par Elisabeth Studer

La Norvège doit taxer les VE de luxe affirme le FMI

Il est temps pour la Norvège de taxer les voitures électriques de luxe, estiment les économistes du FMI. Objectif : que les subventions et autres aides à l’achat profitent davantage aux consommateurs qui en ont le plus besoin.

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Réduire le coût global des incitations fiscales

La Norvège devrait commencer à taxer les voitures électriques haut de pour réduire le coût global de ses généreuses incitations aux véhicules électriques (VE), ont déclaré jeudi des économistes du Fonds monétaire international (FMI) dans un document de travail.

Si la mesure est mise en œuvre, la Norvège pourrait ainsi voir des taxes prélevées pour la première fois sur les voitures électriques des constructeurs automobiles de luxe tels que Porsche, Jaguar, Mercedes-Benz, ainsi que les modèles haut de gamme d’Audi et de Tesla.

La Norvège exonère de taxe tous les VE 100 % électrique

Cherchant à devenir la première nation à mettre fin à la vente de véhicules dotés de moteur thermique d'ici 2025, la Norvège – pays producteur de pétrole - exonère actuellement tous les véhicules 100 % électriques des taxes imposées sur les moteurs à combustion interne.

En conséquence, 54 % de toutes les voitures neuves vendues en Norvège l'année dernière étaient alimentées uniquement par batteries, un record mondial. A comparer au taux de 42 % en 2019 et à peine 1 % il y a dix ans.

Une coûteuse politique

Mais la politique a un coût substantiel, estimé par la coalition de centre-droit au pouvoir en Norvège à 19,2 milliards de couronnes norvégiennes de perte de revenus de l'État en 2020, soit quelque 250 000 couronnes (24 811 euros) en moyenne pour chaque nouvelle voiture électrique vendue.

Les subventions profitent davantage aux revenus élevés

Plus une voiture est chère, plus la taxe de vente et les autres prélèvements auxquels l'État renonce est élevé, accordant ainsi implicitement les subventions les plus importantes aux ménages à revenu élevé tout en augmentant le coût par tonne d'émissions de carbone économisée, précise par ailleurs le journal.

La Norvège devrait améliorer le ciblage de ses incitations fiscales selon le FMI

"La Norvège pourrait améliorer le ciblage de ses incitations fiscales pour augmenter leur impact environnemental", conclut le document de trois économistes du FMI.

L'un de ces changements ciblés pourrait consister à offrir des subventions pour mettre au rebut les voitures à essence et diesel lorsqu'elles sont remplacées par des véhicules électriques, ont déclaré les économistes, ajoutant que la Norvège devrait également envisager d'augmenter les taxes imposées sur les voitures polluantes.

La taxe sur les VE, enjeu des élections en Norvège

Les propositions pourraient bien trouver un écho auprès de l'opposition norvégienne de centre-gauche, qui est donnée favorite pour les élections nationales prévues en septembre.

Tout en soutenant l'objectif de vendre uniquement des véhicules électriques d'ici 2025, le parti travailliste norvégien et d'autres partis de centre-gauche veulent tous commencer à imposer des taxes de vente sur la partie du prix du véhicule qui dépasse 600 000 couronnes (59 548 euros).

À titre de comparaison, le modèle le moins cher d'une Porsche électrique coûte 758 000 couronnes (75 229 euros), tandis que le modèle haut de gamme commence à 1,7 million de couronnes (0,17 million d’euros), selon le site Web du constructeur allemand.

Notre avis, par leblogauto.com

Le FMI met le doigt là où cela fait mal : les subventions bénéficient en priorité aux consommateurs les plus aisés et aux véhicules souvent les moins écologiques. Les VE de luxe rimant souvent avec poids, lequel poids conduit à équiper la voiture de batteries plus performantes mais plus lourdes en un cercle loin d’être vertueux … Sans compter sur l’usure des pneus induite par la masse …  phénomène qui pourrait s'avérer plus polluant que les émissions polluantes des moteurs.

Sources : AFP, FMI

Pour résumer

Il est temps pour la Norvège de taxer les voitures électriques de luxe, estiment les économistes du FMI. Objectif : que les subventions et autres aides à l’achat profitent davantage aux consommateurs qui en ont le plus besoin.

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