par Thibaut Emme

PSA : des salariés Polonais pour l'usine d'Hordain (Sevelnord)

Nouveau bras de fer en vue entre les syndicats et les constructeurs automobiles Français. Le groupe PSA fait venir des salariés de Pologne pour aider à la production à Hordain (Nord).

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Dès la semaine prochaine, 120 salariés Polonais de l'usine Opel de Gliwice (Astra) arriveront à Hordain (Sevelnord). Ils seront rejoint rapidement par 150 autres ouvriers de la même usine. Leur mission devrait durer trois mois et il seront logés par PSA, dans la région. La direction du site justifie ce renfort par les commandes en attente. En effet, environ 30 000 utilitaires doivent être assemblés au plus vite.

La Direction vise 531 personnes de plus pour obtenir trois équipes de production à partir du début du mois de juillet. Le groupe PSA justifie ce renfort interne par la nécessité de privilégier ses propres salariés plutôt que de faire appel à de l'intérim externe. L'usine Polonaise est en activité partielle pour encore quelques temps. Des salariés Espagnols (de l'usine de Saragosse) pourraient aussi être appelés en renfort.

Du côté des syndicats, on ne veut pas de ces "nomades de l'industrie automobile à travers l'Europe" (CGT). FO regrette également que PSA ne fasse pas appel aux intérimaires Français. De 500 intérimaires, l'usine est passé actuellement à 270. Les autres ont vu leur mission interrompue.

Mise en concurrence des ouvriers en Europe ?

Le secrétaire national du PCF et député du Nord, Fabien Roussel, s'est indigné que l'entreprise fasse "venir 531 salariés polonais (...), alors que 502 intérimaires sont mis en chômage partiel."

"C'est honteux ! PSA met en concurrence les salariés européens, les opposent en comparant leurs salaires et provoque du chômage en France. C'est à vomir !", a-t-il écrit sur Twitter.

Sauf que, PSA précise que les salariés Polonais qui viendront travailler temporairement en France à Hordain seront rémunéré selon la grille Française du secteur. Pour PSA, il n'y a donc pas concurrence entre les salariés ni de course au moins-disant niveau salaire. Le recours à des salariés internes n'est - à priori - pas interdit légalement.

Et le patriotisme dans tout cela ?

Certains pourront trouver qu'il n'est pas du tout patriotique pour un groupe Français de ne pas participer à la relance économique en rembauchant des intérimaires. Dans le même temps, en reprenant des intérimaires alors qu'il a des salariés en activité partielle, le groupe PSA perdrait de l'argent. Payer des salariés dont l'usine ne produit pas pleinement et embaucher des intérimaires, revient plus cher que de faire déplacer, loger, et payer "comme des Français" des ouvriers d'un autre site.

Quand l'usine Polonaise reprendre sa pleine activité, les intérimaires reviendront naturellement à Hordain. A l'inverse, le groupe PSA envoie également, de façon temporaire là aussi, des salariés Français de Poissy à Rennes-La Janais, de Mulhouse à Sochaux pour la France. Pour l'Angleterre, certains salariés de Ellesmere Port vont temporairement travailler à Luton.

Ici, le problème semble surtout venir du fait que l'on fait appel à de la main d'oeuvre d'un autre pays.

L'usine d'Hordain, proche de Valenciennes, produit pour les marques Peugeot, Citroën, Opel, Vauxhall et Toyota des utilitaires et des véhicules pour le transport de personnes. Elle a fermé de mi-mars à début mai à cause du confinement lié à la pandémie de covid-19.

Avec AFP/jpa/rl/eb

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Nouveau bras de fer en vue entre les syndicats et les constructeurs automobiles Français. Le groupe PSA fait venir des salariés de Pologne pour aider à la production à Hordain (Nord).

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