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Le film du samedi : Hot rod girl

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Les années 50, aux Etats-Unis, sont marquées par l’explosion des teenagers. Les adolescents des classes moyennes ont pas mal d’argent de poche et ils veulent le dépenser. L’automobile est très présente dans cette univers à la fois très conventionnel (l’après-guerre est puritaine) et un peu rebelle. Tout un genre cinématographique met en scène de jeunes gens au volant de bolides. C’est le cas d’Hot rod girl.

Hot rod « tout court »

La customisation, aux Etats-Unis, est contemporaine de la production en série. Gonfler sa Ford T ou sa Chevrolet se faisait déjà dans les années 10. Néanmoins, il fallu attendre la fin des années 30 pour voir un mouvement structuré, avec ses codes, ses habitudes, ses héros, etc. Dans les années 50, ces bandes de Californiens, un peu marginaux, qui roulaient à tombeau ouvert, effrayaient.
Henry Gregor Felsen, modeste écrivaillon, rédigea Hot rod, en 1950. L’histoire parlait d’un jeune rodder, témoin de la mort de ses deux amis lors d’un run sauvage. Suite à cela, il voulait éduquer ses congénères sur les dangers de la vitesse.

Sous prétexte de dénoncer les dérives du rodding, Felsen en fit un descriptif minutieux du milieu, des voitures, etc. Devant le succès de l’ouvrage, il en rédigea à la chaine. Nombre d’adolescents ont découvert le rodding grâce à lui. Et à Oakland, un lycéen du nom de Clinton Eastwood Junior alla jusqu’à s’offrir un Ford ’32 et un blouson en cuir…

Hot Rod

Hot rod girl

6 ans plus tard, Nacimera Production voulait tourner des séries B pas chères et faciles à vendre, notamment aux drive-in. Son premier produit… euh… film est Hot rod girl. L’histoire parlait d’un jeune rodder, témoin de la mort de son frère lors d’un run sauvage. Suite à cela, il voulait éduquer ses congénères sur les dangers de la vitesse (NDLA : toute ressemblance avec un roman déjà publié…)

La réalisation était confiée à l’ultime tâcheron, Leslie H Martin. C’est (il est toujours vivant) un véritable stakhanoviste de la caméra. Rien que pour la TV, il a réalisé des épisodes de Batman, Wonder Woman, Mission : Impossible, Cannon, L’homme de fer, Mannix, L’homme qui valait 3 milliards, Super Jaimie, Dallas, Huit, ça suffit, C.Hi.P.S., Arnold & Willy, Supercopter et La petite merveille!

Hot-Rod-Girl 2

La tête d’affiche, c’est John Smith, alias Jeff Northrup. Pendant 79 minutes, il se prend pour Calimero. En 1955, on lui aurait préféré un simili-Marlon Brando. Mais avec le recul, son personnage fragile, complètement passif, est assez moderne. A ses côtés, Lori Nelson, alias Lisa Vernon. Contrairement à ce que le titre suggère, elle n’a pas de hot rod. Elle n’est que la copine de Northrup.

Mark Andrews est Bronc Talbott, le rival de Northrup. Il est beau, friqué, arrogant et conduit une T-Bird (NDLA : en fait, la voiture personnelle de Nelson.) Bref, c’est un méchant, avec la subtilité d’un rôle bollywoodien. Enfin, il y a Chuck Connors, qui interprète le détective Ben Merrill. Homme de loi, il est sévère, mais juste. C’est un figure paternelle, qui mesure une tête de plus que les jeunes. La magie d’Hollywood, c’est que le même acteur jouera le petit vieux rabougrit de Soleil Vert, 20 ans plus tard.

Hot-Rod-Girl 4

On se croirait dans un épisode de Happy days post-saut du requin. Les quatre acteurs font ce qu’ils peuvent pour tenir le film à bout de bras. Le budget est indigent. Au point où l’appartement de Northrup se limite à un coin de décor. Les autres acteurs (dont la bande de Northrup) ont au maximum 3 lignes de dialogue. Quant aux scènes de crash, elles sont sous-entendues à coups de bruitages et de fondus au noir. Mais comme c’est un film ancien, en noir et blanc, ce dénuement n’est pas aussi criant que d’habitude.

Hot rod girls montre donc peu de scènes de voitures. La production préférant filmer Northrup en train de pleurnicher et Talbott faisant le dragueur de supermarché auprès de Nelson. La bande de rodders est assez réaliste. On était malgré tout dans une époque conservatrice. Vu de 2014, ils semblent sorti d’un épisode d’Hélène et les garçons: des jeunes qui boivent des milk-shake et écoutent du be-bop. Dire qu’à l’époque, c’était des gens comme ça qui faisaient peur…

Hot-Rod-Girl 3

Capsule temporelle
L’accroche promet de la baston, des « chicken-race », de la musique noire et du sexe entre gens même pas mariés. Nacimera n’hésitait pas à faire du racolage actif. Il y a du y avoir des déçus… De toutes façons, en 1956, la plupart des teenagers allaient surtout dans les drive-in pour y chercher de l’intimité… Ils se fichaient bien de ce qui passait à l’écran.

Et ça a suffisamment marché pour qu’en 1957, Edward L Cahn tourne un clone, Dragstrip girl, avec Tommy Ivo (qui hasard ou coïncidence, était un vrai rodder.) Il y eu aussi Hot rod rumble (1957), Hot rod gang (1958) et bien plus tard, Hot rods to hell (1967.) On pourrait parler de « Felsenploitation » !

Nacirema a disparu depuis longtemps et le film est dans le domaine public. Notre ami Roger Corman a flairé l’aspect « nostalgie » et il propose une réédition DVD de Hot rod girl.

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3 Commentaires sur "Le film du samedi : Hot rod girl"

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lulu94
Invité

Quand un article sur le film  » enfer mecanique » ( pas sur du titre)
racontant l’histoire d’une voiture tueuse possédé par le diable, qui terrorisa
une petite ville américaine,

juuhuu
Invité
Ca a l’air énorme ce film !!!! L’histoire se déroule à Santa Ynez, communauté fictive située dans les montagnes de l’État de l’Utah. Une énorme berline noire roule à tombeau ouvert sur la route du désert. Elle frappe d’abord deux cyclistes dans les montagnes, puis un auto-stoppeur aux abords de la ville. Les policiers du comté, menés par le shérif Everett et le capitaine Wade Parent, commencent l’enquête. Le soir, Everett est à son tour fauché sur la grande rue du village. Le lendemain matin, la voiture s’attaque à un groupe d’enfants en train de pratiquer une fanfare. Les enfants… Lire la suite >>
lulu94
Invité

aller mr JJO
a quand un article sur ce film hors normes

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