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F1: 500 Grand Prix pour Lotus Racing

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A Valence, Lotus Racing fêtait le 500e Grand Prix de Lotus. De quoi nous donner l’occasion d’une mini-rétrospective sur les « 00 » de Lotus.

Evidemment, qui dit célébration, dit controverse. Sans cela, ça serait trop facile, non?

En théorie, pour arriver à 500 Grand Prix, il suffirait d’additionner ceux effectués par le Team Lotus (1958-1994) et ceux de Lotus Racing (depuis 2010.)

Or, le Team Lotus a participé à 489 Grand Prix et Valence était le 9e Grand Prix de la saison 2010. Il manquerait donc 2 Grand Prix:
– Au Grand Prix de Monaco 1965, l’équipe officielle est à Indianapolis (où Jim Clark s’imposera.) En revanche, Reg Parnell a engagé deux voitures privées pour Richard Attwood et Mike Haywood.
– Au Grand Prix d’Italie 1970, suite à la mort aux essais de Jochen Rindt, l’équipe déclare forfait.
– Au Grand Prix de Belgique 1989, Nelson Piquet et Satoru Nakajima sont non-qualifiés.
Sauf que là… On arrive à 501 Grand Prix! Alors si vous connaissez le calcul de Lotus Racing, faites moi signe!

1er Grand Prix: Monaco 1958

Lotus nait en 1952. D’après la légende, Colin Chapman voulait construire des voitures de course uniquement pour financer sa propre carrière de pilote. L’affaire est florissante et Lotus passe des épreuves de trial aux courses de club, puis à la F2. En 1958, Coventry-Climax, son fournisseur attitré de moteurs lance un 2,2l. Chapman a l’idée d’en monter sur des châssis de Lotus 12 de F2 et ainsi disposer d’une F1. Puis il aligne deux voitures (pour Graham Hill et Cliff Allison) au Grand Prix de Monaco 1958, marquant ainsi les débuts de Lotus en F1.
Face aux autres F1 (qui ont des moteurs 2,5l), les Lotus 12 ne peuvent pas faire grand chose. Hill renonce au 69e tour. Allison ira jusqu’à l’arrivée et il termine 6e (et dernier) à 9 tours. Gag: Wolfgang Von Trips (Ferrari) a fait plus de tour que lui, avant de renoncer. Avec la réglementation actuelle, l’Allemand serait 6e. De toute façon, les points ne sont alors attribués qu’aux cinq premiers. Allison doit attendre la Belgique pour ouvrir le compte de Lotus, avec une 4e place.

100 Grand Prix: Allemagne 1968

A l’époque, il n’y a qu’une dizaine de Grand Prix par saison. Il faut donc 10 ans à Lotus pour atteindre 100 Grand Prix.

Lotus éclot avec le passage à la F1 1,5l. Jim Clark offre ses deux premiers titres (1963 et 1965) à l’écurie Anglaise. Puis l’écurie se cherche un moteur. Ce moteur sera le V8 DFV créé par Cosworth, avec deux 4 cylindres Ford. Il est prêt à l’été 1967 et le tandem Clark-Hill truste les podiums. 1968 s’annonçait donc sous les meilleurs hospices…
Hélas, peu après la première manche (qu’il a gagné), Clark se tue dans une épreuve de F2 où on l’a aligné au dernier moment. Hill est du coup propulsé N°1 de l’équipe. Le vétéran est à la hauteur et il s’impose en Espagne et à Monaco.
Au Nurnburgring, il est moins chanceux. Au départ, sous la pluie, il laisse le poleman Jacky Ickx (Ferrari) sur place. Mais il ne peut rien faire face à Jackie Stewart (Matra/Ford.) Il réussit néanmoins à contenir les ambitions de Jochen Rindt (Brabham/Repco) et termine 2e.
Notez la présence de nombreuses Lotus privée. 15 jours plus tôt, Jo Siffert (photo) avait remporté le Grand Prix de Grande-Bretagne. Mais sur le ring, il ne tiendra que 6 boucles avant d’être trahi par l’allumage.

200 Grand Prix: Belgique 1976

En 1970, Lotus crée une F1 mythique, la 72. Avec elle, l’équipe domine au début des années 70. Puis il s’endort sur ses lauriers. La 76 de 1974 dérive de la 72. C’est un flop et pour 1975, Lotus revieny à la 72!
La 77 de 1976 dérive également de la 72. L’équipe ne peut pas espérer de miracles. D’autant qu’elle se cherche un pilote. Ronnie Peterson est parti chez March et il est remplacé par son compatriote Gunnar Nilsson. Mario Andretti donne la priorité à l’Indycar et il n’effectue que les deux tiers de la saison.
A Jarama, Nilsson a décroché un podium. Mais quelques jours plus tard, à Zolder, la réalité reprend ses droits. L’Américain et le Suédois sont très loin des Ferrari, qui monopolisent la première ligne. 28 tours plus tard, alors que le premier tiers est à peine passé, il n’y a déjà plus de Lotus.

300 Grand Prix: Autriche 1982

En 1977, Lotus est reparti d’une feuille blanche avec la 78, première F1 à effet de sol. L’état de grâce dure deux ans, puis les autres reprennent le principe à leur compte. Puis il y eu la 88 de 1981, symbole de la guerre entre les constructeurs Anglais et la fédération. Elle est enterrée à l’armistice. La mode est désormais aux turbos, alors que Lotus est coincé avec le Cosworth DFV. Pire: David Thiemme, patron d’Essex Petroleum et principal sponsor, s’évapore.
Parfois, le sort arrête de s’acharner. Les montagnes Autrichiennes étaient a priori favorables aux turbos. C’est finalement une hécatombe pour les turbocompresseurs. Elio de Angelis, en grande forme, hérite du commandement et s’envole vers un premier succès. Keke Rosberg (Williams/Ford)  voudrait bien lui aussi obtenir là sa première victoire. In extremis, l’Italien réussit à le contenir.
C’est la première victoire de l’écurie depuis 1978 et la dernière du vivant de Chapman.

400 Grand Prix: Saint-Marin 1989

Lotus obtint finalement un Renault turbo, suivi par un Honda turbo, synonyme d’embauche de Satoru Nakajima. En 1989, les turbos sont bannis, le Honda cède la place à un modeste Judd, pour autant, le Japonais conserve son baquet. Il épaulé par Nelson Piquet, triple champion en roues libres.
A Saint-Marin, le Brésilien se crache dans les mains et obtient le 8e rang. Au 4e tour, Gerard Berger (Ferrari) sort violemment, sa voiture prend feu et la course est interrompue. Il y a un deuxième départ et 4 tours plus loin, le Judd de Piquet s’éteint. Quant à « Nakasan », il termine non-classé pour distance insuffisante.

Dernier Grand Prix (?) Australie 1994

Fin 1989, la famille Chapman vend le Team Lotus à Peter Collins et l’écurie n’a donc plus de liens avec Lotus Cars.
Sportivement, elle vivote. 1994 fut la première année sans points. Le V10 Mugen-Honda est très fragile. A l’été, le Team Lotus dépose le bilan et ils embauchent des gentlemen-drivers pour remplir les caisses. 6 pilotes se relaient au cours de la saison!
Pour la finale, à Adélaïde, l’équipe débarque avec Mika Salo et Sandro Zanardi. Ils abandonnent tous les deux en course, alors que le public n’a d’yeux que pour le duel Michael Schumacher/Damon Hill. En décembre, Peter Collins vend à David Hunt (frère de James), mais faute de moyens, l’écurie renonce au cours de l’hiver.

500 Grand Prix (environ): Europe 2010

En 1995, Hunt passa un accord avec Pacific Racing, qui devint « Pacific Team Lotus ». Il tente plus tard de faire de même avec BAR, puis en 2009 avec Litespeed. Lotus Cars se réveille alors et menace l’équipe de procès si elle utilise le logo Lotus. Le constructeur eu moins de scrupules à offrir son imprimatur au méconnu Tony Fernandes et pour cause: son projet est soutenu par l’état Malaisien, actionnaire de Proton (maison-mère de Lotus.) L’écurie porte le nom de « Lotus Racing ». Fernandes récupère l’équipe de l’ex-future Litespeed F1 (notamment Mike Gascoyne) et il recrute deux pilotes chevronnés: Jarno Trulli et Heikki Kovalainen.
La voiture est prête au dernier moment et elle est lourde. Du coup, elles ferment souvent la marche. A Valence, les choses s’améliorent avec les 19e et 20e temps. Trulli est victime d’un accrochage au départ. Boite de vitesse cassée, il a 4 tours de retard sur le reste du peloton. Quant à Kovalainen, il fera involontairement l’image du week-end. Au 8e tour, Mark Webber (Red Bull) doit lui prendre un tour. Le Finlandais hésite et l’Australien le percute violemment.

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