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Corée du Sud : comité d’examen automobile sur sécurité et défauts

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La Corée du Sud va faire appel dès l’année prochaine à un groupe d’experts réuni au sein d’un comité d’examen de la sécurité et des défauts automobiles, en vue de déterminer si les anomalies et dysfonctionnements constatés ouvriront le droit pour les clients à obtenir des remboursements ou à procéder à des échanges de véhicule. Une annonce faite jeudi par le ministère des Transports sud-coréen.

Prévu pour être opérationnel dès janvier prochain, le comité, composé de 30 membres, sera constitué à partir d’un groupe de travail plus restreint d’ores et déjà existant. Il sera chargé d’enquêter sur les défauts des véhicules et de rendre des ordonnances correctives.

Il devra ainsi décider si un véhicule doit être échangé ou remboursé s’il fait preuve à plusieurs reprises de performances insuffisantes ou s’il présente des dysfonctionnements répétés liés au même problème.

Le comité dirigé par le gouvernement voit le jour alors que la Corée du Sud s’apprête à mettre en œuvre l’année prochaine une « lemon law » en vue de renforcer les droits des consommateurs. Pour rappel, ce type de loi, en application aux États-Unis, protège les acheteurs de voitures neuves dont le véhicule acquis comporte un défaut impossible à réparer en un nombre raisonnable de tentatives. Elle impose alors au vendeur le remplacement du véhicule. Le véhicule défectueux est appelé un lemon ou citron. En France, il s’agit de la garantie des vices cachés des véhicules automobiles.

La loi sud-coréenne stipule que, si des problèmes liés à la sécurité des conducteurs et des passagers se renouvellent plus d’une fois, les clients peuvent échanger le véhicule ou se faire rembourser de leur acquisition. Dans le cas de problèmes généraux n’affectant pas la sécurité, trois manquements répétés seront nécessaires pour permettre au propriétaire de demander un échange ou un remboursement.

Le ministère a déclaré qu’il s’efforcerait de garantir le professionnalisme, l’équité et la transparence du comité afin de créer un climat propice à la conduite en toute sécurité des véhicules.
Le groupe de travail actuel, composé de 25 membres et formé en 2003, a organisé 108 sessions au total pour examiner les défauts des véhicules et ordonner aux constructeurs de rappeler les véhicules défectueux.

BMW pointé du doigt sur ses rappels en Corée du Sud

A noter enfin que cette loi voit le jour alors qu’en août dernier, BMW avait été contraint de présenter ses excuses  pour la série de ses véhicules ayant pris feu en Corée du Sud.  Une trentaine de véhicules de la marque allemande, principalement des berlines 520d, avaient présenté ce type de problème, obligeant le groupe bavarois à émettre un avis de rappel pour remplacer un composant défectueux destiné à réduire les émissions des moteurs diesel.

La Corée du Sud avait toutefois ouvert une enquête à la suite à l’encontre de BMW, soupçonnant le constructeur d’avoir tardé à rappeler les 100.000 véhicules impactés.

« Nous allons enquêter en détail et avec transparence sur ces feux qui se sont déclarés dans des véhicules BMW », avait alors déclaré le ministre des Transports Kim Hyun-mee, ajoutant que l’enquête devrait examiner si le constructeur automobile allemand avait réagi correctement.
« Si des problèmes sont détectés, nous prendrons des mesures strictes », avait alors assuré le ministre sud-coréen, exhortant parallèlement les propriétaires des véhicules soumis aux rappels à s’y conformer et à ne pas prendre utiliser leur voiture jusqu’à nouvel ordre. Le rappel concerne 42 modèles, tous équipés d’un moteur diesel.

Des clients, estimant que le constructeur avait manqué de rapidité pour réagir, avaient alors lancé une action collective à son encontre.

Précisons qu’en Corée du Sud, une voiture importée sur six vient d’Allemagne. Selon l’Association sud-coréenne des importateurs et distributeurs d’automobiles, le groupe BMW a écoulé en Corée du Sud 39.000 voitures de marque BMW, Mini et Rolls-Royce au cours des six premiers mois de l’année 2018.
Si l’enquête révèle que l’avis de rappel a été trop tardif, BMW pourrait être condamné à payer une amende de 70 milliards de wons (53 millions d’euros) d’après les lois en vigueur en Corée du Sud.

Sources : Yonhap, AFP

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