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24 heures du Mans 2017 – H+19 : Porsche en mode survie

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Nous en avions fait le pari. Pour nous, il était fort probable qu’une LMP2 puisse monter sur le podium à l’issue de ces 24 heures.

La maigre performance intrinsèque de la Bykolles (non-hybrid) devant logiquement laisser Porsche et Toyota s’expliquer entre eux, on ne pouvait pas s’empêcher de penser que la vigueur de l’empoignade, pour laquelle Japonais et Allemands se préparaient depuis des mois, ne laisse pas quelques cadavres en bord de piste, ou agonisant lors de trop longs arrêts aux stands.

Nous n’étions pas des oiseaux de mauvaise augure, puisque le scénario auquel Toyota refusait d’adhérer en engageant trois autos, s’est pourtant, malgré tout déroulé, avec deux abandons et une survivante.

Porsche, depuis lors, ne « se la joue pas », pour autant mais gère les paramètres techniques du système hybride avec la prudence atavique, caractéristique du grand constructeur, multi-capé au Mans. L’équipe Toyota, quant à elle, s’interrogera encore longtemps sur la réalité  de la malédiction du Mans, la poussant peut-être à se faire hara-kiri, c’est à dire à renoncer à courir en championnat du monde en 2018. Nous y reviendrons.

Toujours est-il, que le balancier s’étant pour le moment orienté vers la survie pour la victoire d’une seule LMP1 -la Porsche no1- devançant de 11 tours (à 7 heures du matin) la première LMP2, tout l’intérêt de cette course, toujours aussi imprévisible et palpitante pour les spectateurs, s’est reporté sur la catégorie LMP2, où la lutte d’une âpreté incroyable laisse encore planer le doute le plus total quant à l’issue finale. La brochette de prétendants à monter sur le podium final du classement général est encore assez large avec les deux Rebellion, l’Alpine N°35, les deux Oreca du team Jackie Chan DC Racing et la N° 24 du CEFC Manor. La Rebellion N°31 est à son stand pour des problèmes mécaniques apparemment sérieux.

Au petit matin, alors que le soleil darde déjà ses rayons très ardents et que le Préfet de la Sarthe incite  la population à prendre des précautions particulières pour éviter tout problème d’ordre sanitaire, il apparait que dans les teams on ait décidé de jouer aussi la prudence en ne tentant pas trop le diable avec des chronos trop ambitieux. Pour autant, l’Oreca N°38,première LMP2 pointant à 12 tours de la Porsche rescapée N°1, n’amuse pas forcément le terrain soumise à la pression qu’exercent fortement la Rebellion N°13 et l’Alpine N°35 bien revenue au contact dans la nuit avec de très beaux relais de N.Panciatici et P.Ragues, notamment.

A propos d’Alpine, si la N°35 répond bien aux sollicitations de ses vaillants pilotes, il faut reconnaitre que la même préparation méticuleuse ne produit pas les mêmes effets. La N° 36 a connu bien des soucis. Outre une sortie dans les graviers et un changement de boîte de vitesses, un long arrêt interviendra pour un problème apparemment électrique. La scène était pathétique à suivre. La voiture rentrée dans le stand, on voit les mécaniciens se précipiter pour changer les goulottes d’arrivée d’air vers les freins, alors que le chef mécanicien échange avec des techniciens Oreca. Ensuite, apparemment un ingénieur Oreca,  arrive, puis on voit surgir un membre de l’équipe Gibson, le motoriste. Un changement de faisceau met fin à cette situation qui parut durer, une éternité.

La guerre demeure totale en catégorie GTE Pro où, dans un ordre fluctuant, Porsche, Ford, Corvette, Aston Martin et Ferrari se tiennent quasiment dans le même tour. Voilà bien là, une source d’intérêt majeur pour un public conquis par des autos qu’il peut voir rouler également dans la vraie vie.

Pour les GTE Am, trois Ferrari inscrivent les numéros 84, 55, 62 en haut de la feuille de temps et séparées d’un tour entre elles, il apparait que tout est calculé pour tenter de demeurer dans cette configuration jusqu’à l’arrivée.

Alors que dans chaque stand, on sait combien la chaleur peut encore jouer de vilains tours aux mécaniques et que les hommes -bien qu’hyper préparés- peuvent également commettre quelques erreurs, le plan vigilance est donc déclenché, pas celui du Préfet, mais celui que la plus grande course au monde dicte tout aussi bien aux usines qu’aux teams privés.

Porsche plus que tout autre sait combien sa victoire potentielle n’est pas encore acquise.

Texte : Alain Monnot, illustration : T. Emme/le blog auto, sauf 4-A. Monnot

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