest Jonathan Ouaknine/Le Blog Auto

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8 Commentaires sur "Paris 2014 Live : MVS Venturi"

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lulu94
Invité
promis j’irais la voir au salon , j’ai toujours trouver les venturi superbes. MES RÊVONS UN PEU: si j’avais les moyens financier conséquent, je rachète la marque, j’embauche un designer, par exemple vu dans l’émission 100% mag, un jeune designer (lemercier) qui rêve de crée une supercar, une bonne brochette d’ingénieur capable de concevoir, réaliser,nouer des partenariats (on manque pas de fournisseurs automobiles) d’industrialiser ,par exemple un coupé deux places à moteur centrale arriere, 300ch ou plus (pitié pas de 1.6 turbo de 208 ou de clio), en version sport ou haut de gamme, avec un beau design simple et… Lire la suite >>
John
Invité

C’est curieux de leur part de ressortir le Proto 4… Quand on sait ce que Mr Pastor à fait de la marque (et des protos 1, 2 et 3… ils n’ont même pas quitté le 44, directement à la casse).

Je ne comprends toujours pas la présence « assidue » de Venturi que ce soit à Top Marques ou au Mondial: personne n’a jamais « spoté » (à ma connaissance) une Fetish (or exemplaire personnel de Mr Pastor) ou une America sur la route

Jota
Invité

Pastor s’est égaré et a égaré cette marque. Il aurait du rester sur l’idée d’une Elise à la française (le 1er proto de Fetish avait un moteur de Clio RS) les clients anciens ou nouveaux n’étant pas pret a passer au tout électrique (surtout à 400000€ le jouet…) Quand on voit les Atlantique et 400GT de la grande époque, assemblées à la main (carbone, connolly etc du luxe quoi) il y avait matière a péréniser et développer une gamme cohérente. Tout était à inventer au niveau marketing/production mais ça pouvait marcher. A noter la même erreur faite avec Voxan.

gerfaut
Invité

passionné de la marque depuis le 4 juillet 1991, moi aussi j’étais jusqu’à vendredi déçu et désabusé de cette orientation visée par la marque. pour moi cela ne sert à rien de présenter des protos et de ne pas les industrialiser par la suite. en fait après une longue discution avec le responsable communication de Venturi je vois cela autrement maintenant. ils ne vendront pas ces autos, en revanche c’est toute la cynématique et la chaine de traction (breveté) qui intéressent certains clients… et pas des moindres !

lulu94
Invité

admirateur des atlantique et autres 400gt ,je n’aurai peut jamais la chance de rencontrer et de discuter avec le responsable communication de venturi ,
pourquoi pas si les solution technologique développé aujourd’hui peuvent intéressé clients ( et pas des moindres…….)
mais parfois un peu de folie, de persévérance dans la continuité des atlantiques et autres 400GT, certainement venturi exposerai un nouveau modele et pas ce proto n°4,

ahh, je me réveille de nouveau, mais content de voir qu’il y a d’autre rêveurs comme moi

Invité

Au final, ça sert à quoi? venturi a été tuée par un mégalo qui se prend pour un aventurier…
Une jolie marque qui a disparue…Et vue son goût en matière de design, même s’il produisait une vraie voiture aujourd’hui, ce serai probablement un bide.

Yves Rognard
Invité

Les venturi étaient de superbes autos. Seul inconvénient : le V6 PRV, sinistre et mal conçu…

zeboss
Invité

Le PRV n’est pas un sinistre moteur, sans doute un des plus fiables et des plus produits en V6 en Europe.. Bancal certes au début mais devenu au fil du temps un « moulin » jusque sur de petits hélicos !!!
Par contre en mal de développement il n’a jamais eu la vie facile et surtout pas de constructeurs auto qui le prennent en main pour le poser dans de nombreux modèles… A croire que PRV n’y croyait même pas..
Venturi, les coupés essences…auraient du avoir un vrai développement.. moi aussi j’aurais aimé en avoir un un jour !

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