par Nicolas Anderbegani

30 ans déjà : Lamborghini Diablo, le taureau de l'enfer

Plus qu'un nom, la Diablo, c'est d'abord une gueule, un style inimitable, une signature qui préside encore au look des Lamborghini actuelles. Intimidante, mais fascinante !

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Quand la Diablo sort en 1990, votre serviteur n'est même pas encore entré dans sa dixième année. Mais incontestablement, ce bolide a contribué à forger sa passion de l'automobile, celle qui me pousse aujourd'hui à écrire ce modeste article. A cette époque, le Taureau de Sant'Agata Bolognese bat pavillon américain. Chrysler voit grand pour la firme italienne, avec un engagement en F1 et surtout le lancement d'une supercar, qui doit non seulement remplacer la mamie Countach (sortie en 74 !) mais aussi rivaliser avec les ennemies éternelles de Maranello, les Ferrari F40 et Testarossa.

Derrière ce style démoniaque se trouve la main de génie de Marcello Gandini, monsieur Miura, monsieur Countach, monsieur Stratos (et monsieur BX aussi !). Hauteur de toit et ceinture de caisse très basses (s'asseoir dans la Diablo vaut déjà en soi une séance de pilates), ligne de caisse plongeante vers les ailes avant, portes en élytre, capot moteur énorme pour loger le V12, une poupe hors-normes avec quatre sorties d'échappement pointées au ciel, la Diablo arbore une ligne à couper le souffle. Bestiale mais racée, comme le Taureau de combat dont elle porte le nom, la Diablo a pourtant été édulcorée par le centre de style de Chrysler, qui est repassé derrière un Gandini qui s'était réellement lâché ! Pour s'en faire une idée, il suffit de regarder la rarissime Cizeta-Moroder à 16 cylindres (!), également dessinée par Gandini, et qui s'apparente à une Diablo plus profilée et "spatiale".

Sous le capot de la Diablo, une évolution modernisée du V12 Lamborghini à 60° issu de la Countach, alésé à 5,7 L de cylindrée. Il délivre 492 chevaux (une puissance incroyable pour l'époque) et un couple de 580 Nm à 5 500 tr/min. Même sans la transmission intégrale (qui n'arrive que plus tard), la bête affiche tout de même 1 600 kg à vide, soit 500 de plus qu'une F40 ! Elle atteint  néanmoins 325 Km/h, ce qui lui permet à l'époque de prétendre au titre de voiture de série la plus rapide du monde.

Surtout, la Diablo est rustique. Là où la F40 et bientôt les Jaguar XJ220, Bugatti EB110 ou plus tard F50 ont recours massivement aux matériaux composites, elle conserve un châssis tubulaire en aluminium. Sa finition basique, ses freins sous-dimensionnés, son absence totale d'aides (même pas l'ABS), sa direction de char d'assaut en font une voiture brutale et difficile à conduire, qui sera rapidement datée d'un point de vue technique, sans oublier une fiabilité aléatoire sur les premières séries. L'habitacle est occupé en son centre par un énorme tunnel de transmission et le tableau de bord, positionné assez haut, pouvait poser des soucis de visibilté.

La Diablo VT de 1993 viendra corriger ces soucis de jeunesse, avec une transmission intégrale, des freins Brembo renforcés et une suspension pilotée Koni ainsi que des améliorations fonctionnelles et de confort. Les meilleures améliorations, mécaniques essentiellement, viendront avec la SV de 1995 (525 chevaux) et la GT (575 chevaux) en fin de carrière, avant que Lamborghini ne passe sous le giron d'Audi.

N'empêche, autant pour son âme, son charme sans concessions que pour ses défauts et son attitude caractérielle, la Lamborghini Diablo est devenue une icône des supercars. Peu importe la sophistication et l'efficience, c'était une bête de muscles qui donnait avant tout des sensations fortes. Un gros jouet d'une époque révolue à ne pas mettre en n'importe quelles mains ! Son capital sympathie ne faiblit pas, elle est aujourd'hui massivement utilisée dans l'iconographie de la Retrowave/Synthwave, ce mouvement musical et esthétique qui puise son imaginaire dans la culture pop des années 80 et du début des années 90.

Images : wikimedia commons, flickr

Pour résumer

Plus qu'un nom, la Diablo, c'est d'abord une gueule, un style inimitable, une signature qui préside encore au look des Lamborghini actuelles. Intimidante, mais fascinante !

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