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Le gouvernement coupe les ailes du marché électrique selon la filière auto

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La Plateforme automobile (PFA) – laquelle rassemble la filière française du secteur – tire à boulets rouges contre le gouvernement. Pointant du doigt la stratégie menée par ce dernier envers – ou plutôt contre – les véhicules électriques, elle estime ni plus ni moins que le décollage du marché dans l’Hexagone s’avère compromis par la politique gouvernementale. Supposée être incitative et à but écologique, la Plateforme considère désormais qu’elle ne remplit pas ses objectifs.

Une déclaration qui intervient à la suite de l’annonce de la diminution en 2021 et 2022 du bonus écologique accordé à l’achat de véhicules électriques. 

Le malus transformé en un impôt déguisé selon la PFA

« Le dispositif de bonus/malus, dans son principe, est destiné à orienter le marché vers l’achat de véhicules à zéro ou faibles émissions de CO2, en désincitant les consommateurs à l’achat des véhicules les plus polluants, d’une part, en les encourageant à l’achat des véhicules les plus propres, d’autre part » rappelle la plateforme dans un communiqué.
Selon elle « les choix annoncés aujourd’hui par le gouvernement remettent en cause ce mécanisme vertueux ». Plus encore, observant que « la logique d’affectation des recettes de malus vers le bonus a disparu », elle estime que la mesure transforme « le malus en un impôt déguisé » « fragilisant le bonus des véhicules électriques au moment où il sera le plus nécessaire. »

Malus fortement augmenté, bonus fortement baissé …

La Plateforme précise par ailleurs que la nouvelle grille de malus pour 2020 se traduit par une multiplication par cinq ou six des malus payés par les consommateurs et un déplafonnement de 12.500 à 20.000 €.

Alors qu’en toute logique et par un souci d’équilibre conforme à l’objectif initial du mécanisme, on pourrait s’attendre à une hausse du bonus écologique …. c’est le contraire qui a été décidé.

Le gouvernement annonce ainsi une baisse continue d’ici à 2022 du bonus pour les particuliers, et la division par deux, dès 2020, du bonus sur le marché des professionnels.

« A terme, à horizon 2022, le bonus pour les particuliers sera réduit à 4000 euros et on aura divisé par six le bonus sur un marché des professionnels qui représente le plus fort potentiel à l’achat de véhicules électriques et qui pèse plus de la moitié du marché global » constate la PFA.

Le gouvernement non conforme à ses engagements selon la PFA

Le gouvernement « n’est pas au rendez-vous de ses engagements », alors qu’il s’est « engagé à maintenir un niveau soutenu de bonus […] et accélérer le déploiement des infrastructures de recharge », regrette par ailleurs la plateforme automobile.

Plus encore, la Plateforme rappelle qu’à partir de la signature du contrat stratégique de filière en mai 2018, les constructeurs se sont fixés pour objectif de multiplier par cinq les ventes de véhicules électriques d’ici à 2022.

« Les industriels sont plus que jamais au rendez-vous avec des investissements massifs et une gamme : 100 modèles de véhicules électriques disponibles en 2019, 176 en 2020, 214 en 2021, 333 en 2025… » tient encore à rappeler la Plateforme. Qui se sent bernée …

« Le gouvernement, en apposant sa signature au contrat stratégique de filière, s’est engagé, non seulement à offrir de la visibilité mais, surtout, à maintenir un niveau soutenu de bonus pour la phase de décollage du marché et à accélérer le déploiement des infrastructures de recharge. Force est de constater qu’il n’est pas au rendez-vous de ses engagements » précise-t-elle ainsi.

Incohérence des choix du gouvernement

« On ne peut dès lors qu’être frappé par l’incohérence des choix qui sont faits aujourd’hui : comment peut-on, d’un côté, plaider l’exigence et l’accélération de la trajectoire en Europe, et de l’autre, en France, ne pas se donner les moyens de ses ambitions ? », s’insurge par ailleurs la PFA.

« Être ambitieux sur les objectifs et manquer à ce point d’ambition sur les moyens, c’est réduire ses ambitions à de l’affichage politique » affirme-t-elle tout net.

L’ objectif de multiplier par cinq les ventes de véhicules électriques d’ici à 2022, « suppose, pour la seule année 2020, le doublement des ventes de véhicules 100% électriques et hybrides rechargeables » précise-t-elle. « Or, l’enveloppe du bonus retenu par le gouvernement n’augmente que de 50% » déplore-t-elle. »

Un décollage compromis

« L’expérience sur d’autres marchés montre qu’il n’y aura pas de décollage du marché du véhicule électrique sans incitations fortes à l’achat – la ministre l’a elle-même souligné à l’occasion des débats parlementaires. Avec un durcissement sans précédent du malus qui ne se traduit, en contrepartie, que par un bonus réduit a minima à horizon 2022, c’est la double peine pour le consommateur » s’insurge encore la PFA.
Au total, le grand risque est que tout le monde soit perdant : l’industrie, l’écologie et le pouvoir d’achat des Français », a insisté Luc Chatel, président de la Plateforme automobile (PFA).

Notre avis, par leblogauto.com

Il est clair que la PFA plaide pour sa chapelle et non pour l’écologie. Si elle regrette la baisse des subventions qui ne disent pas leur nom …. ce n’est pas dans un souci de protéger la planète …. mais plutôt face à la baisse de rentabilité que de telles mesures imposent aux constructeurs automobiles. Lesquels doivent investir massivement dans de nouvelles technologies pour pouvoir offrir des motorisations électriques leur permettant d’être globalement conformes aux nouvelles normes environnementales.

La baisse du bonus écologique modifie donc avant tout leur business model, réduisant leurs marges … et leurs ventes, en limitant les incitations à l’achat. Perdant ainsi sur les deux tableaux, on peut comprendre leur colère …

Reste que la PFA n’a pas tout à fait tort en indiquant que le malus a été transformé en un impôt déguisé. Le principe initial de ponctionner les pollueurs dans le but de favoriser l’achat de véhicules plus écologiquement corrects a semble-t-il était oublié … le but final semblant désormais de renflouer les caisses de l’Etat.

Sources : PFA, AFP

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52 Commentaires sur "Le gouvernement coupe les ailes du marché électrique selon la filière auto"

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Fred21
Invité

Les amendements vont plus vite que l’étude, les tests, l’installation, la gestion de la chaine d’appro., la production, etc …
D’un côté on oblige à une vue à longs termes gérée par des gens qui voient à courts termes et au sens électoral. C’est juste incompatible et non logique cette façon de faire.
L’écologie peut se faire et se fera toujours mieux sur un plan long défini et accepté que sur des coups d’éclats ou autres buzz de réseaux.

Xavier
Invité

Tout le monde s’agite soudainement l’auto pollue mais il faut toujours en vendre plus, alors de l’hybride, de l’électrique, on donne une prime, on rajoute une taxe, puis on réduit la prime mais on va interdire l’auto dans les villes.
C’est sur que l’acheteur à de quoi se perdre, la visibilité est plutôt mauvaise pour certains, la seule certitude pour l’automobile:
Pas bouger, on verra quand ils seront calmés !

Allegra
Invité

Le malus se serait donc transformé en impôt déguisé ? Ben ça alors, quelle surprise… Disons que le but n’est plus de taxer les modèles les plus polluants mais de taxer les voitures tout court, en dehors de l’électrique mais pour combien de temps ?

AXSPORT
Invité

Courage aux vendeurs

Mwouais
Invité

Faut il vraiment ? Quelqu’un prend-il plaisir avec un vendeur ?

Le vendeur n’était il pas plutôt un mal nécessaire ? Et ne me parlez pas de conseillé vente, c’est encore plus supercheriel.

pomme
Invité
Etant commercial VN je ne peux déplorer ce commentaire. Je pense que vous n’imaginez même pas la quantité de travail et de stress que représente le process de vente d’un véhicule, du premier contact à la livraison et le suivi en après vente. Pression du constructeur sur le suivi des leads, des notes qualités pour lesquels il faut limite se prostituer en réclamant une bonne note au client car cela a de grosse conséquences financières derrière, la gestion de tous les petits problèmes du quotidien concernant la qualité de préparation des dossiers, de la voiture en elle même, etc… Avez… Lire la suite >>
Mwouais
Invité
@pomme : je me doute bien que mon post ne soit apprécié par les vendeurs de VN. L’idée n’est pas de dire à mal sur les hommes en charge de ces missions. Le stress : certainement présent mais ne l’exagerons pas en regard d’autres professions plus conflictuelles avec les clients. La charge de travail : je vois régulièrement des chargés de vente en concession plus sur leur mobile que sur leur activité lorsque les concessions sont désertes. La finalité : vendre au meilleur prix pour la concession et donc tirer du client le plus haut prix possible. Certes commun à… Lire la suite >>
zeboss
Invité

@mwouais : faudra pas la ramener si le monde se déshumanise avec les ventes par Internet…
Déjà les commentaires sur les véhicules sont plus sur la vitesse de réaction de l’écran que sur la tenue de route… Donc demain si c’est juste un configurateur qui te répond, ça va donner encore et encore des résultats catastrophiques (achat sans rapport avec les besoins, conflit sur les fonctionnalités du véhicule.. ) surtout pour une économie ridicule…
Faut pas croire que le client doit être roi tout le temps, si le seul facteur qui compte pour toi est le prix final, va acheter en Chine…

Mwouais
Invité
@Zeboss : je déteste l’idée du client roi, je crois le client en droit à un service et un prix en rapport avec l’objet ou la prestation. Lorsque le véhicule est disponible chez mandataire 10% moins cher (avec mêmes options) ou que le vendeur essaie de fourguer l’option inutile ou une somme d’options plutôt qu’un pack, lorsqu’il fait croire qu’il faut la GT Line S pack AMG au papy, lorsqu’il met 30 minutes à venir voir si un avis vente est nécessaire, lorsqu’il prends les commandes sandwiches en te faisant patienter, lorsqu’il est fatiguant à décrier le concurrent, lorsqu’il a… Lire la suite >>
pomme
Invité
tu peux très bien avoir des vendeurs impliqués par ce qu’ils font et un bon SAV. Ton commentaire précédent étant orienté sur les vendeurs, je n’ai fait que répondre à celui-ci. La baisse des prix va souvent de paire avec la baisse des marges et donc une baisse de qualité également. Quand on sait ce que laisse une marge sur un véhicule, ça ne fait rouler personne sur l’or pour toutes personnes qui est salariée d’une concession ( hors marques premium ). Quand tu parles des vendeurs qui sont sur leur téléphone, tu peux généraliser celà à beaucoup de monde,… Lire la suite >>
Mwouais
Invité
@pomme : je réagissait à ton message, pas plus : je n’ai pas pour plaisir de démolir une profession et le respect d’autrui l’anime avant tout. Cependant, force est de constater des éléments nombreux que je n’apprécie pas chez les vendeurs auto. Pour côtoyer et faire face professionnellement à des vendeurs plus commerciaux (B2B), les négociations sont autrement plus intéressantes et motivées, le niveau est autre. Par ailleurs négocier en souk est amusant à très petite dose. La négociation auto est entre ces 2 mais les arguments sont toujours que vous perdez de l’argent à me vendre à ce prix… Lire la suite >>
Mwouais
Invité

Je peste aussi assez souvent sur les correcteurs auto : je réagissais …par exemple

Miké
Invité

Illisible.

Invité

supercheriel … je ne connaissais pas ce mot là

Leaker
Invité

« Le gouvernement coupe les ailes du marché … auto »

Leaker
Invité

« Le gouvernement coupe les ailes du marché … auto »

AVENUE
Invité

@ Leaker
Il ne fallait s’attendre à rien d’autre de la part de Le Maire

Mwouais
Invité

Je conseillerais aux constructeurs auto de se mettre au véhicule léger sur rails (existants) pour palier les grèves des transports, augmenter la rentabilité des transports à charge partielle et même arrêter de poser des caténaires sur les voies en arrière pays.

De plus, ils s’entraîneraient de la sorte à la conduite autonome.

(Excusez-moi, une vielle lubie)

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