Accueil Chevrolet Le Venezuela saisit une usine de General Motors

Le Venezuela saisit une usine de General Motors

144
31
PARTAGER

La situation au Venezuela va de mal en pis. Depuis l’effondrement du prix du pétrole, l’économie du pays, axée principalement sur cette ressource, a dévissé et le Président Nicolás Maduro n’a pas le charisme de son prédécesseur, Chavez, pour calmer le peuple.

Devant une société civile de plus en plus en révolte face à une inflation incontrôlable (+800% en 2016), le pouvoir en place joue de la répression. Une dizaine de manifestants morts, au moins, est à déplorer. Mais, il accuse également le capitalisme et les entreprises, si possible américaines. Ainsi, le meilleur ennemi du gouvernement de gauche est tout désigné, et le pays n’en n’est pas à sa première saisie d’usine ou d’actif.

Là, il s’attaque à un symbole. En effet, il y a deux jours, c’est l’usine de General Motors Venezolana (GMV), à Valencia dans le nord du pays, qui a été saisie. Or, GMV est le constructeur automobile le plus ancien du pays. Il s’y est établi en 1948 pour y produire des Chevrolet. Jusqu’à récemment l’usine assemblait des Aveo, des Spark ou des Cruise.

GM dénonce évidemment cet état de fait. L’usine, qui ne produisait déjà plus grand chose, est désormais totalement à l’arrêt. Des véhicules terminés auraient même été réquisitionnés par l’Etat, au grand dam de GM. Evidemment, le constructeur américain dénonce l’illégalité de la démarche. Les 2 678 employés du site, mais également les fournisseurs de l’usine, ainsi que les 79 revendeurs GM ne savent pas ce que le gouvernement de Maduro leur réserve.

Ford, FCA et maintenant GM

Cette confiscation s’ajoute à la vingtaine de litiges déjà engagés entre le Venezuela et de grands groupes internationaux. Concernant l’automobile, Ford, également présent dans le pays, connait des troubles depuis 2015. Récemment, le constructeur de Dearborn a annoncé la mise à l’arrêt de l’usine face aux graves difficultés du pays. Plus de 2000 employés fabriquent péniblement 8 voitures par jour avec, en 2016, un total de moins de 2800 voitures.

Fiat Chrysler Automobiles possède également une usine dans le pays, mais n’a produit qu’une trentaine de véhicules en 2016. En 2017, 21 véhicules sont tout de même sortis sur les deux premiers mois. Toutefois, l’usine FCA connait elle aussi un arrêt. Du côté de GM, comme de Ford, les opérations au Venezuela ont été sortis des comptes dans des unités indépendantes pour ne plus affecter le bilan.

Marges de manoeuvres réduites

GM va évidemment enclencher les procédures légales pour attaquer cette réquisition, mais les possibilités d’action sont limitées. Tout récemment, Exxon Mobil qui est en conflit avec le Venezuela depuis la saisie de ses actifs sous la présidence Chavez, a vu une décision de dédommagement de 1,4 milliard de dollars être annulée par une émanation de la Banque Mondiale, le ICSID (International Center for Settlement of Investment Disputes (*)). Le différend continue mais traîne en longueur comme pour beaucoup. GM va désormais s’engager sur cette voie.

(*) Centre International des Règlements des Différends d’Investissement

Source : Reuters, Les Echos, Illustration : GM

Poster un Commentaire

31 Commentaires sur "Le Venezuela saisit une usine de General Motors"

Notification de
avatar
Trier par:   plus récent | plus ancien | plus de votes
greg
Invité

En fait officiellement le vénézuela aurait saisi l´usines en toute légalité en guise de compensation pour un concessionnaire GM qui réclame au groupe…. 663 millions de Dollars pour des prétendus manquements 😀
(très crédible

Hayden
Invité

Il y a une coquille… un différend et non pas différent. 🙂

Pinot
Invité

Au Venezuela en février 2017, avec 116 ventes, Toyota fait 54% de PDM.

Avec Melenchon qui site souvent Hugo Chavez les ventes de Toyota France seront de 25 voitures/mois en France en 2020 et 60% de PDM.

SGL
Invité

Une nouvelle affaire comme la crise du canal de Suez !?
Avec Trump au pouvoir, faut oser !

greg
Invité

Depuis que l´élection de Chavez, les Relations USA-Vénézuela sont devenues franchement exécrables, donc Trump ou pas, cela n´y changera rien. Et puis il sera difficile de faire pire que Bush en la matière, même pour Trump 😉
(je parle uniquement uniquement au Niveau de la relation USA-Vénézuela).

SGL
Invité

Oui, mais une rafale de tir de « tomahawk » ou « Moab » est si vite partie avec Trump par rapport à Obama.
Certes, on n’en est pas là, mais c’est un acte qui risque d’arranger les relations !
Les provocations étaient moins poussées sous l’ère Bush.

SGL
Invité

« qui risque PAS » pardon !

greg
Invité

Bush avait soutenu un coup d’état contre Chavez et immédiatement reconnu le gouvernement putschiste (premier chef d’Etat à le faire), dans le genre difficile vraiment de faire pire.

SGL
Invité

J’avais oublié cet épisode « baie des cochons » vénézuélien.
Merci de l’avoir remémoré.
Heureusement qu’une vieille usine d’auto n’est pas d’un enjeu stratégique primordial.

Francois
Invité
« Les 2 678 employés du site, mais également les fournisseurs de l’usine, ainsi que les 79 revendeurs GM ne savent pas ce que le gouvernement de Maduro leur réserve. » Moi non plus mais les salariés du site, qui ne produisait de toute façon plus rien depuis 2015, sont désormais au chômage puisque GM vient d’annoncer qu’il cessait toutes ses activités au Venezuela. Seuls approvisionnement des pièces, si c’est possible, et le service après vente resteront assurés. Concernant les procédures légales, à moins que le Venezuela ait des avoirs aux US qui puissent éventuellement être bloqués par un juge, je crois… Lire la suite >>
wpDiscuz