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Où en est l’industrie automobile Britannique ?

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Le SMMT (association britannique des constructeurs automobile) vient de publier son rapport annuel. En 2014, lîle a produit 1 528 148 véhicules. C’est la troisième année consécutive de hausse. Un chiffre qui mérite une mise en perspective.

60 années de baisse de la production

Après la deuxième mondiale, l’industrie britannique est la première à redémarrer. La Grande-Bretagne est un colosse européen. En 1950, 1 060 000 voitures particulières furent produites sur le vieux continent. La Grande-Bretagne y contribua à hauteur de 500 000 unités (auxquels il fallait ajouter 284 000 utilitaires.) Au niveau mondial, seuls les Etats-Unis faisaient mieux.

Ford Dagenham

La Grande-Bretagne passa à côté du train de la reprise. Tenue à l’écart de l’Europe des Six, elle ne pu bénéficier de l’ouverture des frontières. Elle exportait beaucoup, mais il s’agissait essentiellement de voitures de sport (la Mini étant l’exception qui confirme la règle.) En 1972, la production atteignit 1 921 311 unités (en comptant les utilitaires), alors que la France produisait 3 328 000 véhicule. Cette année 1972 restera néanmoins le meilleur millésime de l’automobile britannique.

Ford Escort 1972

Ensuite, la production n’a eu de cesse de s’effondrer. Le pire fut atteint en 2009, avec 999 460 véhicules. La Grande-Bretagne semblait sur le point de disparaitre de la planète automobile. D’ailleurs, peu après, le British International Motor Show de 2010 fut annulé. Le pays n’avait plus de salon « mondial ».

Ensuite, l’industrie a entamé une convalescence. Le chiffre de 1 598 879 unités pour 2014 est donc encourageant. Même s’il est inférieur aux 1 817 000 voitures sorties des usines françaises.

Jaguar XF

Reste que l’on est très loin du géant de 1950. 14e producteur mondial, la Grande-Bretagne se retrouve derrière des pays exotiques comme le Méxique, la Russie ou la Thaïlande. L’Indonésie, en forte hausse, pourrait bientôt le dépasser.

En Europe, il est 4e, derrière l’Allemagne, l’Espagne et la France. C’est d’ailleurs en Allemagne et en Espagne que sont produites les Ford Fiesta, meilleure vente du marché Britannique. Shocking !

Mazda Thailand

Made in Great Britain

En 2014, quelle était la première production du Royaume-Uni ? La MINI ? Le Range Rover Evoque ? La Jaguar XF ? Perdu, c’est le Nissan Qashqai, avec 285 110 unités ! Et l’on parle bien du Qashqai vendu dans toute l’Europe. Si vous en possédez un, vous roulez Britannique !
Dans les années 80, Margaret Thatcher déroula le tapis rouge aux Japonais. Elle cherchait des constructeurs pour compenser les nombreuses fermetures d’usines chez Austin-Rover et Peugeot UK (ex-Rootes.) Les Japonais, eux, avait besoin de faire du « made in UE » pour contourner les quotas qui leur étaient imposées. A l’époque, d’aucun ricanaient à propos de ces « usines tournevis ». Puis, Honda, Nissan et Toyota investirent lourdement pour équiper leurs sites. En 2014, Nissan a produit environ 500 000 unités à Sunderland ; il fut ainsi le premier constructeur britannique (et de loin.) En y additionnant Honda et Toyota, on atteint une grosse moitié de la production. Donc, sans les Japonais…

Nissan Qashqai

Bien sûr, les malheurs de Rover ont terriblement impacté l’industrie britannique. Mais dés les années 80, la clientèle migra vers Ford et Vauxhall. Ils étaient perçus comme Britanniques, y compris pour les modèles produit sur le continent (comme la Mondeo.) Leurs état-majors décidèrent qu’en Europe, ce seraient les entités allemandes qui auraient la main. Les usines britanniques ne produisirent plus que les modèles à conduite à droite. Les bureaux locaux de recherche et de design furent sacrifiés. Puis, comme la production chutait aussi sur le continent, Detroit décida que les usines continentales produiront aussi des modèles à conduite à droite.
A l’été 2013, Southampton a produit son dernier Ford Transit. En Grande-Bretagne, Ford ne dispose plus que d’une usine de moteurs, à Dagenham. Quant à Vauxhall, il n’assemble plus que des Astra, Vivaro et Movano.

Ford Southampton

L’autre talon d’Achille de la Grande-Bretagne, ce sont les utilitaires. Les poids-lourd locaux traversaient rarement la Manche ou la mer du Nord. Ils se pensaient maitre chez eux. Or, dans les années 70, Daf, Scania et Volvo envahirent le Royaume Uni, avec des stratégies commerciales agressives. Puis ce furent au tour des utilitaires moyens et légers de subir la concurrence continentale. Bedford, ERF, Foden, Ford PL, Guy, LDV et Seddon Atkinson ne s’en remirent pas. Avec 70 731 utilitaires produit en 2014, la Grande-Bretagne a quasiment disparu du radar.

ERF

Une note d’optimisme

Dés les années 90, la Grande-Bretagne a eu conscience que chez les généralistes et dans les utilitaires, elle ne pouvait lutter face aux « pays low-cost ». Downing Street pria les industriels de se débrouiller tout seuls. A contrario, la force du pays, c’était le luxe et le sport. Des industries ayant un savoir-faire, donc plus compliqué à délocaliser, qui s’exportent et où les profits sont plus élevés.
Ainsi, 78,2% des véhicules produits en Grande-Bretagne furent exportés. Prix moyen : 21 900£ (30 000€.) Un tarif supérieur à la moyenne (par exemple, en France, l’acheteur moyen dépense 24 000€.)

La Grande-Bretagne, c’est aujourd’hui Aston Martin, Bentley, Caterham, Jaguar, Land Rover, Lotus, McLaren, MINI, Rolls-Royce… Toutes ces entreprises sont d’ailleurs en train d’embaucher, de bâtir des sites de R&D  et d’agrandir leurs usines. A moyen terme, Jaguar-Land Rover pourrait même dépasser Nissan comme premier constructeur. Le SMMT est d’ailleurs optimiste et il prévoit une belle envolée de la production pour les années à venir.

Jaguar XE

 

Crédits photos : Aston Martin (photo 1), Ford (photos 2, 3 et 7), Jaguar (photos 4 et 9), Mazda Thailand (photo 5) et Nissan France (photo 6)

Source :
SMMT

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30 Commentaires sur "Où en est l’industrie automobile Britannique ?"

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SGL
Invité

Ben déjà elles n’appartiennent plus aux Anglais, sauf McLaren, et depuis Thatcher cela semble de pas les gêner !?
Bon maintenant pour les emplois, c’est un succès total grâce aux implantations des usines.

...
Invité

Et Aston Martin et TVR… avec un peu d’eau dans son vin disons…

SGL
Invité

Ok pour l’artisan TVR, je l’avais oublié ! Mais pour Aston Martin anglais !? Depuis les années 80 c’est Grec puis Américains (Ford) puis Koweïtien et un peu anglais et bientôt Allemand avec Mercedes.
Bref pas grand-chose d’Anglais, ni dans les capitaux, et peu de chose dans l’ingénierie.

GTO
Invité

Cet article me fait penser à celui de Top Gear en 2013. Hammond se trouvait dans l’usine Rolls-Royce et indiquait que bon nombre de pièces venaient d’Allemagne. Ce document est passé sur RMC Découverte le 3 juin 2015.

zafira500
Invité

TVR est propriété d’un russe si je me souviens bien.

pcur
Invité

Honnêtement, et alors ? dans le monde d’aujourd’hui les capitaux changent tellement vite de main que ça n’a plus vraiment de signification. A qui appartient peugeot ? à l’état français, aux peugeot ou aux chinois ? Finalement l’essentiel c’est qu’une production et un savoir faire subsiste localement, et c’est bien le cas en Angleterre.

SGL
Invité

C’est comme vous voulez !
Mais en attendant Peugeot, heureusement, ce n’est que 15% Chinois !
Et ça va comme ça, déjà on a eu Alstom, Alcatel, bientôt Areva !?
Il faut que les Français se réveillent un peu, non ?
Et heureusement que Renault va bien et qu’elle a des ambitions d’extension !

phil
Invité

Aston Martin, Bentley, Caterham, Jaguar, Land Rover, Lotus, McLaren, MINI, Rolls-Royce… Les capitaux ne sont plus forcement anglais, mais putain, ce sont tout de même se sacrées marques… nous nous avons Renault, Peugeot, Ds, Citroën… A oui j’oublié PGO et bientôt Alpine pour remonter un peu le coté émotionnel des marques françaises !

GTO
Invité

@phil, vous oubliez de mentionner Bugatti. L’entreprise appartient à VAG mais le siège social et l’usine sont situés à Molsheim en Alsace. La France avait des constructeurs prestigieux dont le dernier représentant fut Facel Vega. Mais après la guerre ils ont disparus la faute à la conjoncture économique et aux politiques publiques (encore visibles aujourd’hui).

SGL
Invité

Oui c’est vrai !
Mais avec des capitaux illimités en France on pourrait aussi faire renaitre de belles marques et ce n’est pas les noms qui manquent ! :
DELAGE, DELAHAYE, FACEL VEGA, VOISIN, PANHARD, SALMSON, TALBOT (avant-guerre !) etc.

SGL
Invité

En réalité l’industrie automobile Britannique se retrouve un peu comme Bugatti en France, certes ils ont encore, et fort heureusement, des BE ingénierie pour leur marque mais de moins en moins.
Dorénavant McLaren fait exception.

SGL
Invité

Bref l’industrie automobile Britannique a déjà un fort goût de technologie étrangère, Allemande principale, historiquement Américains (le V8 Rolls-Royce est basé sur un GM) et dans le futur de plus en plus Chinois et Indiens.
Certes la France ne fait pas du haut de gamme mais on a la chance d’être dans pays qui a encore la capacité de concevoir et faire une auto de A à Z, alors ne crachons pas trop dans la soupe !

Doeds
Invité

L’extension constante des sites d’ingéniérie Jaguar Land Rover suffit à contredire ton analyse.
Et JLR au contraire retrouve la capacité de concevoir une auto de A à Z au Royaume-Uni, alors que les constructeurs français la perdent.

SGL
Invité

Ok pour c’est fois-ci, je suis assez content paradoxalement d’avoir tort @ Doeds, mais même là la propriété intellectuelle des futurs brevets et avancées technologiques ainsi que la totalité des maquettes numérique appartienne au groupe TATA avec le droit de faire des transferts technologiques à volonté sur une décision indienne et non pas Anglaise !

SGL
Invité
Il est loin l’époque ou l’Angleterre faisait les meilleurs moteurs V12 d’avions au monde avec l’Allemagne ! (Merlin pour les Anglais et série Daimler-Benz 600 pour les Teutons) Avec les Américains qui se sentaient obligés de prendre la licence du Merlin chez Packard à cause de leur Allison médiocre puis le Rolls-Royce Tay en j48 puis Rolls-Royce Spey en TF41 pour les réacteurs etc. Pardon mais maintenant quand je vois une nouvelle Rolls-Royce je vois le porte-drapeau du groupe BMW et quand je vois Bentley je vois le porte-drapeau du groupe VW et quand je vois une nouvelle Jaguar et… Lire la suite >>
zafira500
Invité

« le V8 Rolls-Royce est basé sur un GM) »
Bouh la bourde! Les moteurs Rolls-Royce ont toujours été des moteurs Rolls-Royce (enfin moins maintenant car d’origine BMW).
Vous confondez avec le V8 Rover (et Range) qui était basé sur un moteur Buick.

SGL
Invité

Effectivement vous avez raison, on parle même d’une légende tenace !
Personnellement je les toujours entendu et par la force des choses, cru.
Je viens de lire que le V8 s’inspirait dans le design au fameux Merlin !
Par contre on parle bien de transmission d’origine GM sur de nombreux modèles RR.
Merci !

Olivier
Invité

merci pour cet article de qualité.

AXSPORT
Invité

Nous, c’est plutôt 3 cylindres………………….

Daftintin76
Invité

Vous avez regardés Top Gear hier le blog auto?

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