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Et bien voilà : Chrysler en faillite

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Les manoeuvres et accords de dernière minute n’y auront rien changé, la faute à une partie des créanciers du constructeur americain qui n’a pas voulu accepter les conditions proposées par le gouvernement de Barack Obama. Chrysler s’est donc placé officiellement sous la protection du chapitre 11 de la loi des faillites américaines.  Premières conséquences de ce coup de tonnerre : le groupe ferme ses usines dès lundi et jusqu’à nouvel ordre, Tom LaSorda se retire et Bob Nardelli fera de même une fois la procédure de mise en faillite achevée.

Comme il est d’usage dans ce genre de cas, tout le monde se veut optimiste et assure que ce passage obligé, qui permettra une restructuration en profondeur de l’entreprise, de ses créances et de son futur, sera court et que Chrysler émergera dans 30 à 60 jours du chaos, prêt à rebondir. L’UAW détiendra 55% de la nouvelle structure, le gouvernement américain 8%, les autorités canadiennes 2% et Fiat 20% (qui pourront monter à 35% plus tard). La collaboration entre les Italiens, qui prendront de fait la direction exécutive, et Chrysler doit, si tout marche comme prévu, aboutir à fournir à Chrysler à la fois des voitures économiques et modernes grâce au savoir-faire et aux plateformes de Fiat, et dans le même temps une infrastructure permettant au groupe italien de s’implanter enfin durablement sur le continent américain.

Le problème est que ce plan repose pour réussir sur un ensemble de choses qui doivent bien se passer: une restructuration rondement menée, avec une séparation claire et propre des actifs entre les « bons » qui doivent constituer le noyau du nouveau Chrysler, et les « moins bons » qu’on veut revendre à bon prix (à qui ?), des noces idylliques entre l’UAW, le staff de Chrysler et celui de Fiat malgré des cultures d’entreprise totalement différentes, le bon vouloir des créanciers, fournisseurs et concessionnaires, et, c’est le plus important, la bonne volonté du public américain que l’on espère être prêt à se jeter sur de nouveaux produits inconnus d’un constructeur convalescent. Produits qui mettront beaucoup plus longtemps que 30 ou 60 jours à être prêts à la vente, sauf à importer directement des Fiat et Alfa made in Italy en bypassant toutes les procédures strictes de mise en conformité aux normes américaines.

Bref, la tâche s’annonce rude, complexe, et surtout très douloureuse. Good luck a tutti.

Source : Reuters et divers

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