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Brève rencontre: Guy « J »

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Comme souvent, ce Brève rencontre commence par une question-piège: savez-vous quelle est la première Jaguar à moteur diesel? Certain vont peut-être répondre: « Oui, le concept-car R-D6 du salon de Francfort 2003. Il annonçait le moteur de la X-Type, en 2004. » Faux! La première Jaguar diesel, c’était le Guy J, en 1961. Et ce n’était pas une histoire d’actionnaire commun. Jaguar avait une vraie volonté de devenir constructeur de camions. Slogan: « Le camion de Jaguar. »

Sydney Guy est responsable production chez Sunbeam. Il fonde Guy en 1913. La guerre lui permet de faire fortune. Dans les années 20, Guy tente de produire des voitures. Il s’offre même le petit constructeur Star. C’est un flop. Heureusement pour guy, la deuxième guerre mondiale lui permet de se refaire une santé.

Dans les années 50, Guy se spécialise dans les poids-lourds et les bus. Il rachète Sunbeam-Karrier et devient l’un des principaux acteurs Européens. Mais les Guy manque de rationalisation de production (les pièces communes d’un modèle à l’autre sont rares) et ils ont du retard sur la concurrence. Le départ à la retraite de Sydney Guy (1953) n’arrange rien. Néanmoins, le marché est en plein boum et Jaguar est persuadé que Guy est une pépite.

Jaguar s’offre donc Guy (ainsi que Daimler) en 1960 et se transforme en petit groupe. Le « big cat » fait d’emblée le ménage dans la gamme. Plus tard, en 1964, l’Invincible II est restylé, il reçoit un V6 Cummins et devient « Big J6t » (« J » comme Jaguar, « 6 » comme 6 cylindres.) D’autres moteurs furent ensuite proposés et il y eu ainsi un « Big J4t » (désignant les Guy 4 cylindres.)

Hélas pour Guy, en 1966, Jaguar se fond dans British Motor Corporation, qui est renommé British Motor Holding. En 1968, BMH fusionne avec British Leyland pour former British Leyland Motor Corporation. Parmi la dizaine de marques du groupe, il y a d’autres constructeurs de poids-lourds (Leyland, Scammel…) BLMH est aussi perdu avec les camions qu’avec les voitures: où trouver des synergies?

En 1969, Guy produit des Scammel Crusader. En 1972, les « Big J » reçoivent un badge Leyland. Les clients n’attendent pas que Leyland s’organise: DAF et Scania proposent des camions plus modernes et les ventes de Leyland s’effondrent. Le groupe taille à la hache dans les sites et l’usine Guy de Wolverhampton (bien que bénéficiaire) est sacrifiée début 1982. Le bus Victory, dernier survivant, est produit jusqu’en 1986 à Farington.

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