par Thibaut Emme

Carlos Ghosn flingue les dirigeants de Nissan

Dans une interview exclusive de Nikkei (sa première depuis son arrestation le 19 novembre 2018), Carlos Ghosn n'hésite pas à parler de complot et de trahison.

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Dans une interview exclusive de Nikkei (sa première depuis son arrestation le 19 novembre 2018), Carlos Ghosn n'hésite pas à parler de complot et de trahison.

Dans cette entrevue de 20 minutes que le journal économique nippon a pu obtenir, Carlos Ghosn confirme qu'il avait bien l'intention de resserrer encore plus étroitement les liens entre Renault, Nissan et Mitsubishi, au point de les rendre "irréversibles". Il ajoute même qu'il voulait discuter à 3 dirigeants, Saikawa pour Nissan, Masuko pour Mitsubishi et lui-même pour Renault. Toujours dans le respect de l'esprit de l'Alliance qui place les constructeurs à égalité malgré leurs tailles différentes et/ou leurs liens capitalistiques.

Visiblement, c'est Saikawa qui a préféré une discussion en tête-à-tête avec Ghosn, sans Masuko. Ghosn confirme ce que beaucoup supposait, à savoir que les dirigeants de Nissan craignaient ce rapprochement/fusion, accusant Ghosn de vouloir concentrer encore plus les pouvoirs. Et là ça défouraille ! L'ancien numéro un de l'Alliance les accuse d'avoir collaboré à cause de ces craintes avec les procureurs japonais.

Je ne suis pas un juriste

Concernant les différentes accusations dont il fait l'objet, Carlos Ghosn nie avoir fait cela en douce. Et là encore, il charge les dirigeants de Nissan qui ont tout signé (et donc approuvé) ! Même concernant les versements de millions de dollars à Khaled al-Juffali, homme d'affaire saoudien, Ghosn explique que 4 personnes ont signé ces paiements.

Le versement de 7,8 millions d'euros de la part de Nissan-Mitsubishi B.V., les résidences à Rio, Beyrouth, tout fut approuvé par le département juridique de Nissan selon Carlos Ghosn. "Hari Nada a fait tout cela" précise-t-il même. Nada (pseudonyme de Hemant Kunar Nadanasabapathy), 54 ans, est considéré comme le "tombeur de Carlos Ghosn". C'est le "lanceur d'alerte" qui tout balancé d'abord aux auditeurs internes, puis aux procureurs de Tokyo.

Bref, Ghosn charge la barque Saikawa, Nada et consort. "Est-ce que j'ai fait quelque chose d'inapproprié ? Je ne suis pas un juriste, je ne connais pas l'interprétation de ces faits. [Ces faits] sont connus de tous, pourquoi ne me l'ont-ils pas dit ?".

Reste à voir si la stratégie de la défausse et du "je ne pouvais pas savoir" fonctionnera. Pour le moment, Carlos Ghosn reste détenu à la prison de Tokyo. Retrouvez toute l'interview (en anglais) de l'ancien dirigeant de Renault-Nissan-Mitsubishi sur Nikkei.

Pour résumer

Dans une interview exclusive de Nikkei (sa première depuis son arrestation le 19 novembre 2018), Carlos Ghosn n'hésite pas à parler de complot et de trahison.

Thibaut Emme
Rédacteur
Thibaut Emme

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