par Elisabeth Studer

Le diesel bien parti pour ne pas rester !

Berezina pour les constructeurs se doivent – voire même sont contraints – de s'adapter.

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Berezina pour les motorisations diesel en France ! Leur part est désormais passée en deçà du seuil des 40 % depuis deux mois. Un nouveau cap a donc été franchi, auquel les constructeurs se doivent – voire même sont contraints – de s'adapter.

Selon les données compilées par AAA Data pour le CCFA (Comité des constructeurs français d’automobiles), depuis mars 2018, la part des moteurs diesel dans les ventes de voitures particulières neuves est ainsi tombée sous la barre des 40 % : 39,83 % en mars et 39,97 % en avril. Pour aboutir à une moyenne de 40 % sur les quatre premiers mois de 2018.

La chute est devenu une véritable dégringolade depuis le début de l'année, la tendance accélérant son rythme. A titre de comparaison, rappelons que le taux se maintenait encore autour de 45 % en décembre 2017, affichant une valeur de 47,3 % sur l’ensemble de l’année 2017. Certes bien en dessous des 73 % enregistrés en 2012.

A l'heure actuelle, faute d'une offre alternative de véhicules électriques ou hybrides digne de ce nom, la motorisation essence demeure la grande gagnante d'un tel phénomène. Obtenant une part de 53,4 % des ventes au premier trimestre (47,3 % sur la même période de 2017).

La motorisation diesel victime du scandale du dieselgate

Parmi les facteurs principaux ayant conduit à un tel désamour figure en bonne place le dieselgate. Même si les analystes concèdent que le mouvement a « été enclenché il y a plusieurs années ». Le scandale aura précipité les choses.

En dehors de l'impact négatif sur l'image de marque de la motorisation diesel, sérieusement écornée par la falsification des données des émissions diesel des constructeurs, les décisions de certaines municipalités d'interdire de circulation ce type de véhicules n'arrangent rien à l'affaire.

Les annonces faites par certains constructeurs et non des moindres de supprimer de leur offre la motorisation diesel constitue un autre mauvais point freinant les intentions d'achats. Après Toyota en mars, Nissan a également décidé de ne plus proposer  de motorisations diesel en Europe sans toutefois donner de plus amples précisions sur un éventuel calendrier.

Au final, le facteur financier demeure présent dans toutes les têtes : les particuliers redoutant désormais que la valeur future de revente de leurs véhicules diesels ne prenne un sérieux coup dans l'aile dans un contexte peu propice pour eux….

Après les particuliers, les flottes d'entreprises impactées à leur tout

AAA Data observe en effet que les particuliers ont été les premiers à se détourner de ce type carburant. Ils n’ont été ainsi que 25 % à l’adopter en avril dernier.

Faisant longtemps fi de la tendance, les flottes d'entreprise s'y mettent à leur tout. D’après l’Observatoire du Véhicule d’Entreprise, le diesel a représenté 81 % des ventes B to B durant les trois premiers mois de l'année 2018. Soit 5 points de moins que durant le premier trimestre 2017.

La fiscalité : autre épine dans le pneu du diesel

Le rééquilibrage de la fiscalité entre le gazole et l’essence ne fait rien pour arranger la situation. Voire même l'accélère. Le réveil du 1er janvier ayant été quelque peu « brutal » pour certains …

Est-il besoin de rappeler que l'année 2018 a débuté avec une hausse des taxes sur le gazole de 7,6 centimes, contre seulement 3,9 centimes pour l’essence ? Désormais, la différence entre les deux types de carburants n’est plus que de 8 à 10 centimes, contre 25 centimes il y a deux ans.

Un constat mathématique qui rend les véhicules diesel plus difficiles à rentabiliser. Le fait que les malus qui leur sont appliqués en terme d'émissions CO2 soient moindres compte-tenu de leur performance dans le domaine ne permet tout de même pas d'équilibrer la donne en leur faveur. Même si la grille s’est sensiblement alourdie en début d’année.

La France suit la même tendance que l'Europe

Maigre consolation ou tendance inquiétante pour les constructeurs dont les débouchés court terme se voient ainsi restreints, compte-tenu de la pénurie d'offres alternatives : selon l’ACEA (Association des constructeurs européens), la part du diesel est tombée à 37,9 % en moyenne au premier trimestre, contre 44,8 % sur l’ensemble de 2017.

Certains experts – optimistes, est-il besoin de le préciser ? - estiment néanmoins que grâce aux avantages du diesel en terme de moindres émissions de CO2, ce type de motorisation devrait conserver une part de 30 %.

Sources : Les Echos, AAA Data, CCFA, ACEA, Observatoire du Véhicule d’Entreprise

Crédit Illustration : PSA

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