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Essai Peugeot 208 GTI : le roi de la savane est de retour

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Flashback : après un an de carrière, la Peugeot 205 donne déjà le sourire au constructeur. Afin de lui offrir un porte-drapeau digne de ce nom, Peugeot lève le voile en mars 1984 sur un mythe en devenir, la 205 GTI 1,6 l. Près de trente ans plus tard, l’histoire se répète et la marque au lion offre les trois lettres magiques à sa nouvelle citadine, la 208. De la même façon que l’on ne compare pas les ampoules à économie d’énergie aux bougies, nous ne ferons pas de comparaisons trop simplistes avec son aïeule. Mais dans un paysage automobile politiquement correct, la citadine mérite-t-elle ce blason ? Les routes de l’arrière pays niçois ont été nos juges de paix pour y répondre.

Style et équipement :

D’un point de vue stylistique, la Peugeot 208 GTI n’affole pas les rétines : hormis quelques petits détails, elle se confond de premier abord avec n’importe quelle autre version diesel un tant soit peu équipée. Les yeux exercés pourront ensuite remarquer le subtil kit carrosserie composé d’une nouvelle calandre façon damier, d’un regard spécifique avec un nouveau dessin des feux diurnes ou des clignotants, d’élargisseurs d’aile, de bas de caisse, d’un béquet de hayon et d’une double sortie d’échappement, le tout reposant sur des jantes de 17 pouces. Comme sur la Peugeot 205 GTI, la 208 GTI arbore quelques touches de rouge qui se retrouvent sur le jonc inférieur de calandre, sur les étriers de frein ou sur le monogramme « GTI » accolé sur l’enjoliveur de custode néo-retro.

La dominante rouge se retrouve également à l’intérieur avec un liseré sur les ceintures de sécurité, les surpiqûres de siège, les cerclages rétro-éclairés de compteurs ou sur le repère du point milieu sur le volant, entre autres. Comme sur les autres Peugeot 208, la qualité perçue est agréable et surpasse largement l’effet « plastoc » de la Renault Clio RS : la planche de bord est recouverte de cuir synthétique auquel s’ajoute des placages en dégradé noir et rouge. A cela s’ajoute une liste d’équipements reprenant la finition « Allure » avec, pêle-mêle, sièges baquet semi-cuir frappés du sceau « GTI », l’écran tactile multifonctions, le Pack Visibilité ou le Pack LED. Force est de constater que cet habitacle traduit les intentions de Peugeot à vouloir progresser dans ce domaine. Seuls les puristes chroniques pourront regretter les tapis de sol rouges qui faisaient fureur dans les années 80. En revanche, ce cocon cache un détail qui ravira tout le monde : une pédale d’embrayage !

Sur la route :
A bord de la Peugeot 208 GTI donc, pas de boite robotisée ultra-rapide : la sochalienne s’équipe de la boîte manuelle à 6 vitesses aux rapports « raccourcis ». Même l’étagement mérite d’être revu, elle apporte un supplément d’âme à la linéarité du 1,6 l THP développé en partenariat avec BMW. L’ensemble moteur-boîte offre un véritable caractère à la Peugeot 208 GTI mais, soyons d’accord, nous sommes loin d’un V-TEC Honda ou d’un bloc turbo des années 80. Le maître mot : li-né-a-ri-té, mais l’effet est moins ennuyeux que sur la Clio. Du côté des performances, le 1,6 l THP délivre 200 ch à 5 800 tr/min et 275 Nm de couple à 1 700 tr/min. C’est aussi puissant et légèrement plus coupleux que sur sa rivale au losange et, surtout, la cavalerie a près de 40 kg de moins à tracter (1 160 kg). Les lois de la physique faisant leur travail, la Peugeot 208 GTI expédie le 0-100 km/h en 6,8 secondes (c’est un dixième de plus que sur la Clio RS), atteint les 230 km/h comme sur la Renault et réalise un 80-120 km/h sur le cinquième rapport en 6,8 secondes. Le tout sans avoir recours à un Launch Control ou autre boîte robotisée, s’il vous plaît !

Sur la route, la 208 GTI continue de monter dans notre estime avec notamment un train avant réglé aux standards Peugeot. Pour la GTI, la marque au Lion a élargi les voies avant et arrière de 10 mm et 20 mm respectivement et raidi les barres antiroulis de 10 % et 50 %. En ajoutant à cela une calibration spécifique du tarage des suspensions et de l’assistance de la direction, la GTI jouit d’une agilité à donner le sourire du matin au soir : sur les routes mouillées comme pendant notre essai, et ce même sans ESP, le train avant ne perd (presque) pas la route et tourne sans quitter sa trajectoire alors que les Michelin Pilot Exalto spécifiques ventousent la citadine au sol. Une adhérence gratifiante qui permet de remettre les gaz plus tôt sans aucun effet de couple dans le petit (et jouissif) volant. Ce cocktail suffit à offrir rapidement un sentiment de sécurité et de dépasser parfois certaines limites, que les freins viendront faire oublier mais pas suffisamment longtemps à chaud.

Hélas, alors que la Clio RS conserve un arrière train joueur malgré son niveau d’efficacité, la Peugeot 208 GTI est plus sérieuse et plus immobile. Routes mouillées oblige, il suffit de lever le pied promptement pour remettre la voiture dans l’axe en cas de sous-virage. En revanche, pour entretenir un semblant de glisse en entrée de courbe, la Peugeot 208 GTI réclame des compétences à l’ancienne que les plus jeunes n’ont que de moins en moins l’occasion de pratiquer : il faudra exécuter sans failles la procédure talon-pointe, coup de volant et freinage savamment dosé. Sinon, c’est un comportement politiquement incorrect qu’il faudrait adopter en jouant brutalement avec le cerceau et une utilisation intensive du frein à main.

Conclusion :

Au premier abord, la Peugeot 208 GTI risquait elle aussi de faire grincer les dents des puristes : son style extérieur et intérieur n’a rien de pétillant hormis quelques touches subtiles et son moteur turbo laissait présager un caractère trop linéaire. La bombinette sochalienne n’est ainsi peut-être pas une sportive pure et dure mais en tout cas c’est la plus dynamique des Peugeot depuis la 206 RC : comme ses illustres devancières, la 208 GTI est une véritable machine à avaler les chicanes, précise et rigoureuse, qui peut donner l’impression de mener une petite voiture d’antan, à la différence qu’attachée aux contraintes des normes de CO2 et des volumes de vente, elle perd forcément un peu d’âme et devient un peu trop sérieuse. Si l’on veut exploiter à fond cette nouvelle GTI, il faudra s’investir au volant, comme au bon vieux temps…

C’est donc sur de petits circuits club que la Peugeot 208 GTI pourra s’exprimer pleinement. A n’en pas douter, la Renault Clio RS, a priori plus efficace, risque d’être devant. Question plaisir en revanche, le Lion reprendra aisément le dessus. Il en sera de même lors du passage à la pompe : lors de notre essai loin d’être une promenade bucolique, surtout sur portions fermées, la sochalienne nous a avoué 15,5 l/100km quand la Clio tutoyait les 20 l/100km dans des conditions semblables. Affichée à 24 500 €, la Peugeot 208 est également moins chère que son ennemie préférée tout en étant mieux équipée et plus flatteuse. La Peugeot 208 GTI est ne décevra pas les amateurs des trois lettres mythiques à condition de ne pas être trop nostalgique. Ce n’est pas une 205 GTI modernisée mais elle est assurément la plus sympa des GTI françaises d’aujourd’hui. Et il est inutile d’attendre une version plus radicale ou une fantasmagorique 208 GTI 1,9 l car, hélas on nous l’a confirmé, il n’y en aura pas !

+Caractère du moteur
Position de conduite
Boite manuelle
Précision du châssis et adhérence du train avant
Confort preservé
Style sans émotion
Comportement trop sérieux
Endurance des freins
Sonorité étouffée

 

Gamme et Prix
Peugeot 208 GTI
1,6 l THP 20024,500 €

 

Caractéristiques
Peugeot 208 GTI
Moteur
Type et implantation4 cylindres en ligne
Cylindrée (cm3)1 598
Puissance (ch) à tr/min200 à 5 800
Couple (Nm) à tr/min275 à 1 700
Puissance fiscale (CV)11
Transmission
Boîte de vitesseManuelle à 6 rapports
Châssis
Suspension AVRoue indépendante de type McPherson
Suspension ARTraverse déformable
DirectionElectrique à assistance variable
FreinsDisque 302×26 (avant) et 249×9 (arrière)
Jantes et pneus205/45 R17 88V
Performances
Vitesse maximale230
0 à 100 km/h6,8
Consommation
Cycle urbain8,2
Cycle extra-urbain4,7
Cycle mixte5,9
CO2139
Dimensions
Longueur3 962 mm
Largeur2 004 mm (avec rétroviseurs)
Hauteur1460 mm
Empattement2 538 mm
Voies AV / AR1 480 mm / 1 487 mm
Volume de coffre285 dm3
Réservoir50 l
Poids en ordre de marche1 160 kg

La galerie de cet essai (Crédit photo : Soufyane Benhammouda/Leblogauto et Peugeot) :
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48 Commentaires sur "Essai Peugeot 208 GTI : le roi de la savane est de retour"

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Michel 68
Invité

Le downsizing a ses limites . En conduite normal ou « a la cool » , ces moteurs resteront assez économes . Par contre , avec le pied au plancher , les choses se gâtent .

Membre
J’ai l’impression qu’on en a trop demandé à Peugeot. Le simple fait qu’il fasse revivre le sigle GTi ne suffit pas, car entre la 205 GTi d’antan et la 208 GTi d’aujourd’hui tout est différent : prise de poids, prise en considération des normes antipollution, de sécurité […] Bref, le mythe GTi est mort, Peugeot n’aurait peut être pas du l’utiliser. Sinon, concernant la « qualité perçue agréable qui surpasse largement l’effet « plastoc » de la Renault Clio RS », la question que je me pose toujours avec Peugeot, c’est mieux faut-il avoir de vrais matériaux mais en petite quantité plutôt… Lire la suite >>
Vince
Invité

@shooby
pour le cuir de synthese, tu repassera, le cuir sur les sieges est du pleine fleur nappa …
alors oui la plache de bord et l’accoudoir en option c’est du tep, mais sinon c’est impeccable

Zagato
Invité

En tout cas, le faux cuir qui recouvre le volant et pommeau de vitesse chez Peugeot, c’est de la m….! Les véhicules que j’utilise au travail sont des 407 avec cette option: scandaleux! 50.000 km et tout est déchiré sur chaque modèle…

Membre

et je suis sur aussi, Vince, que le faux bois c’est une autre erreur de ma part, et que donc je dois repasser 😉

Vince
Invité

pour 605 et 607 je ne dis pas, mais est tu monté dans cette 208 gti ?
moi oui, vendredi, aux essais presse,
et je peux t’assurer, que le cuir des sieges est du pleine fleur nappa 😉
que le pommeau de levier de vitesse n’est plus en cuir chez peugeot, et qu’effectivement le volant est dit en « croute de cuir » comme chez la plupart des constructeurs, ce qui ne l’empeche pas d’avoir un super touché 😉

Vince
Invité

@Zagato,
tiens moi c’est bizarre, j’ai une 308 en usage perso, elle a 50 000 km, et tout est nickel dedans, pourquoi accuser forcément de mauvaise qualité une marque quand les utilisateurs sont peu soigneux ?

Membre
Vince, étant donné qu’au départ je parlais de l’utilité de mettre du cuir partout même où c’est pas nécessaire (précisant ensuite que je ne considère pas que mettre du cuir sur les sièges, le volant ou le levier de vitesse comme étant « en mettre là où ce n’est pas nécessaire »), je ne vois pas pourquoi vous vous obstinez sur ce cuir sur les sièges, alors que c’est au niveau de la planche de bords que moi ça me gène, a fortiori si ce cuir est de piètre qualité car « de synthèse », alors que paradoxalement, on va la toucher beaucoup à… Lire la suite >>
Gallardo
Invité

Ennuyant : ça pique les yeux !!!

jr
Invité

à essayer heureusement que Peugeot n’a pas barder la voiture d’électronique comme la rs c’est mieux pour la fiabilité

Toftof
Invité

Moi, je l’a trouve ennuyeuse ! Vous parlez de sa boite 6 mais je préfère largement la boite robotisée de la Clio même si elle n’est certainement pas la plus rapide !!! Je trouve que Peugeot ne propose plus rien dans ce segment et franchement je suis déçu !!!

tt man
Invité

Les boites robotisees sont hyper ennuyeuses, elles décident à notre place… Pas de possibilité de taper un rapport quand on le veut…. Elle attendra de retomber dans une plage qui lui conviendra. Pour moi c’est juste bon à alimenter les fantasmes de pseudo pilotes de f1. C’est peut-être un peu plus efficace niveau chrono sur un 100m da mais c se la jouer fainéant ce n’est que mon avis et ça ne concerne pas renault je roule en audi et je ne voudrais pour rien au monde une dsg

sls
Invité

la boite robotisée de la clio est totalement libre quand le mode sport est enclenché.
Pas de passage de vitesse automatique…
(je tiens à préciser que je suis toutefois pas un fan des boites auto, j’aime la conduite donc j’aime ma boite manuelle 😉 )

Au niveau de la consommation, j’ai du mal à croire qu’il y ait autant d’écart avec la clio

Pelo
Membre

Une boite qui downshift les rapport a l’aide d’une palette volant quand tu descend une route de col en montagne en appui sur le freinage pour passer un virage en épingle et que tu dois descendre une vitesse pour relancer la voiture en sortie, c’est quand même super pratique. Tout le monde n’est pas le roi du talon pointe…
Sinon je trouve que l’article parle tout de même (a charge) pas mal de la RS pour un test d’une de ses concurentes. Mais bon on est sur LBA 😀

Membre

sls, il n’y a que le blog auto qui arrive à avoir une consommation aussi délirante en mode sport ! Sur tous les autres site ça monte bien plus haut que les valeurs normalisées quand on a une conduite sport, mais jamais autant

Pelo, c’est normal qu’on compare avec la clio rs, c’est la référence à battre

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