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Reprise de l’équipementier Novares : coup de bluff d’Akwel ?

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Novares

Le groupe Novares est en grandes difficultés financières. Parmi les candidats les plus sérieux, l’équipementier Akwel laisse entendre qu’il pourrait devoir jeter l’éponge sur cette reprise.

Novares est un équipementier durement touché par le crise au nouveau coronavirus. Comme d’autres équipementiers, Novares s’est retrouvé à l’arrêt avec l’immobilisation de la Chine, puis du reste du monde. Fragilisé par une politique de croissance externe qui a creusé la dette, Novares se cherche un repreneur et a été placé en redressement judiciaire.

Dans les candidats à la reprise du groupe, il y a l’équipementier Akwel. D’une taille comparable à Novares, Akwel trouverait là un renfort complémentaire sur l’offre avec sans doute un minimum de doublons. Sauf que l’on apprend désormais que Akwel indique ne pas pouvoir obtenir, en quatre petites semaines, les autorisation sine qua non auprès des autorités compétentes en matière de contrôle des concentrations.

Sans ces autorisations, pas de rachat possible. Et si ces autorisations mettent trop de temps à arriver, la situation financière de Novares serait alors encore plus dégradée, trop pour envisager une reprise sereine.

Décision du Tribunal de Commerce de Nanterre demain ?

On peut envisager, tout de même, qu’Akwel joue un atout et tente d’obtenir des garanties de la part des autorités. A moins que ce soit les dirigeants de Novares qui en demandent trop et Akwel trouve ici un prétexte pour reprendre le dessus dans les discussions ? Il faut dire qu’il y de nombreux emplois en jeu et que le secteur de l’industrie automobile vit une nouvelle crise après celle de 2008/2009. Le besoin de soutien est criant. Akwel reste, aux yeux de plusieurs spécialistes du secteur, le meilleur candidat à la reprise de Novares.

Une nouvelle audience devant le tribunal de commerce doit avoir lieu demain. Nous devrions alors en savoir un peu plus sur les discussions et sur ce qu’il se profile pour Novares.

Le cas Novares est en fait assez symptomatique de l’industrie automobile en France à l’heure actuelle. Depuis l’Après-Guerre, les petites structures éparpillées partout sur le territoire et qui étaient spécialisées dans un domaine particulier de l’automobile (fonderie, emboutissage, plasturgie, etc.) ont peu à peu fusionnées les unes avec les autres ou ont malheureusement disparu, faute d’atteindre la taille critique nécessaire à leur survie.

Il semble que l’on atteigne un nouveau stade de concentration/disparition de ces équipementiers ou sous-traitants. Tout cela est désormais précipité par la crise de la Covid-19, le confinement de la moitié de la population mondiale et la baisse conjointe de la production et de la consommation automobile.

Lire également : L’impact du coronavirus sur le secteur automobile s’intensifie

Qui est Novares ?

Le groupe Novares est né du rachat en 2017 de l’américain Key Plastics par le groupe monégasque Mecaplast. Mecaplast a été fondé en 1955 à Monaco par Charles Manni. Déjà centré sur les pièces en plastiques, Mecaplast a su, peu à peu, s’imposer comme un équipementier incontournable pour les constructeurs automobiles.

Comme dans d’autres domaines de l’automobile, il y a eu de la casse au fil des années dans les différentes entreprises présentes. Au début des années 2000, Mecaplast vient au secours de Neyr Plastiques. En échange d’un abandon des 40 millions de créance, et un rachat à 1 € symbolique, Marini s’est engagé à injecter (sans jeu de mot) 6 millions d’euros dans Neyr. Mecaplast réoriente alors la clientèle de Neyr (ordinateurs comme Hewlet-Packard) vers sa propre clientèle, les constructeurs. Un an plus tard, c’est le groupe de plasturgie Ariès qui est repris. Là, c’est la perte d’un contrat dans la téléphonie (Alcatel) qui avait plongé Ariès dans le rouge.

La crise économique mondiale de 2008 oblige Mecaplast à réorganiser entièrement sa production (lire : fermer des usines). Le Fonds de modernisation des équipementiers automobiles (FMEA) entre au capital et injecte 55 millions d’euros en 2009. A partir de cet instant, la croissance du groupe va s’emballer.

Hélas pour les sites français, même historiques, cela se traduit par des fermetures chez nous. A l’inverse, Mecaplast ouvre des usines en Inde, en Chine, etc. C’est en 2016 que BPI France et Equistone Partners Europe entrent au capital. Suite au rachat de l’Américain Key Plastics, Mecaplast devient Novares et le siège social quitte Monaco pour Clamart en Ile-de-France. Le chiffre d’affaire double.

Mais cette boulimie de croissance externe fragilise le groupe Novares qui doit fermer son usine monégasque Foreplast. La Covid-19 lui a fait mettre un genou en terre.

A propos du groupe Akwel

Sans rien présumer de la décision du Tribunal de Commerce de Nanterre du 28 mai prochain, le groupe Akwel semble taillé pour se « marier » avec Novares. Coutier SA a été fondé en 1972 par André, Joseph et Roger Coutier. Coutier SA, spécialisée dans la pièce plastique, rachète MGI SA (Moulage Général Industriel SA) en 1989. Ainsi naît MGI Coutier.

Un peu comme Mecaplast, MGI Coutier acquiert, au fil des années, des concurrents en difficulté. Grâce à une introduction sur le Second Marché à la Bourse de Paris, MGI Coutier finance sa croissance à l’international. Les années 2010 voient cette croissance accélérer avec des rachats comme Delplanche (mouliste) ou Avon Automotive (équipementier américain).

Le groupe MGI Coutier a su se diversifier en rachetant des spécialistes des fluides (directions assistées, composants moteur, etc.) comme Autotube (Suédois). En 2018, Alpen’Tech, Kartesis et MGI Coutier s’associent pour reprendre les activités des sociétés Frank & Pignard (gestion des fluides) et Precialp (turbo-compresseurs).

Le groupe change alors de nom pour devenir Akwel en 2018. Le groupe Akwel est contrôlé à 69,7% par la famille fondatrice, Coutier. Tout comme Novares, Akwel fournit de nombreux constructeurs, mais également d’autre équipementiers comme Faurecia, Valeo, Delphi, Visteon, etc.

Illustration : Novares

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Sacha
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