par Pierre-Laurent Ribault

Nouveau-nouveau moteur pour la F1 : V6 turbo en 2014

C’était plié pourtant. La F1, sensible aux préoccupations environnementales,  allait changer en 2013, abandonnant l'actuel V8 pour un beaucoup plus "vert" 4 cylindres 1,6l turbo. La FIA l'avait annoncé et Jean Todt était intraitable. Renault en était le supporter le plus enthousiaste et on avait même vu Craig Pollock annoncer une nouvelle entreprise largement française, PURE, dont l'objectif était la fourniture de ce nouveau moteur. Seulement voilà : les autres acteurs avaient suivi en traînant des pieds, et le beau projet voté en décembre partait en vrille à mesure que l'on s'approchait du point de non retour.

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Les opposants, Ferrari, Mercedes et Cosworth en tête, rejoints par Bernie, arguaient que le choix d'un quatre cylindres abâtardissait la F1, que les sonorités vulgaires de cette architecture pour compacte bassement populo feraient fuir le chaland tout en générant des coûts inutiles alors que le V8 marche très bien. Renault tonnait en retour que le seul moyen pour un grand constructeur de justifier la participation était de revenir sur terre avec un moteur plus réaliste et en rapport avec la production grand public, une menace à peine voilée de retrait si la F1 continuait dans la voie actuelle. Montezemolo en retour ressortait récemment son idée de série parallèle si un compromis n'était pas trouvé, Bernie cassait Jean Todt à longueur de petites phrases tandis que ce dernier, drapé dans son autorité, ne comptait pas bouger d'un iota. Bref, business as usual dans le petit monde de la F1 qui s'ennuierait fort sans ces mélodrames a propos de tout et de rien, et surtout à propos de pouvoir et de gros sous.

Seulement voilà. Après la débâcle tragi-comique autour du Grand Prix de Bahrein, la patience des commanditaires n'est plus ce qu'elle était, et de plus il faut commencer à s'y mettre gentiment pour être prêt a temps. Un moteur, ça ne se conçoit pas en trois semaines.  Et c'est ainsi que les désaccords et les menaces ont laissé hier place à une unanimité fraternelle et la commission F1 est tombée d'accord sur un compromis qui satisfait apparemment tout le monde. Le V8 actuel gagne une année de répit et laissera donc place à partir de 2014 à un V6 1,6l turbocompressé "hybride". Il reste maintenant au conseil mondial de la FIA à approuver le changement, ce qui ne devrait être qu'une formalité et intervenir dans la semaine.

L'honneur est sauf, la cylindrée diminue, la consommation aussi, le V6 est une architecture suffisamment noble pour les aristocrates de la discipline et l'utilisation du KERS et d'autres technologies du même genre permettront à la F1 de se proclamer écolo.  Mais les plus anciens ne manqueront pas de se souvenir que le V6 turbo n'est pas une nouveauté en F1. Il arriva pour la première fois dans le paddock  de Silverstone à l'occasion du Grand Prix de Grande Bretagne 1977, siglé Renault Gordini et boulonné à l’arrière de la "Yellow Teapot", la Renault RS01. La vie n'est qu'un éternel recommencement.

Pour résumer

C’était plié pourtant. La F1, sensible aux préoccupations environnementales,  allait changer en 2013, abandonnant l'actuel V8 pour un beaucoup plus "vert" 4 cylindres 1,6l turbo. La FIA l'avait annoncé et Jean Todt était intraitable. Renault en était le supporter le plus enthousiaste et on avait même vu Craig Pollock annoncer une nouvelle entreprise largement française, PURE, dont l'objectif était la fourniture de ce nouveau moteur. Seulement voilà : les autres acteurs avaient suivi en traînant des pieds, et le beau projet voté en décembre partait en vrille à mesure que l'on s'approchait du point de non retour.

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