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Essai Mini (3/3) : Eco Challenge
Troisième et dernier volet du triptyque avec une balade « d’investigation » lors d’un Eco Challenger organisé par Mini Belux. Le but ? Vérifier la véracité de la consommation mixte annoncée par le constructeur. Quatorze journalistes ont accepté de relever le défi, dont votre serviteur, à bord d’une Cooper D entre Bornem et Knokke, en Belgique.
Après une sorte de tirage au sort, chaque équipage de deux personnes prend possession de sa « clé » de Mini. Le GPS est paramétré pour nous donner rendez-vous sur la digue face au casino de Knokke, mais on n’est pas obligé de respecter scrupuleusement ses conseils d’itinéraire. Le temps de régler les rétroviseurs et d’essayer de faire parler la machine en français, plutôt qu’en néerlandais, on essaie de voir quelle stratégie adopter. Mon partenaire et moi on se dit que faire le détour autoroutier risque d’être contreproductif en raison de la circulation assez intense de poids lourds entre Anvers et Gand, puis de Gand vers la Mer du nord. On opte plutôt pour une route plus courte en prenant toutefois soin de contourner Sint-Niklaas.
On démarre la Cooper D, on coupe l’airco et la radio. Et zou, c’est parti. Au premier feu, on ne peut pas encore profiter de la fonction Auto Start-Stop car le moteur n’est pas encore « à température ». Ce système est proposé sur les Mini à boîte manuelle. Lorsque la voiture est à l’arrêt, au point mort, le moteur s’arrête. Il redémarre automatiquement dès que l’on passe la première. Le but : éviter le gaspillage de carburant à l’arrêt. La gestion électronique de ce périphérique ne coupera pas le moteur lorsque l’huile moteur n’est pas à la température idéale, ou encore, entre autres, que la température extérieure est trop haute (plus de 30°) ou trop basse (sous les 3°). De plus, lorsque le moteur est coupé, il ne redémarre pas si la ceinture de sécurité du conducteur est détachée, si la portière est ouverte ou si le capot est ouvert. Et puis, la fonction Auto Start-Stop peut être désactivée à tout moment en appuyant sur un bouton. Plus tard, des feux et des stops nous donneront l’occasion de vérifier le bon fonctionnement de l’Auto Start-Stop. Une fois pourtant, il nous abandonnera en refusant de redémarrer le moteur à Knokke. Il faudra alors remettre le point mort et puis repasser la première pour que la Mini se décide à relancer la mécanique. L’air de la mer sans doute…
Pour économiser du carburant, il faut aussi penser à utiliser le moteur au mieux. Notamment en essayant de caler l’aiguille du compte-tours à 1800 tr/min environ. Pour nous aider, un indicateur apparaît sur le tableau de bord. En soi, cela est utile mais pas infaillible. J’ai pu constater que parfois l’indication n’était pas fort appropriée. À utiliser avec intelligence, donc. De toutes les façons, rien de tel que l’anticipation et le respect du code de la route pour limiter la consommation. De plus, la régénération de l’énergie de freinage apporte son eau au moulin. Lorsque la voiture décélère, l’énergie cinétique au freinage est récupérée pour être transformée en électricité stockée dans la batterie. Ainsi, en accélération, le générateur est déconnecté. Le carburant ne sert donc, la plupart du temps, qu’à la propulsion de la voiture. Dès lors, plutôt que de laisser la voiture en roue libre, il vaut mieux freiner franchement pour recharger la batterie un maximum et ainsi profiter au mieux de la technologie Brake Energy Regeneration.
Et alors ce challenge ? Au départ, tout le monde se suivait sur la nationale. Mais très vite les différentes stratégies sont apparues : les amateurs d’autoroute et les pros des petites routes. Nous, on avait choisi une tactique du 50/50. J’ai pris soin de prévoir un contournement de la ville de Sint-Niklaas, véritable goulot. Manque de bol : des travaux. Certes, le start-stop évite de perdre du gazole à l’arrêt, mais dans les embouteillages, on est rarement complètement à l’arrêt. Sûr qu’au retour, on évitera cette route qui a fait monter, selon l’ordinateur de bord, notre conso à 5 litres. Grrrr !!!
Heureusement, la nationale puis l’autoroute sont plus propices à la conduite économique. D’autant que la circulation est quasi inexistante. On reste à 100 km/h. Connaissant mieux la voiture, les changements de rapport se calquent sur le signal du tableau de bord, surtout pour monter les rapports. Devant le casino de Knokke, notre ordinateur de bord indique 3,9 litres de moyenne. Mais en discutant avec les autres concurrents, on se rend compte que certains arrivent à faire bien moins. Bref, il faut changer de route pour le retour. On passera donc par la zone portuaire de Gand.
Le retour se passe comme on l’avait souhaité. Mon binôme est au volant. Il tente même le tout pour le tout en restant dans l’aspiration d’un camping-car. Un comportement dangereux, mais au moins on consomme peu. Faut choisir ses priorités ! Et l’ordinateur de bord nous rassure : 3,8, 3,7. Oups, un sabotage. Un camion sortant de l’usine Volvo située le long de notre parcours bouche un carrefour. Mais ici, le start-stop nous évite la catastrophe. Cela repart, l’autoroute est à deux pas.
À 500 m de l’arrivée, l’ordinateur de bord affiche 3,6 litres de consommation de moyenne. On pavoise. Mais, on déchantera bien vite. Lors du plein de contrôle, le verdict fait mal : 9,2 litres d’avalés sur 199 km. Soit 4,6 l de moyenne. Gloups. Cela fait 1 litre de différence avec l’ordinateur de bord. Honte sur nos têtes. Inutile de dire que, énergie du désespoir, l’on a crié au scandale. « Comment vous êtes sûrs d’avoir rempli tous les réservoirs de la même façon ? » Et patati et patata. Quand finalement, on comprend que l’ordinateur de bord ne calcule peut-être pas sa moyenne sur l’ensemble du parcours, mais sur un kilométrage défini. Et comme la fin du parcours a été plus économique… L’équipage vainqueur du challenge a consommé, en moyenne, 3,38 litres. Soit 0,7 litre de moins que les chiffres officiels. Il a été tout surpris par son score, alors que leur ordinateur de bord affichait 3,8 litres et qu’il a préféré les routes de campagne aux grands axes. « Avec feux, carrefours, etc ». Mais jamais à plus de 90 km/h et en sautant parfois une vitesse. La moyenne des sept véhicules a été, lors de cette journée, de 3,8 litres. Mission accomplie. Enfin, pour la petite histoire, le meilleur score sur ce parcours a été réalisé, lors d’un autre challenge, par un technicien de Mini Belgique : 2,7 litres !
Site constructeur
Photos : Olivier Duquesne
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Tout d’abord, merci pour ce retour, j’étais intéressé par savoir ce que donnait la techno BM.
“Dès lors, plutôt que de laisser la voiture en roue libre, il vaut mieux freiner franchement pour recharger la batterie un maximum et ainsi profiter au mieux de la technologie Brake Energy Regeneration.”
Pas sûr, car pour pouvoir freiner franchement, faut garder une bonne vitesse plus longtemps avant le feu rouge, donc consommer plus qu’en roue libre.
Sinon, pour les consos, dommage qu’il y ai eu autant d’approximation dans les pleins et dans l’ordinateur de bord.
24/10/2007 @ 7:45
Avez-vous des détails sur la technique ou le trajet suivi par le recordman de conso ?
Y’a-t-il quelqu’un qui a conduit normalement, en candide, pour donner une indication d’une conso normale et typique de la conduite du plus grand nombre ?
Merci d’avance !
24/10/2007 @ 8:15
@ Mike
Pour avoir une idée du candide, vous trouverez la réponse dans mon essai de la Cooper D hors Eco Challenge. Cela tourne autour des 5 litres. Ceci dit, en roulant prudemment mais pas trop lentement, on peut arriver à descendre à 4,5 litres. Et les 3,9 sont possibles en faisant fort attention. Sinon, le champion de la conso a suivi un parcours identique à nous sans en connaître davantage, mais il connaît surtout très bien la voiture. Il sait donc exactement quand changer de rapport, comment freiner, comment accélérer, etc. C’est un pro de ce genre d’exercice.
Bien à vous
24/10/2007 @ 8:19
l’appellation “Brake Energy Regeneration” quoique correcte, est trompeuse.
L’énergie cinétique est certes transformée en énergie électrique, mais cette dernière, accumulée dans la batterie, ne sert qu’à alimenter l’alterno-démarreur lors des séquences stop & start.
Cette énergie n’est pas retransformée en mouvement par un moteur électrique “auxiliaire” à la manière d’une Prius.
En fait, ce système “Brake Energy Regeneration”, c’est juste un découplage de l’alternateur en phases d’accélération et son utilisation à pleine charge lors des freinages. Le gain en consommation provient en quasi totalité du Stop & Start.
On peut donc dire que lors d’un parcours où il y a des freinages et accélérations, et le reste à vitesse +- constante, mais pas d’arrêt, le gain en conso est minime, de l’ordre de qq petits %.
C’est sûr que c’est toujours ça de pris, mais il n’y a pas de quoi crier à la grosse innovation.
En plus il faut obligatoirement repasser au point mort à l’arrêt, ce qu’on ne fait pas toujours, loin de là.
Et pour finir, cela ne s’applique qu’aux boites manuelles, alors que les grosses cylindrées qui consomment beaucoup sont souvent équipées de boîtes auto.
Sinon cet essai a le mérite de corroborer les chiffres de BMW, et également de prouver que ce type de conduite n’est pas réaliste, à part pour les psychopathes de la consommation
24/10/2007 @ 12:36
Tout à fait d’accord avec toi Fabrice…
J’allais justement parler de ce Brake Energy Regeneration qui fait beaucoup parler les journalistes, mais ceux là ignorent pour la plupart comment fonctionne ce système.
C’est bien beau d’annoncer des jolis noms avec des grands principes mais il faut dès fois recoller à la réalité
24/10/2007 @ 13:17
Qui peut me dire que doit on faire lorsqu’on est au feu rouge avec une voiture à boite auto conventionnelle?
24/10/2007 @ 20:35
Il mes emble que le moteur peut aussi se couper quand on embraye complètement et qu’on est à moins de 6km/h. Donc pas obligé de garder le pied sur le frein ou d’être au point mort.
25/10/2007 @ 14:20
Vous souvenez vous à l’époque où les petites voitures faiblement motorisées n’étaient pas toutes équipées de la direction assistée et encore moins d’options de confort comme la clim.
Sur la voiture sans rien, on appuie sur l’accélérateur d’une certaine manière pour dépasser un camion.
Sur la voiture de même puissance, équipée de la direction assistée et d’une clim en fonctionnement, on constate que la voiture a moins de pêche. Et pour pouvoir doubler le camion de la même manière, on doit appuyer davantage sur l’accélérateur. Et parfois, on coupe la clim pour libérer de la puissance pour qu’elle serve à faire avancer la voiture. On remettra la clim plus tard. Pour le moment, il fait suffisamment frais dans la voiture.
Desactiver l’alternateur est de la même logique. On utilise la réserve de la batterie. Il y a encore suffisamment d’électricité. On mettra l’alternateur en fonctionnement plus tard.
Que se passe t il quand on pousse le moteur (essence) à fond?
Le moteur est très chaud, et donc le problème de cliquetis devient préoccupante. Et pour l’éliminer, on sur-injecte de l’essence, donc source de consommation supplémentaire.
Sur un moteur diesel, on n’a pas ce problème de cliquetis, mais on comsomme davantage aussi lorsqu’on sollicite le moteur.
Il est clair que pour celui qui roule sur un parcours plat, à vitesse stabilisée 120km/h sans jamais solliciter davantage, avoir un alternateur désactivable ou non ne changera strictement rien.
Mais pour un usage au quotidien, varié, alors ça peut aider à économiser quelques %
L’avantage de ce choix est qu’elle ne coute pas très cher, donc accessible au grand public. Et la mise en oeuvre ne chamboule pas non plus la conception de la voiture, donc applicable sur l’ensemble des véhicules, adaptable sur l’ensemble des moteurs.
Il vaut mieux avoir une technologie de masse qui ne diminue que 10g des émissions mais valable sur toute la gamme des voitures qu’une technologie capable de diminuer de 50% des émissions mais dont le cout et les conditions d’utilisations ne peuvent concerner que 1% du parc automobile
26/10/2007 @ 19:07