par Pierrick Rakotoniaina

Essai Peugeot RCZ THP 200: Un lion décomplexé

L’inédit Peugeot RCZ incarne presqu’à lui tout seul ce que l’on attendait de l’industrie automobile française depuis longtemps. La formule choisie semble exagérée. Néanmoins depuis l’illustre 406 coupé dessiné sous la griffe de Pininfarina comme l’aïeul 504, on se demandait quand nous allions avoir droit de nouveau à un modèle du genre convaincant. Le constructeur de Sochaux a donc choisi le segment inférieur, pour relancer un coupé élégant et dynamique. En reprenant les excellents dessous de la plateforme multicartes de la 308, ainsi que des moteurs qui lui siéent assez bien, Peugeot propose a priori un cocktail plein d’avenir.  Nous nous sommes rendus dans la région viticole de la Rioja, au nord de l’Espagne, pour prendre (enfin !) le volant de ce modèle tant attendu.

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Au début de l’année, lors de la grande soirée du Festival International de l’Automobile, Peugeot RCZ recevait le prix de la plus belle voiture de l’année. Pour rappel, le public demeure seul juge pour l’attribution de ce trophée, et le coupé au Lion fut lauréat grâce à 33 % des voix (65 353 votants), devant le BMW Z4, la Citroën DS3 et le Nissan 370Z qui formaient avec elle le dernier carré du concours. On n’oublie pas non plus le bel accueil auquel le concept 308 RCZ a eu droit en 2007, alors qu’il donnait des indications sur les traits de la remplaçante de la 307. Oui, le nouveau coupé de Peugeot plait, sans aucun doute à beaucoup de monde.

Identique au concept car de 2007

Si l’on regarde de plus près ce qui fait la force visuelle du Peugeot RCZ, on réalise qu’il s’agit d’un exercice de style fait de détails de design fort, qui finalement ne le rendent pas aussi fluide qu’il parait. La calandre, que les observateurs ont tant décriée sur les autres modèles, apparait bien plus légitime sur ce coupé que sur une berline 308. La face avant marque le côté bourgeois de la voiture, véhiculé également  ici par un parchoc au revêtement laqué et des barrettes chromées. Les ailes bombées apportent une musculature qui semble asseoir la sportivité de la voiture, renforcée par les roues de grand diamètre. Enfin deux éléments stylistiques ajoutent au caractère de ce RCZ, à savoir les arches en aluminium qui marquent le toit, ainsi que la lunette arrière bombée en référence à la 908 des 24 heures du Mans.

L’habitacle, comme la plupart des éléments de la voiture, ressemble en tout point quasiment à celui du concept car dont le RCZ descend. Mention spéciale notamment à la sellerie, dont le cuir respire le haut de gamme. Bien que reprenant le style et les éléments des 308 classiques, quelques touches ici et là de chrome, ainsi que le revêtement qui recouvre la planche de bord, donnent du cachet à ce bel intérieur. Néanmoins, vu le standing et la concurrence visée, on peut regretter la qualité de certains panneaux de plastique. Il faut tout de même souligner la belle présentation, et l’assemblage de qualité.  A l’avant, l’espace dédié au passager, permettra à tous de bien étendre ses jambes, pour profiter du confort que distille ce RCZ. En revanche, concernant l’arrière, dans ce coupé 2+2 ne font pas 4. Aucun problème pour partir en vacances en couple, le coffre offre la possibilité d’emmener beaucoup de bagages sans problème, vu sa capacité (321 à 639 dm3), voire un vélo banquette rabattue.

Places arrière symboliques, grand coffre

La recherche de la position de conduite se veut simple, deux boutons pour gérer l’avance de l’assise et le dossier. Comme dans beaucoup de véhicules du genre, on descend d’un étage en entrant dans le RCZ haut de 1,36 m. Une fois bien installé, il ne reste plus alors qu’à démarrer le THP 200 ch, celui qui équipait notre version d’essai. Un 4 cylindres, sans artifices ou tour de passe passe, il demeure bien difficile de le faire chanter. Mais c’est le prix à payer, notamment pour obtenir un train avant à la charge contenue. D’où l’idée de Peugeot d’avoir intégré ce qu’ils appellent le Sound System, qui assure une acoustique supposée plus sportive. L’effet recherché est perceptible, toutefois, il n’impressionnera personne.

Si l’accélération depuis l’arrêt apparait juste correcte aux yeux des plus exigeants avec un 0 à 100 km/h abattu en 7.5 secondes, en revanche les reprises sur tous les rapports se montrent canons. Associé à une boite manuelle à six rapports bien étagée, ce THP offre un agrément de premier ordre, dans la plupart des situations. Son fort couple assure de bonnes sensations d’accélération dès les bas régimes, sans pour autant donner l’impression de s’essouffler quand l’aiguille s’envole jusqu’au-delà des 6 500 tours. Et pourtant, 200 ch… Cette puissance dans la course à l’armement que se livrent les constructeurs sur ce segment semble presque « légère ». Toutefois, chacun de ces canassons sont bel et bien en éveil et en grande forme, prêts à bondir dès que le conducteur leur botte le train. Malgré des performances en retrait par rapport à l'Audi TT, la rivale que Peugeot vise sans s'en cacher, on ne ressent guère l'écart depuis l'intérieur. Finalement, le plaisir ne se mesure peut-être pas que sur les valeurs de la fiche technique.

Un compromis confort/dynamisme de référence

Avec un moteur pas mauvais du tout, on ne pouvait réclamer de la part de Peugeot qu’un châssis à l’avenant. Ainsi la plateforme 2 du groupe, qui sert de base à la berline 308 entre autres, a été ici arrangée et sublimée. Il en découle un comportement que l’on peut d’ores et déjà considérer comme ni plus ni moins la nouvelle référence de ce segment, sur laquelle il faudra désormais s'étalonner. Les voies ont été largement élargies de 44 mm à l’avant et 63 mm à l’arrière, et la caisse rabaissée de 23 mm, avec pour conséquence notamment un centre de gravité qui perd 4 cm par rapport à la 308. Tous les trains roulants ont été optimisés, ce qui confère à cet RCZ un caractère que l’on retrouve habituellement sur des gammes bien plus spécialisées. Aucun roulis, un tangage parfaitement maitrisé, une inscription en courbe millimétrée… le RCZ tourne autour de lui-même et de la corde des virages sans sourciller, grâce également à une direction d’une précision rare, qui fait passer n’importe qui pour un adepte des spéciales de rallye. J’exagère à peine…

Les routes de la région viticole de la Rioja au nord de l’Espagne, furent un terrain de jeu idéal pour profiter des qualités qu’offrent l’inédit RCZ. Pour ne rien gâcher le freinage se montre progressif à souhait, et suffisamment calibré, sans que l’endurance malgré notre rythme effréné, ne soit prise en défaut.  Pour titiller les limites de cet élégant coupé, il faudra se cracher dans les mains pour essayer de faire clignoter au tableau de bord le voyant de l’ESP, qui s’anime lorsqu’il entre en action. Même en le débranchant, difficile de faire décrocher son magnifique popotin. La belle préfère en effet laisser observer sa jolie croupe sans ressentir le besoin de l'agiter pour se faire remarquer. Finalement, malgré ses airs de bourgeois, le RCZ offre un agrément qui rappelle des sensations de voitures au badge supposé plus légitime en termes de sportivité. Enfin, le compromis confort/dynamisme, prend dans cette Peugeot, des accents de GT.

On peut reprocher au constructeur au Lion, de la jouer entre guillemets petits bras en ne poussant pas l’idée jusqu’au bout avec une déclinaison survitaminée qui pourrait inquiéter les TT-S et TT-RS. Toutefois, les versions les plus vendues que sont les TT 160 ch, 200 ch et TDi 170 ch ont trouvé à qui parler. Cependant, la raison ne déterminant que dans de très rares cas le choix des clients visés dans ce segment de niche, il ne reste plus qu’au RCZ à se forger une belle image pour s’assurer un succès qu’il mérite. Et cela devrait notamment passer, on y reviendra, par un engagement aux 24 heures du Nürburgring 2010, avec une RCZ 2.0 HDI de 200ch préparée pour cette course.

Enfin, puisqu’il faut bien parler du prix, l’entrée de gamme avec le THP 156 ch démarre à 27 400€, alors que notre THP 200 ch hors options s’affichera à sa commercialisation à l’été, juste en dessous des 30 000 €, soit encore moins cher que l'entrée de gamme TT 160 ch affiché à 31 820 €. A équipements équivalents, l'écart peut varier entre 5 voire presque 10 000 € à l'avantage de la Peugeot. Le HDi 163 ch, qui d’après les estimations de Peugeot devrait représenter environ 65% des ventes (nous verrons...), réclame un chèque de 29 900€.

Quelques chiffres de notre modèle d'essai:

Moteur: 1.6 THP 200 ch / 5 500 à 6 800 tr/min

Couple maxi: 275 Nm / 1 700 à 4 500 tr/min

Transmission: Aux roues avant

Boite de vitesses: Mecanique à 6 rapports

0 à 100 km/h: 7,5 secondes

Conso. mixte litres/100 km - Rejets de CO2 g/km: 6,9- 159 (malus 200 €)

Réservoir: 55 litres

Poids: 1 297 kg

Prix: Non connu, commercialisation été 2010

http://www.dailymotion.com/swf/video/xcq50y

Essai Peugeot RCZ - Test THP 200 - modèle 2010

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L’inédit Peugeot RCZ incarne presqu’à lui tout seul ce que l’on attendait de l’industrie automobile française depuis longtemps. La formule choisie semble exagérée. Néanmoins depuis l’illustre 406 coupé dessiné sous la griffe de Pininfarina comme l’aïeul 504, on se demandait quand nous allions avoir droit de nouveau à un modèle du genre convaincant. Le constructeur de Sochaux a donc choisi le segment inférieur, pour relancer un coupé élégant et dynamique. En reprenant les excellents dessous de la plateforme multicartes de la 308, ainsi que des moteurs qui lui siéent assez bien, Peugeot propose a priori un cocktail plein d’avenir.  Nous nous sommes rendus dans la région viticole de la Rioja, au nord de l’Espagne, pour prendre (enfin !) le volant de ce modèle tant attendu.

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