Accueil Livre On a lu : « Niki Lauda, tels qu’ils l’ont vu, 1949-2019 »

On a lu : « Niki Lauda, tels qu’ils l’ont vu, 1949-2019 »

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Un an après le décès de « l’ordinateur », les éditions ETAI publient une nouvelle édition d’un recueil de témoignages sur l’ancien triple champion du monde, paru pour la première fois en 2014.

Par son palmarès, sa personnalité atypique et l’incroyable histoire de l’accident du Nürburgring – le miracle de sa spectaculaire rémission ayant un retentissement mondial – Niki Lauda fut l’une des grandes figures de l’histoire du sport automobile. Sa miraculeuse rémission, son retour spectaculaire en piste trois semaines seulement après le drame, sa force mentale qui lui fit assumer comme aucune autre célébrité les stigmates font partie du « mythe » Lauda. Un homme aux « 7 vies », comme le souligne l’auteur, puisque l’Autrichien embrassa, tout au long de son existence, plusieurs « casquettes », au sens propre comme au sens figuré, que ce soit avec la fondation de sa compagnie d’aviation Lauda Air, ses 20 ans passés comme consultant à la télévision allemande, son poste de directeur de Jaguar Racing ou encore ses rôles décisifs dans la reconstruction de la Scuderia au début des années 90 et la mise en route de la machine de guerre Mercedes au début des années 2010.

Mais plutôt que de retracer chronologiquement son parcours, le livre a pris le parti de décrire avant tout l’homme Niki Lauda, à travers le témoignage de 40 personnalités l’ayant connu, intimement ou professionnellement. Ces témoignages ne sont pas tous très récents, puisque nous avons quelques confidences recueillies auprès de James Hunt, son grand rival pour le titre en 1976 qui décéda en 1992, ou celui de sa première épouse, Marlène, qui fut recueilli en 1985 alors qu’ils étaient encore mariés.

De Ron Dennis, son patron chez McLaren, à Alain Prost, son dernier équipier, en passant par Gerhard Berger, Ron Howard (réalisateur de l’excellent Rush qui retrace le duel avec Hunt), Bernie Ecclestone, Max Mosley, Luca di Montezemolo, Alexander Wurz et bien d’autres, la personnalité de Niki Lauda dévoile toute ses facettes. D’un premier abord froid, calculateur, volontiers intéressé par l’argent et parfois très dur humainement, Lauda s’était aussi forgé cette carapace qui dissimulait une personne directe, déterminée, franche et sensible. Beaucoup de témoignages reviennent notamment sur la catastrophe du Boeing 767 Lauda Air qui s’écrasa en Thaïlande en 1991, faisant 223 victimes et qui l’ l’affecta énormément, l’ancien pilote se rendant sur le site du crash et participant activement aux investigations de l’enquête. Ce furent les pires moments de ma vie. Quand je risquais ma vie, c’était mon choix. Là des gens avaient été tués dans un de mes avions. (…) J’étais détruit déclara-t-il plus tard.

Un homme effronté aussi, qui désarmait souvent par son attitude « cash », qui dû affronter l’opposition de sa famille à ses ambitions de pilote, qui n’hésita pas à entrer en conflit ouvert avec Enzo Ferrari -surtout après le crash de 1976 qui brisera leur relation – et qui n’hésita pas non plus en 1979, démotivé, à tout plaquer en plein milieu d’une séance d’essais, avant de revenir en 1982 pour un spectaculaire et triomphal come-back. Le come-back, c’est aussi l’histoire de sa vie : tel Rocky qui encaisse les coups mais se relève toujours, il revient aux affaires et réussit, même après son accident où il reçu l’extrême-onction, même après trois ans d’absence où il retrouve le succès chez McLaren, même après le crash du Boeing qui aurait pu couler sa compagnie, même après s’être fait greffer les deux reins…Il ne remporta pas son dernier combat, après une lourde transplantation pulmonaire qui entraîna de lourdes complications.

Tous les témoignages ne se valent pas – certains ne sont même pas des témoignages mais plutôt des articles synthétiques sur une relation particulière, comme avec Enzo Ferrari – mais ils nous en apprennent beaucoup sur un grand champion qui affirmait « ne pas avoir d’amis » et se moquait avec bon cœur de ses séquelles physiques, signe d’un mental d’acier à toute épreuve. Pour cette réédition, il aurait été judicieux d’intégrer des témoignages plus récents , comme ceux de Toto Wolff, avec qui il a construit le rouleau-compresseur Mercedes, ou de Lewis Hamilton, qui fut convaincu par Niki Lauda de rejoindre le projet et fut très affecté par la disparition de l’un de ses mentors en 2019. Une petite mise à jour qu’il est dommage de ne pas lire dans cet agréable livre.

Écrit par Hartmurt Lehbrink, célèbre journaliste de Auto Motor ud Sport, il est disponible au tarif de 39 euros.Lauda

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2 Commentaires sur "On a lu : « Niki Lauda, tels qu’ils l’ont vu, 1949-2019 »"

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Fred21
Invité

*1949-2019

Hervé Smagghe
Invité

Avec Louis Stanley, boss du BRM de l’époque, ils étaient au moins à égalité de roueries: les faux coup de fil à l’usine, pendant un entretien avec Lauda, et le retour glorieux avec 20CV de plus ………
Hervé HHS

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