Accueil Porsche Essai Porsche 911 GT3

Essai Porsche 911 GT3

3659
6
PARTAGER
Essai Porsche 911 GT3 (2017)

Dans la gamme Porsche, je veux la plus authentique et la plus sportive. Ça tombe bien puisque la firme de Stuttgart m’a confié, 3 jours durant, les clés de sa toute dernière 911 GT3. Un essai mémorable.

Plaisirs oubliés

Je fais partie de ceux qui ne jurent que par la Porsche 911. Ce n’est certes pas très original, mais possesseur d’une vieille cox, cet amour s’explique surtout par la filiation entre les deux modèles. Considérée à juste titre comme la Porsche du pauvre, la Volkswagen Coccinelle est surtout la génitrice de la plus célèbre des sportives. Ailes rebondies, regard de grenouille, moteur à plat situé à l’arrière, propulsion, refroidissement par air (jusqu’en 1998 pour la 911 et 2003 pour la Cox mexicaine) et ce fameux pédalier (abandonné aussi à la fin des années 90)… sont autant de points communs que partageaient les deux allemandes.

Depuis, de l’eau a coulé sous les ponts. La Coccinelle a évolué en utilisant une plateforme de Volkswagen Golf et la Porsche 911 a été révolutionnée pour plaire à un plus grand nombre, mais aussi et surtout pour satisfaire aux normes environnementales les plus sévères.

Ce qu’elle a gagné en facilité de conduite, en confort et en consommation, la Porsche 911 l’a parfois payé en caractère, comme sur la génération type 991 phase 2, dont le flat-six turbocompressé s’est embourgeoisé, tout en devenant moins caractériel.

Un modèle à part

Pourtant une version résiste encore et toujours aux restrictions : la 911 GT3. Cette Porsche destinée avant tout aux sorties circuits et à la compétition entre gentlemen drivers, est la descendante des fameuses RS (pour RennSport) des années 1970.

La Porsche 911 GT3 est un modèle qui représente le sport sans concession. Le plaisir à l’état pur, où les considérations d’ordre économiques ou de confort sont secondaires.

Pour cette année modèle 2017, la Porsche 911 GT3 a encore évolué. Oh, pas grand-chose, mais des détails aussi réussis esthétiquement, qu’utiles à l’usage. Un œil exercé remarquera ainsi l’arrivée de nouveaux boucliers plus légers. À l’avant, le nouveau dessin permet aux ingénieurs d’améliorer le refroidissement des freins et du moteur. À l’arrière, la présence d’un diffuseur et d’un aileron modifié permettent de gagner en appui à très haute vitesse.

Pour le reste, cette Porsche 911 GT3 offre un trait quasi parfait, et les nombreux pouces levés à l’occasion de notre essai témoignent de la popularité de cette version, par rapport au reste de la gamme.

Cette panoplie de sportive pur jus s’explique par le fait que la clientèle d’une GT3 fréquente en grande majorité les circuits, et que seule la performance compte.

Essai Porsche 911 GT3 (2017)

Tonnerre mécanique

Avec ce cru 2017, ils ne seront pas déçus. Nous évoquions l’omniprésence des moteurs turbocompressés chez Porsche. Rassurez-vous, cette 911 GT3 reste fidèle aux bonnes recettes. Son Flat-Six atmosphérique d’une cylindrée de 4,0 litres évolue profondément par rapport à la version précédente, avec 40% de pièces inédites.  On retiendra notamment la présence de nouvelles culasses permettant de porter le régime maximal à 9000 tr/min, un collecteur d’admission à deux volets actifs, un nouveau circuit de lubrification… Des modifications qui permettent à la fois d’améliorer la fiabilité, mais aussi les performances.

Le gros 6 cylindres à plat développe désormais 500 ch et un couple de 460 Nm à 6000 tr/min. Une fiche technique qui donne le tournis, pour un moteur dérivé de la compétition et adapté aux contraintes « civiles ».

L’autre bonne nouvelle vient de la possibilité d’opter à nouveau pour une boîte manuelle, qui correspond mieux à l’esprit du modèle et qui permet de grappiller quelques kilos. Une option qui ne sera disponible qu’en 2018, et malheureusement indisponible sur notre modèle d’essai.

Essai Porsche 911 GT3 (2017)

Gentlemen, start your engines

On ne fera pas la fine bouche, tant cette Porsche 911 GT3 (2017) nous a régalé. Le plaisir débute bien entendu dès le premier tour de clé. La sonorité rauque et puissante du 4,0 litres ravi les tympans, à l’image du rugissement d’un lion dominant, qui rappelle à la communauté qui est le patron.

Moins isolée des bruits extérieurs pour d’évidentes raisons de plaisir, mais aussi de poids, la Porsche 911 GT3 est une vraie sportive. Dès les premiers tours de roue, on sent que la mécanique travaille. Et cette dernière s’accommode plutôt bien d’une utilisation urbaine, grâce à son exceptionnelle souplesse. On n’en dira pas autant des vertèbres de votre serviteur malmenées par la raideur des amortisseurs sur les insupportables et inutiles pavés parisiens.

Il est vite temps de mettre le cap sur des régions moins congestionnés par le trafic et laissant à ce magnifique Flat-Six l’occasion de s’exprimer.

Bien calés dans les sièges baquets (option à 3840 €), nous attendons que l’horizon se dégage pour faire parler la poudre. Comme un coup de canon, à la simple injonction du pied droit sur la pédale de gaz, la Porsche 911 GT3 décolle. Une poussée exponentielle et maîtrisée, qui voit défiler le paysage à une telle vitesse que l’on jette forcément un coup d’œil furtif au tachymètre pour se rendre compte que nous sommes proches de faire la nique à un airbus au décollage.

Essai Porsche 911 GT3 (2017)

La sonorité, volontairement rauque et puissante au démarrage, se veut désormais plus aigüe. On se croirait à bord d’une 911 GT3 Cup, avec une aisance à monter dans les régimes ahurissante. Loin de capituler à chaque pression sur la pédale d’accélération, la Porsche 911 GT3 en redemande et la boîte PDK, que l’on avait connue perfectible à ses débuts, participe désormais au plaisir de conduire total, d’autant que l’on peut se concentrer sur le principal : le pilotage.

Porsche 911 GT3 : une précision diabolique

Si l’on pouvait craindre les réactions du train arrière avec un haras de 500 équidés, la Porsche 911 GT3 nous rassure tout de suite. Sans aller jusqu’à confier son volant à un pilote inexpérimenté, elle pardonne souvent, sans pour autant céder à la facilité de conduite.

Il faut dire que cette nouvelle génération embarque le fameux système des quatre roues directrices, qui améliore nettement l’agilité de la 911 sur des trajets sinueux. Vous y ajoutez sans doute la direction la plus précise au monde, un freinage indestructible (option Ceramic Composite Brake à 9264 €), l’amortissement piloté et des pneumatiques Michelin Pilot Sport Cup 2 tout simplement démoniaques sur un revêtement globalement sec… pour attaquer – presque – sans arrière-pensée.

Bien évidemment, avec un tel niveau de performances, difficile de rouler en bon père de famille. Et un Flat-Six 4 litres a soif. Sur un parcours de 350 km, nous avons ainsi mesuré 17,2 litres de Super 98 aux 100 km. Le réservoir optionnel de 90 litres sera indispensable (120 €) si vous souhaitez rejoindre le Circuit Paul Ricard avec moins de deux pleins.

Destinée avant tout à la piste, la Porsche 911 GT3 peut disposer – comme sur notre modèle d’essai – de l’arceau et de l’extincteur. On n’est jamais trop prudents, d’autant que la GT3 est une stricte deux places.

Essai Porsche 911 GT3 (2017)

Pour le reste, on retrouve la planche de bord traditionnelle de la 911, avec un équipement qui n’est plus aussi chiche que sur les RS et GT3 d’avant, puisque la climatisation et le système de navigation sont proposés de série. Mention spéciale pour le volant inspiré de la 918 Spyder, revêtu d’Alcantara pour un maintien optimal. Seul regret, il était impossible de rabattre les rétroviseurs sur notre modèle.

Conclusion

Il y a bien longtemps que je n’avais pas piloté une telle auto. De mémoire d’essayeur, seule la McLaren 650 S en 2015 m’avait vraiment marqué. Deux ans plus tard, c’est donc cette Porsche 911 GT3 qui m’offre un second coup de cœur. Forcément déçu par l’orientation prise par le constructeur allemand pour d’évidentes raisons de respect des normes environnementales, j’ai craqué sur cette gardienne du temple, qui mise tout sur le plaisir de conduire, avec un Flat-Six atmosphérique plus flamboyant que jamais. Ultra efficace, rarement prise en défaut, cette 911 GT3 cru 2017 a finalement deux défauts : à 155255 € (182213 € avec options) elle est inaccessible pour votre serviteur, et elle reste tout même destinée à la piste. Mais la nouvelle Porsche 911 GT3 Touring pointe le bout de son nez…

+ON AIME
  • Charisme
  • Mécanique diabolique
  • Précision de conduite
ON AIME MOINS
  • Amortissement en ville
  • Largeur avec rétros
  • Consommation
Porsche 911 GT3 PDK (2017)
Prix (à partir de)155 255 euros
Prix du modèle essayé182 213 euros
Moteur
Type et implantation6 cylindres à plat
Cylindrée (cm3)3996
Puissance (kW/ch)368/500
Couple (Nm)460
Transmission
Roues motricesPropulsion
Boîte de vitessesDouble embrayage 7 rapports
Châssis
Suspension avantEssieu léger à jambes de force (type McPherson)
Suspension arrièreSuspension multi-bras avec roues indépendantes
FreinsDisques perforés et ventilés 380 mm
Jantes et pneus245/35 ZR 20 et 305/30 ZR 20
Performances
Vitesse maximale (km/h)318
0 à 100 km/h (s)3,4
Consommation
Cycle urbain (l/100 km)19,4
Cycle extra-urbain (l/100 km)8,8
Cycle mixte (l/100 km)12,7
CO2 (g/km)288
Dimensions
Longueur (mm)4562
Largeur (mm)1852 (1978 avec rétros)
Hauteur (mm)1271
Empattement (mm)2457
Volume de coffre (l)125 l (AV) / 260 l (AR)
Réservoir (l)64 (90 l en option)
Masse à vide (kg)1430

 

Crédit illustrations : Le Blog Auto

Poster un Commentaire

6 Commentaires sur "Essai Porsche 911 GT3"

Notification de
avatar
Trier par:   plus récent | plus ancien | plus de votes
Pedro5
Invité

On aime moins: Consommation
Oui… c’est une GT3 RS en meme temps…
Bon point pour la boite manu disponible en tous cas.

CDA
Membre

C’est ‘juste’ une GT3, pas une GT3 RS.
Mais en effet, rien de choquant niveau consommation pour une telle voiture.

AXSPORT
Invité

Nouvelle ?

plouf
Invité

C’est la version avec le facelift 2017 « 991.2 GT3 » … donc oui elle est « nouvelle ».
Le moteur est différent notamment … il passe a 4L et 500ch … héritage de la 991.1 GT3 RS. Même chose pour la disponibilité de la boite manuel réservé à la RS dans la génération précédente.

labradaauto
Invité
…Malgré les AUTOphobes et leurs émules manipulées, Porsche avance, enfonce le clou technologiquement . ça ne se passe pas tout près de chez nous , tant pis. Un moteur atmo qui pousse fort, un chassis sans cesse adapté et avec des variantes de suspensions disponibles, des roues arrières motrices, car il y a beaucoup de puissance.C’est normal, logique ! Merci pour tous les amoureux de la bonne auto ! On ne le soulignera jamais assez, par les temps qui courent. La conduite sur routes fermées a toujours été ma préférence par rapport à la piste lisse, large. Eh bien, il… Lire la suite >>
Kero San
Invité

Un article partisan, mais assumé comme tel, cédant parfois aux poncifs du genre. Pourquoi pas ? Mais de vrais retours sur cette fameuse « précision de conduite » auraient été bienvenus, surtout sur ce modèle en particulier.

wpDiscuz