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Ne les appelez plus Biocarburants mais Agrocarburants. La révolution…ou pas.

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Voilà une décision qui va révolutionner le monde et sauver notre industrie. En fait, pas vraiment…Les députés français ont voté une loi sur l’appellation des « biocarburants ». Ces derniers s’appelleront désormais « agrocarburants » mais resteront tout aussi nocifs pour l’environnement.

Les biocarburants de première génération ont été désignés à leur apparition comme une petite révolution qui allait réduire notre dépendance au pétrole tout en étant meilleurs pour la planète. En mélangeant une part plus ou moins importante d’éthanol issu de l’agriculture à l’essence, on diminue de fait sa consommation de pétrole. Oui mais voilà, l’homme est ainsi fait qu’il pervertit toute bonne idée théorique, la rendant nocive dans sa réalité pratique.

En pratique, les agrocarburants (puisqu’il faut désormais les appeler comme cela) sont très souvent issus de cultures usant des pesticides et des engrais. « On met fin ainsi à une confusion qui laissait entendre que la production de ces carburants issus de l’agriculture se fait de manière naturelle. Or de grandes quantités d’engrais sont utilisées pour les produire, et des conflits d’utilisation des sols peuvent se poser avec les productions alimentaires » déclare Philippe Plisson, député de Gironde et rapporteur de la loi adoptée.

On pourra citer d’autres cas aberrants comme au Brésil où d’immenses surfaces de forêt équatoriale sont défrichées pour y planter de la canne à sucre, véritable or blanc du pays qui le transforme en éthanol. C’est un premier pas, mais il est insuffisant et Delphine Batho, Ministre de l’écologie ne s’y trompe pas : « Ce n’est pas en changeant un mot que l’on règlera la question que soulève, légitimement, le rapporteur avec cet amendement, celle des problèmes que posent les biocarburants de première génération ».

Alors qu’attendent les politiques pour imposer que les agrocarburants ne soient issus que de surfaces cultivées de manière « bio » et surtout de surfaces qui ne serviraient pas à l’alimentation humaine sans cela ? Ou bien encore de promouvoir les agrocarburants de 2ème génération qui, s’ils ne sont pas la panacée universelle, n’utilisent au moins que les résidus de culture (paille de riz au Japon par exemple qui tente aussi de réutiliser les…baguettes) ? Mais bon, nous sommes sauvés, nous avons changé le nom officiel de ces carburants issus de l’agriculture vivrière…

Source : Le Monde, Ministère, Photo : Wikimédia (récolte mécanisée de la canne à sucre)

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27 Commentaires sur "Ne les appelez plus Biocarburants mais Agrocarburants. La révolution…ou pas."

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Jean
Invité

On peut faire du sarcasme mais cette précision est utile : les « biocarburants » ne sont pas bio et surtout constitue un système absurde : les rendements sont faibles et l’utilisation des terres (défrichage, pesticides) aboutit à un véritable désastre écologique. C’est une grosse arnaque.
Rien que pour ça, je n’achète pas de SP95 avec du E10 pour ne pas soutenir cette filière.

John
Invité
J’abonde sur la conclusion de cette brève : à quand une filière (donc des emplois soit dit en passant) sur les Biocarburant de génération 2 et 3? des études très sérieuses ont montrés que la conversion de la biomasse disponible (donc on est bien sur les générations 2 et 3) permettrait de couvrir 75% des besoins en carburant pour le secteur « transport ». Quant à aller faire pousser des Algues (4ème génération) à haut rendement (30 fois le colza au bas mot) dans de l’eau salée dont les pompes de brassages tournent avec des panneaux solaires, tout cela en plein désert…… Lire la suite >>
wizz
Membre
Cet exemple de culture d’algue, à commencer par celle en Espagne surement, à Alicante, c’est assez trompeur. Parce que: -cette installation est accolée à une cimenterie, qui produit énormement de CO2, et qui doit payer une taxe carbone. -sur le marché juteux des émissions de carbone, les pays qui émettent moins que leur quotas vendent leur droit à émettre à ceux qui en émettent trop -idem, des entreprises qui émettent moins, ou encore mieux qui séquestrent le CO2 vendent donc des quotas à ceux qui émettent trop Et donc financièrement, cette unité d’algue doit son salut financier grace à la… Lire la suite >>
John
Invité
Wizz, tes commentaires sont souvent riches en données diverses je le reconnais, cependant tes conclusions sont systématiquement conservatrices, à savoir « c’est bien comme ça, ça fait marcher le système », voir un tantinet « fatalistes ». Le Brassage ne pose à priori aucun problème, puisque pour alimenter une pompe électrique on a pas besoin de grand chose, l’utilisation quasi directe de l’énergie électrique en question permet même de se passer quasiment d’un système de stockage de la dite électricité. On pourrait encore disserter sur chacun des autres points : ce ne sont pas des problèmes non plus, mais des opportunités. (Un parc industriel… Lire la suite >>
wizz
Membre
Ce n’est pas le brassage de l’eau qui est important comme je l’ai souligné. C’est le brassage de l’air, pour que le CO2 puisse être dissoud dans l’eau, pour que les algues puissent en absorber C’est le meme principe dans un aquarium, qu’il faut buller pour apporter de l’oxygène dans l’eau pour que es poissons puissent respirer Or, avec une cheminée industrielle, c’est du « pur CO2 » Dans l’air, le CO2 n’est qu’infime (sinon on serait mort). Avec l’air de l’atmosphère, il faudrait buller beaucoup, beaucoup, beaucoup plus qu’avec une cheminée qui fournit du « pur CO2 » Donc à côté de cette… Lire la suite >>
xav
Invité

C’est sur que l’Europe devrait se saigner a blanc et investir a grand flot dans la 4eme génération, notre salut énergétique est probablement dans cette direction.
Sinon n’oublions pas quand même que ces agrocarburants ont l’Intérêt de réduire un peu notre balance commerciale déficitaire tout en nous donnant une petite part d’autonomie énergétique, mais c’est sur: à un coût environnemental important.

Nicolas
Invité

@xav

Oui, et c’est simplement à proscrire.
J’espère qu’on s’offusquer à un jour autant des désordres qu’on cause à la planète que sur le travail des enfants.

Mais on en est loin

lepetit
Invité

ya pas que la question environnemental a regarder, mais aussi le fait que les agrocarburants participent a l’inflation du prix de l’alimentation sinon il existe également le biogaz ….

xav
Invité
Ouai enfin c’est assez étonnant de développer un modèle ou le biogaz est transformé en électricité alors qu’on en aurait besoin dans le transport et en créer parallèlement des transports électriques qui ne répondent pas réellement à 80% des besoins futurs (besoins utilitaires entre autres) On auras pour bien des décennies encore besoin du transport thermique, donc autant profiter de ce biogaz local pour alimenter des véhicules locaux (y’a pas besoin de parler de transport de carburant si on reste en local), et laissez la production électrique au énergies renouvelable. Le mix énergétique futur impose d’utiliser chaque énergie là ou… Lire la suite >>
xav
Invité
Je pense que l’avenir a court terme est de privilégier la filière courte: agriculteur= fournisseur direct de biogaz local et en parallèle de développer les véhicules utilitaires hybrides (système Prius= rendement moteur optimal) au GNV: des break ou petites camionnettes en autre. Tout ceci ne fait appel qu’à des technologies connues qui n’ont plus qu’a être misent bout à bout. Et ceci pourrait remplir deux créneaux qui ne sont pas développé dans les transports du futurs: les petits transports de marchandises auquel l’électricité ne répondra jamais, et les véhicules à mécanique sportive ou pareillement: l’électricité n’est pas la bienvenue. Mon… Lire la suite >>
wizz
Membre
La fermentation ne produit pas du méthane pur C’est un mélange à composition variable, très variable, contenant du méthane, du CO2, de l’hydrogène sulfuré, de l’amoniaque….. Donc: -pour un usage automobile, il faut le purifier, sans quoi le système catalytique risque de ne pas aimer -ensuite, la composition en CO2 est proche de 50%, c’est à dire moitié méthane, moitié CO2 Comprimer un gaz, ça coute beaucoup d’énergie Et si c’est pour comprimer du CO2, qui ne fournit aucune énergie dans le moteur, alors c’est encore plus pénalisant. Sans compter que c’est du poids inutile. Supposons que la fermentation produit… Lire la suite >>
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