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24 Heures du Mans 2017 : Interview – Olivier Pla se réjouit de rouler pour Ford

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Volant Elf, Formule Renault, F3, Formule Nissan, GP2 Series, le Toulousain Olivier Pla a emprunté un chemin « de monoplace » qui devait le conduire à la Formule 1. Or, nous allons le retrouver en endurance chez Ford.

Explications au téléphone avant les 85èmes 24 heures du Mans qui se dérouleront le weekend prochain.

le blog auto : Votre ambition était la F1, pouvez-vous nous retracer votre parcours éclectique et nous préciser quand et comment vous êtes arrivé en Endurance ?

Olivier Pla : « Mon objectif était effectivement de rouler en F1 mais aussi d’être pilote professionnel et de vivre de ma passion et d’en faire mon métier. Je suis arrivé aux portes de la F1 et je n’avais pas les finances pour continuer à rouler dans un bon team en GP2, antichambre de la F1. Donc, à un moment donné il faut savoir faire des choix et je me suis dit que la meilleure voie pour assouvir ma passion et faire des choses intéressantes, c’était l’endurance. »

Vous connaissez-donc toutes les catégories de l’endurance, quelles différences y trouvez-vous entre LMP1 et LMP2 ?

« En LMP1, la première différence ce sont des constructeurs, qui utilisent des technologies hybrides par rapport aux LMP2, qui sont des teams privés qui font rouler des voitures avec quatre constructeurs de châssis et moteur unique. »

Vous êtes arrivé en GTE Pro chez Ford l’an dernier, pouvez-vous expliquer, où se situent les différences en termes d’approche du pilotage ?

« Nous disposons de voitures qui sont plus lourdes et disposent de moins d’aéro que les LMP1 ou LMP2. Pourtant, la problématique est la même, il faut savoir aller le plus vite possible avec ce que l’on a entre les mains. Effectivement, je ne vois pas d’approche particulière, il faut savoir s’adapter et cela fait partie de notre métier. »

Vous roulez en ELMS et en championnat du monde d’endurance (WEC) avec Ford et je crois bien aux USA, un tel emploi du temps est-il facile à gérer?

« Facile à gérer, pas forcément, c’est très exigeant avec trois championnats. Ma priorité c’est chez Ford et le WEC. Après, le reste quand je peux le faire, je le fais. Il est certain que cela entraîne beaucoup de voyages et de décalages horaires et je me prépare physiquement pour cela. En tant que pilote je ne vais pas m’en plaindre. Je pense que plus on a la chance de passer du temps dans une voiture de course, meilleur c’est pour nous. Certes, j’ai un gros emploi du temps mais si je ne le faisais pas maintenant, je ne pourrais pas le faire quand je serai âgé. »

Alors, venons-en aux 24 heures, où vous n’êtes pas un novice, qu’est-ce que cette épreuve représente pour vous ?

« Déjà, je pense que c’est la plus grande course au monde. Les Américains, un petit peu chauvins, vont dire que ce sont les 500 Miles d’Indianapolis. En tout cas, c’est une course extrêmement exigeante que ce soit pour les voitures ou les pilotes. Tout doit être parfait. Il faut savoir que aujourd’hui les 24 h du Mans c’est une course d’endurance mais aussi un Grand Prix de F1, de 24 heures ! Depuis que j‘ai la chance de rouler aux 24 heures j’ai vu les choses changer. Actuellement, on est à fond du début jusqu’à la fin, on doit être parfaitement concentré et rapide en permanence, le moindre grain de sable dans l’engrenage, ça peut avoir des conséquences désastreuses pour le résultat. Il faut donc que tout soit parfait. »

Il y a deux équipes FORD, une US et une Anglaise (la vôtre) disputant tout le championnat, quelles sont les relations entre elles et les rapports entre les équipages ? Chez Ford existe-t-il des consignes d’écurie ?

« Les relations sont excellentes entre nous tous. Il n’y a pas de consignes. Tous les pilotes savent que Le Mans est une course très importante pour Ford et se donnent à fond pour obtenir le meilleur résultat possible. »

Pour votre part, cette saison vous avez roulé à Silverstone avec une 4ème place en GTE Pro à Silverstone et une 3ème place à Spa, après une lutte incessante et de toute beauté avec les Ferrari, cela présage-t-il d’une bagarre encore plus rude avec la présence des deux autres Ford US ?

« Oui certainement, comme à chaque course, avec les Corvette qui seront là, une Ferrari en plus, les Porsche et les Aston. Pour Ford ça ne changera pas la manière d’aborder la course. »

Comment se prépare-ton aux 24 heures ?

« Je dirais, que ce soit pour le team, les pilotes, ce sont beaucoup d’essais pour développer la voiture en prévision du Mans. Après, en tant que pilote ça fait partie du programme comme tous les autres de se préparer physiquement pour cette course et pour être sûr d’être au top pour cette échéance. »

Que pensez-vous de ces différences de vitesse entre les LMP1 qui flashent sans cesse pour se frayer un passage dans le paquet de concurrents, comment les gérer-vous à bord de la Ford GTE Pro ?

« C’est sûr que lorsque on a une voiture plus rapide on a toujours tendance à flasher pour être sûr que l’on est bien vu. Quand on est à bord d’une auto plus lente, ça n’est pas forcément agréable parce que ça éblouit à travers la camera que l’on a derrière et dans les rétroviseurs. Honnêtement, l’an dernier cela ne m’a pas posé trop problème, on est tellement concentré sur ce qui se passe devant, que l’on n’a pas trop le temps de s’énerver ou d’être perturbé par ce qui se passe derrière ». 

Si les courses de 6 heures en championnat d’endurance sont devenus de très longs sprints, pour les 24 heures malgré tout, les pilotes suivent-ils un tableau de marche déterminé par le stand ?

« Je confirme qu’aujourd’hui les 24 heures c’est un sprint en permanence. Il faut construire sa course depuis le début. Cela débute dès la construction des voitures. Ford par exemple nous fournit des voitures extrêmement fiables nous permettant ainsi de rouler à 100% du début jusqu’à la fin. Il n’est plus question de gestion mais on se doit d’être à bloc en permanence, de faire en sorte de ne pas faire de faute. L’équipe prépare la voiture pour que tout soit parfait et pour nous pilotes, on s’efforce d’aller le plus vite possible sur l’ensemble de nos relais. »

Dans cette course effrénée la gestion des pneus, n’est-elle pas très délicate ?

« En championnat WEC, effectivement avec 4 trains de pneus pour 6 heures de course ça peut être effectivement délicat. Aux 24 heures, on est beaucoup moins limité, donc on se préoccupe moins de cette question. Honnêtement ça n’est pas la clé de la chose. Plus on a une auto performante et donc bien réglée, moins elle usera ses pneus… »

Des équipiers allemand et américain, comment s’est réalisée l’osmose entre vous ?

« Très bien ! J’ai déjà passé une saison avec Stephan Mücke, l’entente fut parfaite. On a la même façon de piloter, la même approche pour régler la voiture. Je n’ai jamais eu un si bon coéquipier, ce qu’il fait sur l’auto ça me va et vice versa. Quand on a une telle relation de travail comme ça, c’est vraiment bien. Comme en plus on s’entend très bien avec Billy Johnson, le troisième pilote pour les 24 heures du Mans, on peut dire qu’au plan de l’équipage c’est parfait ».

Vous semblez particulièrement apprécier ce championnat WEC mais je crois savoir que l’Indy Car aux USA vous tenterait, cela pourrait-il à l’ordre du jour ultérieurement ?

« Si un jour l’opportunité se présentait, et si j’ai l’accord de Ford bien sûr, je ne m’en priverai pas ».

En tout cas, depuis cette conversation, Olivier Pla a retrouvé ses équipiers lors de la journée test. Et l’on a pu observer combien chez Ford USA, comme chez Ford UK d’ailleurs, on prenait soin de travailler à fond sur les réglages et la gestion des pneus, plutôt que de viser le haut de la feuille de temps. Nous avons noté la très grande homogénéité des performances de l’équipage N°66, gage de bon classement en endurance. Qu’on en juge plutôt, pour les 3 meilleurs temps on note : 3’58’’181 pour Billy Jonhson ; 3’58’’323 pour Olivier Pla et 3’58’’341 pour Stefan Mücke.

Ce matin, nous avons retrouvé Olivier dans les travées du Mans. Le weekend s’annonce beau et chaud mais cela ne pose pas de problème au Toulousain.

« Nous sommes préparés à la chaleur. Je cours aux USA avec par exemple des courses au Texas en septembre où la chaleur est étouffante. En plus dans les voitures il y a la climatisation. Evidemment ce n’est pas la clim de monsieur tout le monde. Dans l’habitacle, on ne doit pas, par le règlement, dépasser 7 ou 8 degrés de plus, de mémoire, que la température extérieure ».

Cela fait tout de même un bon 40° si le soleil est au rendez-vous comme prévu dans la Sarthe. Cette édition 2017 s’annonce particulière puisque cette année, les LMP2 sont beaucoup plus rapides. Au final, cela arrange les pilotes GT. En effet, comme l’explique Olivier.

« L’an dernier on pouvait se retrouver bloqué par une LMP2 un peu lente, ou l’avoir derrière nous tout le long du relais. C’est du stress en moins, on sait qu’elles peuvent doubler plus facilement dans la ligne des Hunaudières ».

Quant à la fameuse balance de performance, c’est un sujet tabou. « Je n’ai pas à dire si c’est bon ou mauvais. Mon job est d’aller le plus vite avec le matériel que l’on me donne. On travaille avec les ingénieurs pour améliorer le plus possible la voiture avec la BoP que l’on nous donne ».

Olivier Pla, pour sa dixième participation aux 24 heures du Mans, se montre toujours enthousiaste à l’idée de rouler sur ce circuit aussi chargé d’histoire.

« Magique, unique. Par le tracé, mais aussi par l’ambiance, les voitures présentent. Il y a toujours beaucoup de choses qui se passent autour des 24 heures du Mans. Il y a quelques circuits similaires, surtout aux USA comme Petit Le Mans et d’autres. Des circuits à l’ancienne où le droit à l’erreur n’existe pas ou presque ».

Ford vient de confirmer par ailleurs son engagement en endurance pour les années 2018 et 2019, alors c’est l’esprit serein qu’Olivier va aborder cette 85ème édition de l’épreuve.

Alain Monnot

Illustration : 1-2 T. Emme/le blog auto, autre-Ford/Drew Gibson

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Invité

Bonne Chance à olivier Pla et son team !! Belle dynamique et philosophie !!

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