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F1: à côté d’eux, Briatore était un saint!

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Vous trouviez que Flavio Briatore était la brebis galeuse de la F1? Voici pourtant 11 personnes ayant eu un rôle-clef en F1 et au parcours aussi controversé.

Notez que les cas du Prince Malik, de Callisto Tanzi et de Seguei Zlobine ont déjà été traités.

Akira Akagi

Le père d’Akira Akagi était promoteur immobilier au Japon. Akira commença par travailler pour lui, puis il développa le « groupe Leyton House ». Pilote amateur de rallycross, il se lance dans le sponsoring en soutenant l’espoir Akira Hagiwara.
Hagiwara se tue en 1986, mais Leyton House poursuit ses activités de sponsoring. C’est ainsi qu’Ivan Capelli est champion de F3000 sur une March aux couleurs du groupe.
Capelli débarque en F1 et Akagi devient actionnaire, puis propriétaire de March. L’écurie devient « Leyton House Racing ». L’époque est aux golden boys Japonais et Akagi est volontiers flamboyant.
En 1991, la bulle immobilière Japonaise explose. La Fuji Bank fait faillite et la justice s’intéresse à ses clients. Ils découvrent que les finances de Leyton House sont très opaques. Akagi est notamment soupçonné de proposer des investissements sur des sociétés qui n’existent pas et de blanchir de l’argent.
Fin 1991, Akagi est arrêté. Son groupe revend ses pépites (March et les vêtements Hugo Boss), mais ne peut éviter le naufrage.

Oussama Ben Laden

Un sticker « Bin Laden » sur la Williams de 1979? Au lendemain du 11 septembre 2001, certains ont fouillé dans les archives et ils en étaient sûrs: l’écurie de Sir Franck a servi de vitrine légale au terrorisme!
Il s’agissait en fait de l’entreprise de BTP fondée par Muhammad Ben Laden, son père. Oussama n’y aurait jamais eu de rôle important et donc, il n’avait aucun lien avec le sponsorship de Williams. Quand à la photo montrant un jeune Oussama Ben Laden avec une Williams, c’est un photoshop.
Néanmoins, le CV d’Oussama Ben Laden est plein de trous (on ne sait même pas s’il est né en 1955 ou 1957.)
Grâce à Charlie Crichton-Stuart (homme d’affaire et ex-pilote de F3), Franck Williams décrocha des sponsors en Arabie Saoudite, à la fin des années 70. Avec la crise du pétrole (et la flambée du baril), les Saoudiens sont riches, mais ils sont d’une discrétion maladive.
Au Grand Prix de Grande-Bretagne 1979, Williams obtient sa première victoire. Mais sur le podium, Clay Regazzoni refuse le champagne et boit un jus d’ananas. Et pour cause: l’écurie a un hôte qui était un musulman très pratiquant. Franck Williams, « Rega » et le mystérieux homme s’enferment une heure dans un motor-home. Peu après le nom de « Bin Laden » apparaît (brièvement) sur les pontons.
L’hôte aurait été Oussama Ben Laden. Alan Jones (autre pilote du team) reconnaît qu’il a très probablement du le croiser et que s’il savait ce qu’il allait devenir, il lui aurait cassé la g….

Cyril de Rouvre

Cyril de Rouvre a eu une jeunesse dorée. On le voyait comme un dilettante passionné de GT et de rallye-raids (qu’il dispute avec son ami Thierry Sabine.)
En 1978, son père meurt et il hérite d’un groupe centenaire (sucre et immobilier.) A la surprise général, de Rouvre se montre bon gestionnaire et le groupe se diversifie dans l’aviation d’affaire et la production de films.
En 1989, il achète la majorité de l’écurie de F1 AGS. Les finances sont dans le rouge et pour la renflouer, de Rouvre doit revendre de nombreuses sociétés. Malgré tout, en 1991, de Rouvre doit se séparer d’AGS.
Il aurait pu en rester là, mais fin 1992, il replonge avec Ligier. Guy Ligier était un proche de François Mitterrand et avec l’arrivée au pouvoir de la droite qui se profile, il valait mieux prendre sa retraite.
Pour payer Ligier, il puise dans les fonds de la Cofragec, sa holding personnelle. Or, UGC devait racheter la Cofragec (il était intéressé par son catalogue de films.) UGC se retrouve avec une société surendettée sur les bras.
De Rouvre est jugé, puis incarcéré fin 1993. En parallèle, il était maire de Chaumont et il garda son mandat jusqu’à de nouvelles élections, en 1995.

Sulaiman Al-Kehaimi

Le sponsoring de Williams par les Saoudiens fit long feu. Mais depuis, la F1 vit dans le mythe des princes Arabes aux poches pleines de dollars.
Sulaiman Al-Kehaimi est le fils de l’ambassadeur du Liban en Grande-Bretagne. Dès 1992, il se fait passer pour un prince saoudien. Les fratries à rallonge et l’absence de réel état-civil embrouillent les généalogistes, d’où une belle opportunité pour les escrocs. Avec un vrai prince, le prince Khalid, il achète un Boeing 707 qu’il loue à Rod Stewart et au Sultan de Brunei. Puis il emménage dans un manoir anglais à 50 millions de livres. Il en profite pour emprunter de l’argent à son voisin, un Iranien (qui lui prête sans problème vu que Al-Kehaimi est censé être richissime.)
Son plus gros coup fut le Grand Prix de Monaco 1996. Il annonce qu’il va s’offrir 51% de Tyrrell. L’écurie, financièrement aux abois, est partante. Le lendemain de la course, Cher allait avoir 50 ans. Il l’invite à fêter à Monaco son anniversaire. La chanteuse comptait lui refiler son affaire déclinante de vente de vêtements gothique par correspondance (?) et elle vient. Al-Kehaimi loue des hélicoptères pour transporter les invités.
Lors de la fête, les VIP commencent à (se) poser des questions et la chute d’Al-Kehaimi approche. Tyrrell rompt la promesse de vente. Il est finalement accusé d’usurpation d’identité, de vol et d’avoir laissé une ardoise de 100 millions de livres.
Le procès eu lieu en 1999 et Al-Kehaimi fut blanchi, car il exhiba une créance de 100 millions de livre du ministère de la défense Saoudien. « Dès qu’ils me payent, je vous paye. » Il avait également exigé 40 000 livres de dommages et intérêts à Tyrrell. Ce qui lui fut refusé.

Don Nichols

Homme discret, souvent habillé en noir, le major Don Nichols de l’U.S. Air Force débarque en Corée en 1946. Le pays est déjà coupé en deux, de fait. Il y crée le « renseignement positif »: un réseau d’informateurs civils qui travaillent pour lui. Après la guerre de Corée, il est chargé d’envoyer des agents US en Corée du Nord et de « retourner » des émigrants Nord-coréens pour qu’ils rentrent au pays et travaillent pour lui. Il aurait ensuite fait de même au Vietnam.
Dans les années 60, il émigre au Japon, où il importe les pneus Good Year et Firestone.
En 1968, il sort de l’ombre pour fonder une écurie de CanAm baptisée… Shadow (en fait, son entreprise s’appelle « Advanced Vehicle System ».) Shadow tente une première venue en F1, en 1973. Mais il lui faut une base en Europe. En 1975, Shadow abandonne la CanAm et se lance « à temps plein » en F1. En 1978, suite à une brouille, l’essentiel du staff part fonder Arrows. Avec l’aide de Jo Ramirez, Shadow continue. Mais faute de moyens, fin 1981, Nichols vend son écurie à Teddy Yip (qui la fusionnera avec Theodore.)

Alex Dias Ribeiro

Alex Dias Ribeiro était un espoir du sport automobile Brésilien. Après de bons débuts en kart et un titre en Formule Ford, il émigre en 1974 en Grande-Bretagne, où il est un brillant animateur des pelotons de F3, puis de F2.
Particularité: c’est un membre fervent de l’église protestante du renouveau, un mouvement quasiment sectaire. Il arbore fièrement sur ses voitures l’inscription « Jesus save » (Jésus [vous] sauve.) Ca ne l’empêche pas de débuter en F1 en 1976 sur un Hesketh aux couleurs de Penthouse.
Après une saison complète chez Hesketh, il « redescend » en F2. Fin 1979, Copersucar l’appelle. Aux essais du Grand Prix du Canada, il découvre qu’il peut monter et démonter la colonne de direction de sa F1 tout en roulant! Il prend cela pour un signe divin et raccroche le casque.
Il est ensuite ordonné pasteur et fonde les « Atletas de Cristo », une église du renouveau regroupant les sportifs. Cet illuminé écrit des ouvrages et est embauché comme « consultant spirituel » de la Seleção. Il organise des prières collectives au début des matchs.
En parallèle, il pilote sporadiquement. En 1999, il est recruté par la FIA pour piloter la voiture médicale lors des Grand Prix de F1. Aux essais du Grand Prix du Brésil 2002, Alors qu’il allait intervenir sur la voiture d’Enrique Bernoldi, il manque de se faire renverser par la Sauber en perdition de Nick Heidfeld. Il prend cela pour un autre signe divin et raccroche de nouveau le casque.

Sir Mark Thatcher

Le fils de « Maggie » est probablement l’un des businessmen Anglais les plus controversés. En 1981, à 28 ans, il devient le bras droit de Colin Chapman chez Lotus. Il s’avère que son père, Denis Thatcher, est président d’une société, Attwoods Gravel, dont le propriétaire, David Wickins, est également actionnaire principal de Lotus. Ironie de l’histoire: Mark Thatcher est le premier à se plaindre des gens qui l’approche afin qu’il la présente à « elle » (sa mère.)
En 1982, il dispute le Paris-Dakar, se perd et disparaît 5 jours. Il teste une Williams F1, s’essaye au BTCC et devient responsable de Lotus aux Etats-Unis. En parallèle, il tente de produire des tee-shirts en Arabie Saoudite, via un intermédiaire. Le contrat fut un préliminaire à un énorme contrat d’armement entre la Grande-Bretagne et l’Arabie Saoudite, où Mark Thatcher jouait les intermédiaires. Et les tee-shirts? Il laissa tomber, car trop occupé. Mais l’intermédiaire découvrit que Mark Thatcher avait monté une seconde affaire, en direct.
Mark Thatcher injecta tout son argent (et même plus) dans l’écurie de F1 de Lotus. Cela n’évitera pas la ruine de l’écurie. Pour se refaire, Thatcher aurait émigré en Afrique du Sud où il proposait des prêts à un taux usuraire. Et si vous oubliiez de payer, il vous envoyait des nervis.
En 2004, il aurait fournit des mercenaires en vue d’aider un coup d’état en Guinée-Équatoriale. Depuis, il est persona non grata en Europe et aux Etats-Unis.

David Thieme

Comme Akira Akagi, David Thieme, Anglais résidant à Monaco, était un personnage flamboyant. Dans les paddocks, il déambulait toujours avec un chapeau espagnol et des lunettes de soleil extravagantes.
David Thieme fut d’abord designer, aux Etats-Unis et il gagnait bien sa vie. En 1973, il liquide tout et fonde Essex Petroleum, une société de courtage de baril.
Avec le choc pétrolier, Thieme devient milliardaire. Il embauche François Marzet, un ancien pilote March.
En 1976, Essex se lance dans le sponsoring des Porsche du Mans. 2 ans plus tard, il rencontre Colin Chapman à Monaco. Le courant passe bien entre les deux hommes et en 1979, Essex sponsorise les Lotus de F1.
En 1980, Thieme devient le sponsor-titre de l’écurie. Il y eu également une série limitée « Lotus Esprit Essex » et il engagea une voiture pour Mario Andretti à Indianapolis. Il fut surtout connu pour ses fêtes somptueuses et sa manie de dépenser sans compter.
L’année suivante, tout s’écroule. Avec le contre-choc pétrolier, Essex est ruinée et les relations sont mauvaises avec sa banque, Credit Suisse. Thieme est arrêté à Zurich. Akram Ojjeh (fils de Monsour) paye la caution. Depuis, Thieme aurait disparu et survivrait avec de petites escroqueries.

Michael Van Hoven

Si vous aviez croisé Christophe Rocancourt vers 2000, il vous aurait dit: « Bonjour, je m’appelle Michael Van Hoven, pilote de F1 chez Ferrari. » Notez qu’il n’y a jamais eu de vrai pilote avec un nom approchant.
Grillé à Los Angeles et à New York, l’escroc parti pour Vancouver, au Canada, avec cette nouvelle identité. Un soir, il tombe sur un couple et tente de les baratiner. Raté: l’homme sait qu’il y a un Grand Prix le lendemain, en Australie; pourquoi n’y est-il pas? Rocancourt/Van Hoven disparaît.
Il dira ensuite qu’il est un ex-pilote de F1, reconverti en businessman. Un certain Robert Baldock le croit et lui paye une résidence permanente dans un palace « en attendant une transaction ». Baldock mettra plusieurs mois à découvrir la supercherie et à contacter la police. C’est la fin du parcours de Rocancourt.

Sir Franck Williams

En 1979, Franck Williams peut poser fièrement avec Patrick Head devant l’usine Williams : c’est l’aboutissement de 17 ans de travail acharné. Franck Williams n’avait pas de fortune et pour accéder en F1, c’était presque impossible.
En 1966, faute de budget pour un volant, il est mécano pour son homonyme Jonathan Williams. Ce dernier court alors en championnat d’Europe de F3.
L’année suivante, Franck Williams monte « Frank Williams Racing Cars ». On parle pudiquement de « négoce de voitures de course d’occasions ». En fait, Williams fait la tournée des circuits Européens. Il y ramasse les monoplaces hors d’usage. Les rachète à vil prix et les rapatrie en Grande-Bretagne. Quelques coups de marteaux et une peinture plus tard, la voiture est « remise à neuf » et elle peut être vendue à un gogo. C’est ainsi qu’il vendit une F2 à un gentleman-driver nommé Max Mosley…
Le business est rentable et dès la fin de la saison, il peut monter une écurie de F2 et de F3. Mais c’est une autre histoire…

Teddy Yip

Teddy Yip fut le tout premier Chinois impliqué en F1. Né en 1906 dans la communauté Chinoise d’Indonésie (alors colonie Néerlandaise), il part étudier en Hollande et s’installe à Hong Kong peu avant la guerre. Employé dans une entreprise de caisses enregistreuses, il se lance dans le négoce du riz à Bangkok, puis à Macao.
Passionné de voitures de courses, il participe au Grand Prix de Macao (qui n’est alors qu’une course de club sur des pistes.) Puis il s’associe à son beau-frère, Stanley Ho, une figure de la bourgeoisie Hongkongaise. Ils fondent ensemble la Sociedade de Turismo e Diversões de Macau (STDM), en 1961.
La STDM prend le contrôle des hôtels et des casinos de Macao, ainsi que du Grand Prix. Les routes sont asphaltées, des tribunes sont construites et les monoplaces apparaissent. Yip pilote lui-même, jusqu’au milieu des années 70.
En 1974, Yip se lança en F1, avec « Theodore ». L’écurie débuta des Ensign privés. Puis il racheta Ensign. Il a ainsi mis le premier à l’étrier à des pilotes comme Nelson Piquet, Patrick Tambay ou « Johnny » Cecotto. Theodore ne pu survivre à l’arrivée des turbos (synonyme d’explosion des budgets) et l’écurie fut dissoute. A la fin des années 80, Yip prit se retraite et il mourut en 2003, à 96 ans.
Voilà pour la biographie officielle. En fait, la STDM aurait été un paravent pour la mafia locale. Yip et Ho auraient également été en contact avec les pirates. Mais Yip était très puissant, on le surnommait « le vrai gouverneur de Macao » (surnom de Ho: le parrain.) Donc aucun risque de poursuite judiciaire.

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18 Commentaires sur "F1: à côté d’eux, Briatore était un saint!"

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SLS
Invité

article très intéressant mais j’ai pas trop saisi en quoi certaines de ces personnalités seraient « pires » que Briatore.

jbc
Invité

Très bel article ! Merci

Carlos Ghost
Invité

Il manque un Belge, Jean-Pierre X… (oublié le nom).

Quant au fils de Thatcher the Snatcher, assez c.n pour se perdre 5 jours dans le Sahara, il faut savoir que c’est la seule fois qu’on vit pleurer sa mère.

Mais pas une larme pour Bobby Sands, mort de faim suite à une grève en prison, pas une larme pour les soldats anglais morts aux Malouines.

Fils voleur : avec une mère pareille, tu m’étonnes.

Pi
Invité

article intéressant, mais qu’est ce que c’est mal écrit! style décousu, fautes d’orthographe, on a du mal à suivre…
sinon qu’y-t-il de choquant dans le business de F.Williams? il achète et revend des voitures de courses, normal qu’il se fasse un bénéf, surtout qu’il n’y a aucune sommes de citées. pourquoi vil prix alors? bref, ca s’appelle faire des affaires, acheter pour revendre mois cher, c’est n’avoir rien compris.

philippe
Invité

@ Carlos Ghost : retourne te plonger dans la lecture de oui-oui et te refaire l’intégrale de plus belle la vie… et surtout évite de parler politique. T’es ridicule.

Par ailleurs, cet article est puant de cet esprit des temps nouveaux qui consiste à faire la peau, 20 ans après, à ceux qui n’ont pas réussi à devenir des modèles de vertu médiatique.

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