par Joest Jonathan Ouaknine

Brève rencontre: Sinclair C5

La Sinclair C5 se situe entre le vélo et la voiturette sans permis. Ce fut surtout l'un des premiers véhicules électriques produits en série de l'ère moderne. Et un énorme bide. Est-ce que Sir Clive Sinclair a eu raison trop tôt? Ou bien est-ce qu'il s'est fourvoyé dans un concept qui n'avait que des défauts?

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La Sinclair C5 se situe entre le vélo et la voiturette sans permis. Ce fut surtout l'un des premiers véhicules électriques produits en série de l'ère moderne. Et un énorme bide. Est-ce que Sir Clive Sinclair a eu raison trop tôt? Ou bien est-ce qu'il s'est fourvoyé dans un concept qui n'avait que des défauts?

Entrepreneur et inventeur autodidacte, l'Anglais Sir Clive Sinclair a démarré au début des années 60 en vendant des radios miniatures par correspondance. Il a créé ensuite les premières calculatrices de poche. Puis il s'est lancé dans l'informatique destinée au grand public (une révolution à la fin des années 70), avec des PC avant la lettre (souvenez-vous, les Spectrum, ZX80 et ZX82...)

Les ordinateurs l'ont rendu riche. Mais il a déjà un nouveau concept: la voiture électrique. En 1983, le parlement Anglais passe une loi qui autorise les plus de 14 ans à conduire une voiturette ne dépassant pas 25km/h, sans avoir besoin d'un permis ou d'un casque. Sinclair saute sur l'occasion. Sa C5 fut dessinée par Lotus. Le moteur 250W (0,33ch) est fabriqué par Polymotor (une filiale de Philips) en Italie. Il provient d'une machine à laver! Sinclair voulait l'ex-usine de De Lorean (son équipe est composée d'anciens de De Lorean), mais il fera produire sa C5 par Hoover, au pays de Galles.

Faute de mieux, la C5 utilise des batteries au plomb. Elles sont lourdes (5kg), alors qu'en cote, le conducteur est censé pédaler (comme en Solex.) De plus, elles n'offrent qu'une autonomie de 30km et elles refusent tout service l'hiver. Or, Sinclair a eu la "bonne" idée d'organiser une présentation presse une rude journée de janvier 1985...

Trop basse pour apparaitre dans les rétroviseurs, la C5 était très vulnérable dans la circulation urbaine (certains pays refusèrent de l'homologuer en l'état.) La carrosserie n'offrait aucune protection aux intempéries (or, dans "Grande-Bretagne", il y a "Bretagne"...) et vous avez le nez à la hauteur des échappements des voitures.

Enfin, les Britanniques la boudèrent car ils trouvaient que rouler dans une voiture à moteur de machine à laver produite dans une usine d'aspirateurs, ce n'était pas cool! Dés octobre 1985, la production s'arrête, après 16 000 unités. Ruiné, Sir Clive Sinclair revend ses ordinateurs à Amstrad et ne garde que son labo (il prépare un vélo pliable révolutionnaire pour 1998 2002 2008.) Hoover et le conseil général du pays de Galles furent également lourdement touchés. Ironie du sort, avec l'apparition du péage urbain, à Londres, les Londoniens se sont rués sur les C5 et aujourd'hui, les prix flambent!

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La Sinclair C5 se situe entre le vélo et la voiturette sans permis. Ce fut surtout l'un des premiers véhicules électriques produits en série de l'ère moderne. Et un énorme bide. Est-ce que Sir Clive Sinclair a eu raison trop tôt? Ou bien est-ce qu'il s'est fourvoyé dans un concept qui n'avait que des défauts?

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