par Joest Jonathan Ouaknine

Souvenirs, souvenirs: people carriers

Ce sera vous dans une semaine: les valises à charger dans le monospace, sous les yeux de madame et des enfants... C'est à l'occasion des longs trajets en famille que les monospaces prennent tout leur sens. Ces véhicules, souvent vus comme des déplaçoires, méritent bien un hommage.

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L'inventeur du monospace, ce n'est pas Renault, ni même Matra!

En 1913, le fantaisiste comte Ricotti fait carrosser un châssis d'Alfa Romeo en forme d'obus. C'est de fait le premier monospace roulant. Ensuite, pendant 70 ans, le chemin est tortueux.

Dés 1921, Edmund Rumpler tente de commercialiser un monocorps en série. Dans les années 30, au nom de l'aérodynamisme, on voit apparaitre de nombreux prototypes.

L'idée ressort dans l'immédiat après-guerre: les moyens de transports manquent et il faut caser le maximum de personnes dans le minimum d'espace. L'époque est aussi celle des fourgons: vous prenez un utilitaire, vous percez des vitres latérales, une ou deux banquettes à l'arrière et vous avez un van!

Les vans connaissent leur apogée dans les années 70. Mais leurs prestations (performance, tenue de route...) sont trop typés "utilitaire" pour séduire. Les prototypes de monocorps et de "break hauts" se multiplient. Le marché est là, mais la clientèle est frileuse. Chacun attend donc que le voisin saute le pas et essuie les plâtres.

Matra est un de ces "chacun". Il propose son monospace à son partenaire industriel, Peugeot, qui le refuse. Il se tourne vers Renault, qui accepte. Ainsi, en 1984, l'Espace débarque. Le Nissan Prairie, le Chrysler Voyager et le Ford Aerostar apparaissent à la même époque.

Comme prévu, les débuts sont héroïques. Pour rassurer les investisseurs, les quatre modèles sont maquillés en utilitaires. Mais très vite, c'est l'explosion: les ventes françaises d'Espace passent de 2 432 unités en 1984, à 9 189 unités en 1986, 13 180 unités en 1987, 21 520 unités en 1989 et 25 709 en 1990! Aux unités, dés 1990, on frôle le million de monospaces vendus dans l'année.

Les concurrents ne peuvent rester insensible et bon gré, mal gré, ils se lancent. Dés le milieu des années 90, chaque généraliste en possède un dans sa gamme. De génération en génération, les modèles gagnent des centimètres. Du coup, les constructeurs lancent des monospaces compacts, puis des monospaces au gabarit de citadines, pour compenser cette inflation.

Aujourd'hui, les grands monospaces n'ont plus la cote. Faute de rentabilité économique d'un nouveau modèle, l'Espace IV est re-re-relifté. On leur préfère des SUV.

C'est aussi un secteur très conservateur. Les tentatives de véhicules premium (Mercedes Classe R...) et de dessins originaux (Fiat Multipla...) ont été très mal reçue. D'où une tendance à créer des véhicules passe-partout, où la fonctionnalité prime sur le design. Cela se ressent même dans les photos presse: pas de mise en scène innovante; on fait sagement poser le modèle devant un fond blanc ou avec une famille, point.

Crédits photos: Seat (photo en "une"), Audi (photo 1), Fiat (photos 2 et 12), Ford (photos 3 et 13), Honda (photo 4), Nissan (photo 5), Chrysler (photos 6 et 17), Renault (photos 7 et 9), Mercedes (photo 8), Lancia (photo 10), Peugeot (photo 11), Citroën (photos 14, 16 et 19), GM (photos 15 et 18) et Volkswagen (photo 20)

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