par Elisabeth Studer

PSA confronté aux surcapacités des centres d'ingénierie Opel

Nouvelle conséquence de la reprise d'Opel par PSA. Selon le journal Le Monde, le groupe sochalien envisage de céder une partie du centre de recherche & développement (R&D) d'Opel en Allemagne. De quoi sérieusement inquiéter les nombreux salariés qui y travaillent.

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Le journal, citant un document de travail des services internes du constructeur datant de la mi-mai, indique que ces derniers mois, PSA et la direction d'Opel ont pris contact avec plusieurs sociétés d'ingénierie automobile afin qu'elles leur soumettent des propositions de rachat portant sur quatre secteurs clés de la R&D  du groupe allemand.

PSA propose ainsi au repreneur éventuel les secteurs d'ingénierie, de propulsion, outils, et le centre de test. La cession pourrait intervenir dès la fin de l'année. La valeur des actifs proposés à la vente avoisinerait 500 millions d'euros.

L'emploi sur la sellette

A l'heure actuelle, ces secteurs emploient 3.980 salariés, ingénieurs et techniciens, et disposent d'importantes infrastructures réparties sur les sites de Rüsselsheim en Hesse, siège historique du groupe Opel, et Dudenhofen, en Rhénanie-Palatinat.

Une source proche des instances dirigeantes de PSA a toutefois affirmé au journal que le projet ne concernerait qu'un quart des effectifs.

Nous "n'accepterons pas sans résistance un tel assaut sur le coeur de la marque Opel", ont pour leur part déclaré dès mercredi le syndicat IG Metall et le comité d'établissement, avant une assemblée du personnel.

Toujours selon Le Monde, Opel aurait affirmé qu'il s'engageait pendant deux ans à fournir « une compensation » au repreneur à condition qu'il conserve tous les employés.

En novembre dernier, la direction d'Opel avait pourtant assuré que le centre de recherche et développement de Rüsselsheim, qui emploie 7.700 ingénieurs, allait devenir "un centre de compétence global" pour le groupe PSA, notamment sur la pile à combustible et certaines technologies liées à la conduite autonome.

Pour rappel, lors de la prise de contrôle d'Opel par PSA, le 1er août 2017, le groupe sochalien a promis de respecter les accords existants au sein d'Opel/Vauxhall. Lesquels incluent un engagement à ne procéder à aucun licenciement économique dans les usines allemandes d'ici fin 2018 ainsi qu'à investir dans ces sites, au minimum jusqu'en 2020. Sans toutefois s'engager au-delà.

Altran bien positionné

Toujours selon Le Monde, les entreprises approchées sont quatre prestataires en ingénierie automobile. Figurent parmi elles trois sociétés françaises -  Altran, Akka et Segula - et l'allemand Bertrandt. Le journal ajoute que Altran semble particulièrement avancé dans les négociations. Une porte-parole du prestataire n'a pas souhaité commenter l'information.

Réflexion autour des surcapacités des centres d'ingénierie d'Opel

Joint par l'agence Agefi-Dow Jones, un porte-parole de PSA a déclaré quant à lui qu'une réflexion était menée actuellement en vue de traiter le problème des surcapacités des centres d'ingénierie d'Opel liées à l'arrêt du développement des modèles de General Motors.

"Suite à la forte baisse de la charge de GM sur le site de Rüsselsheim et dans le cadre de la cogestion, une solution doit être trouvée avec les partenaires sociaux sur cette question conformément à l'accord cadre signé en décembre 2017", a-t-il été précisé.

Au delà de mesures de réorganisation interne, le plan de redressement d'Opel pourrait également inclure des partenariats stratégiques. Reste que selon le porte-parole, "aucune décision n'a été prise".

Dans un premier temps, PSA avait indiqué à l’AFP ne pas souhaiter faire de commentaire "sur les spéculations".

Sources : Le Monde, Agefi-Dow Jones, AFP

Photo : Opel

Pour résumer

Nouvelle conséquence de la reprise d'Opel par PSA. Selon le journal Le Monde, le groupe sochalien envisage de céder une partie du centre de recherche & développement (R&D) d'Opel en Allemagne. De quoi sérieusement inquiéter les nombreux salariés qui y travaillent.

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