par Elisabeth Studer

Hydrogène : consultation pour le futur réseau de transport

GRTgaz et Teréga, les gestionnaires du réseau de transport du gaz en France, ont lancé mardi une consultation des acteurs de l'hydrogène en vue de définir la future logistique de transport de cette source d’énergie considérée par certains comme une alternative majeur aux hydrocarbures et une solution de poids pour réduire les émissions polluantes de l'industrie et les transports.

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Connaitre les besoins et les attentes en matière de transport de l’hydrogène

GRTgaz et Teréga précisent que l'objectif est de connaître les besoins et les attentes "afin d'imaginer et planifier ensemble le réseau de transport d'hydrogène de demain ».

Tous les acteurs concernés - industriels, producteurs et utilisateurs actuels ou futurs d'hydrogène décarboné, expéditeurs, acteurs publics, experts - sont très largement invités à répondre, via un questionnaire en ligne, sur leurs attentes en matière de production et de consommation, leurs besoins de stockage...

L'essor du marché de l’hydrogène difficile à appréhender

La consultation devra se poursuivre dans le temps, au fur et à mesure que se précisera l'essor du marché de l'hydrogène bas carbone.

Reste que les projections actuelles fournissent des chiffres variés : la filière prévoit 220 TWh en 2050, le gestionnaire du réseau électrique RTE table pour sa part sur 150 TWh.

La production de l’hydrogène encore issue de combustibles fossiles

L'hydrogène suscite un fort intérêt car, notamment dans le secteur automobile, son utilisation comme carburant n’émettant que de la vapeur d'eau, ce qui pourrait contribuer à décarboner industrie et transports lourds.

Mais sa production est à l’heure actuelle essentiellement basée sur l’utilisation de combustibles fossiles. Pour pouvoir constituer une réelle alternative aux hydrocarbures, il doit encore s’afficher plus vert en utilisant des procédés plus écologiques et moins couteux en énergie.

Travaux de recherche et développement depuis plus de 5 ans

GRTgaz mène des travaux de recherche et développement depuis plus de cinq ans pour adapter son infrastructure au transport d'hydrogène bas-carbone et renouvelable, a souligné son directeur général Thierry Trouvé.

Logistique européenne de l'hydrogène : un sujet majeur

"C'est un sujet majeur si l'Europe et la France veulent voir se développer une économie de l'hydrogène, qui est indispensable pour réussir la neutralité carbone en 2050. La logistique européenne de l'hydrogène s'invente maintenant", a-t-il ajouté, relevant qu'une partie des canalisations existantes pourront être converties.

Le transport impliquera aussi de "se coordonner avec les voisins européens", notent également les gestionnaires de réseaux.

De grands pôles de consommation ont été identifiés en France, surtout autour de plates-formes industrielles et de zones portuaires.

Le pays apparaît aussi dans une "situation géographique favorable" sur un futur réseau européen reliant Belgique, Allemagne, Suisse ou encore Espagne, où Teréga s'attend à une poussée de l'hydrogène vert issue d'électricité solaire.

Hydrogène vert : complexité des importations sous-estimée

En décembre 2020, un rapport de l’Institut allemand Fraunhofer pour la recherche sur les systèmes et l’innovation ( Fraunhofer ISI) indiquait que l’importation à grande échelle d’hydrogène vert était très complexe et que de nombreuses études sous-estimaient les problèmes qui doivent encore être résolus.

« Le sujet de l’importation d’hydrogène vert dans toute sa complexité est encore trop peu compris, et les défis et les tâches qui restent à résoudre à l’avenir sont donc en partie sous-estimés », affirmait le rapport, soulignant de fortes incertitudes concernant les futurs prix d’importation, les critères de durabilité, la disponibilité de capitaux, la coopération internationale, entre autres.

Selon les chercheurs de l’Institut allemand, le futur marché des importations d’hydrogène en Allemagne et en Europe pourrait représenter entre 100 et 700 milliards d’euros par an, selon les applications de l’hydrogène et d’autres sources d’énergie qui en découlent.

Notre avis, par leblogauto.com

Cette consultation voit le jour alors que l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et techniques (OPECST) a récemment estimé dans une note que l’hydrogène était loin de disposer de toutes les vertus qu’on voudrait bien lui attribuer. Considérant même

que cette source d’énergie ne constituait « pas la solution miracle » pour répondre à tous les défis de la transition énergétique.

Alors que le rôle de l’OPECST est d’éclairer les parlementaires sur les conséquences des choix de politique publique à caractère scientifique et technologique, sa note souligne notamment le « faible rendement » énergétique de l’hydrogène, et sa distribution « délicate et coûteuse ».

L’OPECST souligne par ailleurs que pour que l’hydrogène puisse être utilisé dans les véhicules particuliers, « deux questions majeures » ne sont pas réglées : « l’emport de l’hydrogène dans la voiture, et l’existence d’un réseau logistique de stations-service ».

« Si on veut développer l’hydrogène pour les véhicules légers, il faut se pencher sur la question logistique qui à cet instant n’est pas réglée » a ainsi déclaré Gérard Longuet, en rappelant au passage qu’il avait fallu « 50 ans pour généraliser les pompes automatiques de carburant ».

Sources : AFP

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Pour résumer

GRTgaz et Teréga, les gestionnaires du réseau de transport du gaz en France, ont lancé mardi une consultation des acteurs de l'hydrogène en vue de définir la future logistique de transport de cette source d’énergie considérée par certains comme une alternative majeur aux hydrocarbures et une solution de poids pour réduire les émissions polluantes de l'industrie et les transports.

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